À quelques jours de la célébration de la fête de Tabaski, les marchés à bétail de Conakry ne connaissent pas une grande affluence. Au regard de la conjoncture, marquée par la crise sanitaire, la clientèle ne se bouscule pas sur ces lieux habituellement bondés en période normale. Des vendeurs de bétail du marché de Momo Liberté, dans la commune de Dixinn, se disent inquiets face à cette situation d’autant plus qu’ils n’arrivent plus à écouler leurs marchandises. Tel est le constat fait ce lundi, 27 juillet 2020, par un reporter que Guineematin.com a dépêché sur les lieux.

Se procurer d’un bélier à la veille de cette la Tabaski, prévue pour le vendredi 31 juillet prochain, est devenu un véritable parcours du combattant pour de nombreux fidèles musulmans. Les vendeurs de bête, qui y ont mis leurs moyens et leur énergie, ne savent plus à quel sauveur se vouer devant une clientèle fauchée et désemparée.

Mamadou Dalaba Diallo, vendeur de moutons

Mamadou Dalaba Diallo, un des responsables du parc à bétails de Momo Liberté, a expliqué les difficultés rencontrées à cette période. « Il y a beaucoup de clients qui viennent pour demander le prix de nos animaux. Mais vu la situation actuelle, dès qu’on leur dit le prix, ils fuient en promettant de nous revenir. Après, on ne les revoit plus. D’habitude à pareil moment, c’est-à-dire à une semaine de la fête, les gens viennent en grand nombre pour acheter. Mais cette fois-ci, il y a beaucoup de problèmes. Tout cela est lié à la cherté du prix de ces animaux. Par exemple, le prix des moutons de chez nous varie entre 700 mille à 1 million 900 mille GNF du plus petit au plus grand. Je suis rentré de Bamako hier dimanche. D’habitude, on fait trois à quatre jours entre la Guinée et le Mali. Mais maintenant, on fait 6 jours sur la route tellement qu’elle est impraticable actuellement », a-t-il dit.

Interrogé sur le prix des béliers importés de Bamako, Mamadou Dalaba Diallo a fait savoir qu’ils coûtent chers. « Les moutons maliens se discutent entre 1 million 800 et 3 millions GNF. La devise aussi a grimpé. Parfois, certains moutons de chez nous en Guinée sont plus chers que ceux du Mali. Tu peux aussi voir un mouton du Mali qui a à peu près le même prix que ceux de chez nous. Or, le mouton malien est plus gros que ceux que nous nous élevons ici. S’il n’y a pas de moutons maliens ce ne serait pas facile d’acheter ceux que nous élevons chez nous. En Guinée, le secteur de l’élevage n’est pas structuré », a indiqué notre interlocuteur.

Apparemment, les chèvres coûtent moins chères que les moutons. C’est ce qu’a fait savoir Mamadou Dalaba Diallo. « Les chèvres se négocient entre 700 mille et 1 million 200 mille GNF. Nos animaux sont chers et maigres parce qu’on n’a pas de bonnes races qui puissent grandir comme celles du Mali. D’ailleurs au Mali, ce secteur est bien développé. Ceux qui font ça ne s’occupent que de ça… ».

Face aux nombreuses difficultés, ce responsable du parc à bétail de Momo Liberté interpelle les autorités. « Nous lançons un appel à l’État pour qu’il nous assiste, surtout en construisant un marché spécialement dédié à la vente du bétail, nous aider à avoir des sources d’approvisionnement en eau potable. Parce que notre marchandise ne se trouve pas dans un sac ou un carton. Ils ont besoin de se nourrir comme nous. Pourtant nous nous acquittons de nos taxes. Mais l’État lui ne nous assiste pas. Le transport est devenu cher actuellement. Les camionnettes qu’on négociait avant à 3 millions sont aujourd’hui à 5 millions GNF », a révélé notre interlocuteur.

Malick Diakité pour Guineematin.com

Tel : 626-66-29-27

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