Ce jeudi était la nouvelle date prévue pour une nouvelle manifestation du FNDC. Et ce pour protester contre la candidature du sortant à l’élection présidentielle prévue en octobre prochain. Mais, le mouvement politico-social a décidé, au dernier moment, de reporter sa manifestation pour, dit-il, permettre le bon déroulement des examens.

Cette décision semble être une pilule difficile à avaler pour certains. Lesquels veulent en découdre avec le pouvoir.
Justement, et au même moment, ce pouvoir, lui, poursuit sa convention au palais du peuple. Une occasion pour des thuriféraires de tout acabit de réitérer leur soutien inconditionnel au leader du RPG. Lequel est, selon eux, le seul capable de conduire le navire Guinée en ce moment. Ce qui constitue une insulte aux cadres de ce parti en aux Guinéens en général.

Pour revenir au FNDC, ce mouvement est, de temps en temps, secoué par des contestations internes. Comme ce fut le cas lors du report de la manifestation prévue ce jeudi. Certains accusent ce mouvement d’être complaisant. Estimant qu’il ne fait pas trop pour débarrasser la Guinée de l’actuel régime. Ses responsables, eux, prônent une lutte pacifique.

Outre ces contradictions internes, il y a les farouches opposants du mouvement. Et, curieusement, ces derniers ne sont pas les vrais militants du RPG. Ce sont plutôt des anciens opposants et des responsables de la société civile. Des oppositions qui sont souvent liées à une guerre d’égo ou d’intérêt.

Les opposants le matin et partisans le soir pensent que s’opposer au FNDC, c’est avant tout faire mal à Cellou Dalein Diallo, Sidya Touré ou Abdourahmane Sanoh. Comme si le FNDC se résumait à quelques personnes. Certains responsables de la société civile estiment qu’ils ont soutenu le projet de nouvelle constitution parce que cette loi avait prévu entre autres la candidature indépendante à l’élection présidentielle. Comme si eux-mêmes devaient être candidats. Oubliant que les Guinéens connaissent parfaitement l’adage populaire selon lequel « celui qui est vaincu ne manque jamais d’argument pour justifier sa défaite ».

La situation actuelle de la Guinée est la preuve que ce pays fait toujours un pas en avant et deux pas en arrière. En 1958, il donna le ton pour l’indépendance de l’Afrique francophone. Cela ne l’empêchera pas de figurer parmi les derniers pays du continent dans maints domaines. En 1989, le président Conté anticipe avant même la fameuse déclaration de la Baule- dans laquelle le président français François Mitterrand conditionna l’aide de la France à l’instauration du multipartisme- pour autoriser le libre exercice des partis politiques en Guinée.

Plus tard, le discours mitterrandien fera tache d’huile sur le continent. Les conférences nationales souveraines se suivent. Nombre de pays connaissent l’alternance. La Guinée, elle, a décidé de faire machine arrière en instaurant un nouveau concept appelé le Koudaïsme. Et, pourtant, à nouveau, la Guinée donne un bel exemple à l’Afrique en 2007. Comme un seul homme, le peuple manifeste pour exprimer son ras-le-bol contre la mal gouvernance. Certains diront que le printemps arabe s’est inspiré de ce qui s’est passé en Guinée au début de l’année 2007. Ou encore la révolution burkinabè, entre autres.

Malgré tout, le président Conté règnera à vie. C’est au terme de ce règne, suivi d’une transition agitée, que les Guinéens, plus que jamais décidés à tourner la page peu glorieuse du passé, décident à nouveau de mettre en place une nouvelle constitution. Cette fois, elle sera verrouillée de telle sorte que nul ne pourra la modifier à ses fins personnelles. C’était sans compter avec tous ceux qui remplissent actuellement le palais du peuple de Conakry. Pour ces derniers, aucun Guinéen, encore moins un cadre du parti au pouvoir, n’est capable de remplacer le sortant qui ne veut pas sortir.

Cette crise politique consécutive à la volonté du pouvoir d’instaurer une nouvelle présidence à vie aura tout de même permis de démasquer certains visages. Notamment ceux qui soutiennent aujourd’hui tout le contraire de leur opinion d’hier. Car, si les responsables du RPG originel sont restés constants dans leur volonté de modifier la constitution pour permettre à leur leader de régner à vie, en revanche, les militants de la 25ème heure, eux, y étaient opposés jusqu’à une période récente. Ils ont montré à l’opinion publique que leur conviction peut varier comme la météo.

Quand le RPG sera devenu demain comme le PDG et le PUP, ces messieurs auront du mal à convaincre le plus crédule des Guinéens de leur sérieux. Certes, ils se seront rempli les poches ; mais, ils auront en même temps vidé la confiance.

Habib Yembering Diallo pour Guineematin.com

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