La fermeture des frontières guinéennes constitue une véritable préoccupation et continue de susciter des réactions dans le pays. Plusieurs commerçants rencontrés ce mercredi, 13 janvier 2021, par un reporter de Guineematin.com, ont exprimé leur calvaire, tout en exhortant le gouvernement guinéen à lever cette mesure.

 

Cela fait bientôt quatre mois que les frontières de la Guinée avec le Sénégal, la Guinée Bissau et la Sierra Leone sont fermées. En instaurant cette mesure, les autorités guinéennes avaient invoqué des raisons sécuritaires liées à l’élection présidentielle du 18 octobre 2020 pour la justifier. Mais malgré la fin du processus électoral et l’installation du président Alpha Condé pour un 3ème mandat à la tête de la Guinée, cette décision reste toujours maintenue. Une situation qui impacte gravement de nombreux commerçants guinéens. C’est le cas notamment de Mamadou Alpha Barry, qui importe ses marchandises de la Gambie.

 

« J’ai beaucoup de marchandises qui sont bloquées sur la route depuis près de 4 mois maintenant. J’apprends qu’elles sont en train de se gâter. Il y a des boites de mayonnaise, des boites sardines, du beurre et du lait. Je ne peux pas estimer le montant mais ce sont plusieurs millions qui sont en train de se perdre comme ça. Et nous avons des jeunes là-bas qui surveillent nos conteneurs, qui ont faim, qui sont fatigués et certains même qui sont malades. Donc, on prie le gouvernement d’Alpha Condé d’avoir pitié de nous et de nous aider. Parce que tout le monde souffre actuellement. On prie les autorités, à cause de Dieu et à cause de leurs enfants, de libérer les frontières. Parce qu’on en souffre énormément », a dit ce commerçant basé au grand marché de Madina (Conakry).

 

Et ce dernier est loin d’être le seul qui ressent les impacts négatifs de la fermeture des frontières. Mohamed Barry, un autre commerçant qui importe ses marchandises de la Sierra Leone, vit la même situation. « J’ai des conteneurs de marchandises qui sont bloqués depuis près de trois mois au port de Freetown (Sierra Leone). Je n’arrive pas à les acheminer en Guinée parce que la frontière est fermée. Les conteneurs sont stockés là-bas, et les frais que je paie pour ça sont énormes. J’ai pris de l’argent avec certains de mes clients à Madina pour le remettre au fournisseur afin qu’il puisse acheter ces marchandises. Maintenant je n’ai pas reçu les marchandises et je n’ai pas d’argent pour rembourser les gens. Donc, c’est une situation vraiment compliquée pour moi », a-t-il confié.

Ce commerçant soutient que ses affaires sont aujourd’hui complètement bloquées. Ce qui l’a amené d’ailleurs à mettre ses employés au chômage. « J’avais plusieurs travailleurs ici, mais je les ai libérés parce qu’il n’y a pas de travail actuellement. Je suis là présentement avec un seul petit, alors que d’habitude, on est souvent jusqu’à 10 personnes ici. Je prie vraiment l’État de faire quelque chose pour nous, en rouvrant les frontières terrestres pour que les marchandises des gens rentrent. Certains commerçants ont pris des crédits à la banque pour travailler.

 

Et vous savez qu’avec les banques, si vous prenez leur argent, il faut le rembourser dans le délai fixé. Donc, on prie et on supplie l’État d’ouvrir les frontières pour les populations. Parce que quand un entrepreneur perd, c’est beaucoup de personnes qui en souffrent. Il y a aussi beaucoup de gens à l’intérieur du pays qui n’arrivent pas à satisfaire leurs besoins à cause de cette fermeture des frontières. J’ai des clients à l’intérieur qui m’ont dit que ça fait deux mois qu’ils n’ont plus de lait de lait sucré, de boîtes de sardines et beaucoup d’autres choses », a dit M. Barry.

 

Il faut souligner par ailleurs, que la fermeture prolongée des frontières a entraîné une hausse des prix de plusieurs denrées alimentaires sur le marché guinéen.

Mohamed DORÉ pour Guineematin.com

Tel: +224 622 07 93 59

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