Le syndicat national des enseignants du privé de Guinée a effectué des tournées hier et aujourd’hui, mardi 30 juin 2020, dans de nombreuses écoles privées de Conakry. L’objectif était de savoir si la grève déclenchée par le SYNEPGUI est observée par les enseignants. Et à l’issue de ces visites, Niouma Sory Léno, secrétaire général adjoint de l’organisation syndicale, estime que le constat sur le terrain est très satisfaisant. Il l’a dit au cours d’un entretien qu’il a accordé à Guineematin.com, ce mardi.

« Le constat que nous avons fait sur le terrain est très satisfaisant. Nous avons déployé des équipes pour vérifier dans les écoles privées. Et partout où les fondateurs sont restés durs sur leur position, partout où les fondateurs ont refusé de payer les enseignants, il n’y a pas eu cours dans ces écoles. Même au moment où je vous parle, nous sommes en train de faire une tournée. Aujourd’hui, nous sommes dans la zone de Lambanyi, et dans toutes les écoles que nous avons visitées, il n’y a pas eu cours. Même à l’école du président de l’association des fondateurs des écoles privées, il n’y a pas eu cours parce que les enseignants ne sont pas payés », a confié l’enseignant.

Niouma Sory Léno

Le SYNEPGUI se dit disposé à participer à toute négociation pouvant permettre la satisfaction de sa revendication. Mais tant que les salaires des enseignants au compte des trois mois pendant lesquels les écoles sont restées fermées ne seront pas payés, Niouma Sory Léno assure que la grève en cours va se poursuivre. « Nous avons été très simples, nous demandons juste aux fondateurs de se comprendre avec leurs enseignants. Vu que le secteur privé de l’éducation est pour le moment désordonné, nous n’avons pas un interlocuteur direct parce que les fondateurs eux-mêmes pour la plupart ne sont pas membres de cette association des fondateurs, nous avons demandé à ce que le problème soit réglé dans les différentes écoles.

Maintenant si on nous appelle pour une négociation auprès de l’Etat pour qu’on puisse trouver ensemble une convention collective qui pourra décider de la gestion des écoles privées désormais dans notre pays, c’est notre souhait. Mais si rien n’est fait, nous allons continuer à bouder les salles de classe. Et ce sont les fondateurs et leurs élèves qui vont perdre. En tant qu’enseignants, nous n’avons plus rien à perdre parce que nous avons déjà suffisamment souffert dans cette affaire », a laissé entendre le secrétaire général adjoint du syndicat national des enseignants du privé de Guinée.

Par ailleurs, ce syndicaliste demande au nouveau ministre de l’éducation nationale et de l’alphabétisation (qui semble prendre position en faveur des fondateurs des écoles privées), à ne pas tirer de conclusion hâtive sur cette crise dans l’enseignement privé. « Je lance un appel à l’endroit du ministre en charge de l’éducation, Pr Bano Barry, qui vient d’être à la tête de ce département, pour lui dire de ne tirer des conclusions après avoir écouté uniquement les fondateurs. Il doit aussi écouter le syndicat national des enseignants du privé de Guinée (SYNEPGUI).

Nous avons déclenché cette grève, ce n’est pas parce que nous voulons paralyser notre secteur, ce n’est pas parce que nous voulons paralyser le système éducatif. Mais nous l’avons fait pour honorer les enseignants, pour faire sortir les enseignants du privé de l’esclavage. Donc, il faudrait qu’il nous écoute aussi avant de tirer toute conclusion. Nous demandons aussi aux enseignants de tenir bon, de résister, parce que seule la lutte libère », a lancé monsieur Léno.

Fatoumata Diouldé Diallo pour Guineematin.com

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