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Cela fait dix jours que les habitants de Wanindara vivent dans la terreur. Ce quartier de la commune de Ratoma est la cible des forces de défense et de sécurité, qui procèdent à un ratissage dans la localité. Une situation qui révolte Mamadou Cellou Diallo, conseiller communal à la mairie de Ratoma. Dans un entretien qu’il a accordé à Guineematin.com dans l’après-midi d’hier, mercredi 9 décembre 2020, cet élu local a fustigé ces exactions, appelant les autorités guinéennes à revoir leur façon de faire.

 

Tout est parti du meurtre d’un policier, dans des conditions qui restent encore floues, le 30 novembre 2020, à Wanindara. En lieu et place de celui qui a tiré sur cet agent, qui circulait à moto selon le gouvernement, ce sont les habitants de la zone qui font les frais de cette situation. Car, depuis ce jour, les forces de défense et de sécurité procèdent à un ratissage dans cette localité. Leur descente musclée dans le quartier a coûté la vie à un jeune homme, tué par balle à son domicile, tandis que de nombreux autres citoyens ont été interpellés et placés en détention.

Mamadou Cellou Diallo, conseiller communal de Ratoma

Cette réaction de l’Etat est jugée disproportionnée par Mamadou Cellou Diallo, conseiller communal à la mairie de Ratoma, qui apporte son soutien aux citoyens de Wanindara. « Nous sommes attristés et peinés de voir qu’il y a un Etat capable de prendre en otage ses propres citoyens. Donc, nous déplorons cette situation et nous exprimons notre soutien à nos frères et sœurs de Wanindara, qui sont terrorisés dans leur propre pays. Nous avons déjà appelé des leaders d’opinions qui sont là-bas pour leur exprimer notre solidarité, et nous travaillons pour obtenir la libération des personnes arrêtées.

 

On a interpellé monsieur le maire de la commune de Ratoma, qui a envoyé un courrier au Gouverneur de Conakry. Donc, nous souhaitons que des dispositions soient prises très rapidement dans ce sens, parce ces populations ne méritent pas de vivre dans une telle situation. Aujourd’hui, à 18 heures, tu n’oses pas sortir dans ce quartier. On a eu des témoignages, les gens ont du mal même à envoyer les enfants à l’école parce qu’ils risquent d’être arrêtés à tout moment », déplore cet élu local.

 

Pour lui, si l’Etat voulait faire la lumière sur la mort du policier tué à Wanindara, ce n’est pas de cette façon qu’il devait procéder. « Dans un pays normal, si un tel cas arrive, on cherche d’abord à sécuriser les citoyens. Parce que là où un homme en tenue n’est pas en sécurité, ce n’est pas de simples citoyens qui vont l’être. Donc, le gouvernement devrait d’abord sécuriser les citoyens et ouvrir des enquêtes pour situer les responsabilités et mettre aux arrêts ceux qui ont ouvert le feu.

 

Malheureusement, c’est devenu un business : on arrête les gens, et une fois au commissariat, il faut payer plus d’un million de francs pour obtenir sa libération. Donc, nous appelons les forces de défense et de sécurité à être des professionnels, des républicains, et non pas une force de terreur », a lancé Mamadou Cellou Diallo.

Ismaël Diallo et Saïdou Hady pour Guineematin.com

Tel. +224 624 69 33 33

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