Boubacar Barry, ministre sortant du Commerce

Depuis quelques jours, le prix du pain est parti à la hausse en Guinée. La miche de pain qui était vendue à 3500 francs se négocie maintenant entre 4000 et 5000 francs à Conakry. Les consommateurs se plaignent et les boulangers rejettent toute responsabilité face à cette situation, a constaté un reporter de Guineematin.com qui s’est intéressé à ce sujet.

Le 15 janvier 2021, le ministre du Commerce avait surpris plus en annonçant l’augmentation des prix de la farine et du pain sur l’ensemble du territoire national. Le lendemain, Boubacar Barry, sur instructions du président Alpha Condé, a publié un autre arrêté annulant sa première décision et annonçant que les prix restent inchangés. Mais sur le terrain, cette deuxième décision n’est pas respectée. Car, le prix du pain est effectivement parti à la hausse. Une situation que déplore Aly Badara Soumah, un habitant de Conakry.

Aly Badara Soumah

« J’ai deux enfants à la maison. Chaque matin, il faut payer du pain pour le petit-déjeuner. Mais aujourd’hui, cela devient compliqué parce que le prix est trop élevé. Le pain qu’on achetait à 3500 francs est vendu aujourd’hui à 4000 ou 5000 francs guinéens. Comment on peut vivre avec ça ? Le président de la République doit savoir qu’il est là pour sauvegarder le bien du peuple. Si les Guinéens ont voté pour lui, c’est pour qu’il nous facilite les choses. Les boulangers aussi doivent être patriotes et avoir pitié de la population. S’ils augmentent le prix du pain, ça sera un calvaire pour nous », a-t-il déclaré.

Madame Oumou Barry

 

Madame Oumou Barry, vendeuse de pain, reconnaît que ses clients se plaignent de cette situation. Mais elle assure que cela ne dépend pas des vendeurs. « L’augmentation du prix du pain nous fatigue beaucoup. Les clients viennent en se plaignant, mais cela ne dépend pas de nous. Au four, nous prenons une miche de pain à 4000 francs et le petit pain (en boule) à 2000 francs. Donc, on est obligés aussi d’augmenter pour pouvoir gagner un peu. Nous, on avait appris que le prix du pain ne devait pas augmenter, mais ce n’est pas le cas aujourd’hui. Donc, le gouvernement doit nous venir en aide et avoir pitié de la population », a lancé cette dame.

Elhadj Alpha Oumar Sacko, président des boulangers

De leur côté, les boulangers rejettent toute responsabilité face à cette hausse du prix du pain. Selon Elhadj Alpha Oumar Sacko, le président de l’union nationale des boulangers de Guinée, cette situation est due à la montée du prix du sac de farine. « L’augmentation du prix du pain ne vient pas de nous, ce sont les industriels qui ont augmenté le prix du sac de farine, ils disent aussi que le blé (qui rentre dans la production de la farine) est cher actuellement. Ils ont été chez le ministre du Commerce pour lui expliquer la situation. Ensuite, ils nous ont fait appel pour nous informer, ils ont fixé un prix qu’on n’a pas accepté.

Au cours des discussions, il a été décidé finalement que les industriels augmentent 40 000 francs sur le prix du sac de farine et que nous aussi, on augmente 250 francs sur le prix du petit pain et 500 francs sur celui du grand. Après, le président de la République a dit de ne pas augmenter le prix du pain, mais moi je lui ai dit de se concerter avec les industriels pour comprendre leurs difficultés. S’il y a entente, on va vendre au prix qu’il voudra. C’est vrai que la population doit se plaindre, mais elle doit comprendre que nous cherchons aussi à avoir le prix du sac de farine. Actuellement, il y a une crise totale qui s’est déjà installée, puisque le sac de farine n’a pas un prix fixe. A Conakry, le sac peut aller jusqu’à 300 000 francs, tandis qu’à l’intérieur du pays, on parle de 400 000 francs », a dit M. Sacko.

Ismaël Diallo pour Guineematin.com

Tel. +224624693333

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