Honorable Alpha Ibrahima Sila Bah, président du PGRP et 4ème vice-président de l’Assemblée nationale

Face au non-respect de la décision présidentielle interdisant les sorties de Conakry vers l’intérieur du pays, le gouvernement guinéen a décidé de durcir la mesure. Désormais, même les motards et les piétons sont interdits de franchir les barrages installés à Coyah et Dubréka en vue d’empêcher les citoyens de quitter la capitale pour se rendre dans les villes de l’intérieur.

Interrogé par Guineematin.com, l’honorable Alpha Ibrahima Sila Bah, président du Parti Guinéen pour la Renaissance et le Progrès (PGRP) et 4ème vice-président de l’Assemblée nationale, a salué ces nouvelles mesures. Mais, il estime que le gouvernement devrait mieux faire en impliquant plus activement les élus locaux et les jeunes qui sont dans les quartiers dans le combat contre la propagation du coronavirus dans le pays.

« Le bon sens aurait voulu qu’on puisse effectivement confiner Conakry, cela pour éviter qu’on ne propage la maladie à l’intérieur du pays. Mais, c’est très compliqué parce que confiner une ville comme Conakry, ce n’est pas très évident. Ça nécessite énormément d’efforts surtout la bonne volonté de tout le monde. Il faut que tout le monde s’y mette pour qu’on sache que cette affaire-là, ce n’est pas une affaire du gouvernement mais qu’il s’agit de la survie de tout le monde. Donc il faut que chacun cède une partie de ses prérogatives, que chacun accepte les mesures de confinement et de distanciation préconisées. Maintenant comment confiner Conakry ? J’avoue que c’est un casse-tête.

Je pense qu’on aurait dû faire la géographie des cas de contamination que nous avons actuellement, faire la cartographie et voir comment confiner certains quartiers. Mais pour y arriver, il faudrait qu’on fasse une communication intense au niveau des populations, que les populations sachent qu’elles sont réellement menacées. Au temps de la révolution, les quartiers étaient entièrement contrôlés par les chefs de quartiers, ils savaient effectivement qui venait et qui partait dans chaque coin. C’est des mesures qui vont contre des libertés individuelles mais en temps de menace collective comme c’est le cas maintenant, on est obligé de faire revenir ces anciennes pratiques.

Si vous voyez que la Chine arrive à contrôler la propagation de cette pandémie, c’est qu’eux, ils ont des mesures coercitives au sein de leur société qui sont acceptées. Nous maintenant, les gens n’ont aucun respect pour qui que ce soit : ni pour la loi, ni pour l’autorité. Donc, il faut que cette mentalité change, il faut qu’on s’en débarrasse. Parce que nous avons vraiment un problème qu’on doit essayer de résoudre. Donc à mon sens, il faut sensibiliser les chefs de quartiers. Encore vous voyez le sens d’avoir des structures solides. Si l’Etat n’a pas de structures solides, s’il ne repose pas sur des structures solides acceptées de tous, quand vous faites face à un ennemi comme celui-là, vous ne pourrez pas réagir.

Parce qu’il faut que tout le monde accepte cela, qu’on accepte la réalité. Donc, moi je pense qu’il faut solliciter les chefs de quartiers, rentrer dans les quartiers pour sensibiliser. Il y a énormément de jeunes qui sont désœuvrés dans les quartiers, qui n’ont rien à faire, avec les ressources qui viennent pour appuyer la Guinée, qu’on essaie de mobiliser tous ces jeunes pour essayer de porter le message au niveau de la base. Sinon autrement, je ne sais pas comment on peut en sortir », a dit le parlementaire.

Propos recueillis par Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

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