Port autonome de Conakry : les travailleurs dénoncent Aïssata Aribot, la Directrice Générale

Mme Touré Aïssata Aribot

C’est une situation embarrassante pour Mme Touré Aïssata Aribot, la Directrice Générale du Port Autonome de Conakry. Sa gestion du port (maillon fort de l’économie nationale) vient d’être mise en cause par un collectif des travailleurs. Ce collectif dénonce des « dysfonctionnements » dans la gestion des ressources humaines et financières du port. Et, la nouvelle est déjà arrivée aux oreilles du ministre des transports, a appris un journaliste de Guineematin.com ce lundi.

C’est à travers une correspondance en date d’hier, 21 novembre 2021, formulée sous forme de plateforme revendicative, que le collectif des travailleurs du port s’est attaqué à la gestion de Mme Aïssata Aribot. Les travailleurs dénoncent « les nominations abusives, l’absence de plan de formation adéquat, l’absence de plan stratégique et opérationnel, l’absence de transparence dans l’exécution du budgétaire, la gestion opaque des 8% de redevance payés par Alport, l’absence de moyens de contrôle du chiffre d’affaire d’Alport… ».

Joint au téléphone par un journaliste de Guineematin.com ce lundi, 22 novembre 2021, Ibrahima Sadiga Bah, le coordinateur du collectif des travailleurs du port autonome de Conakry, a accusé les responsables de la direction du port de se soucier plus de leur intérêt que celui du port.

« En plus des charges d’exploitation, nous n’avons pas les remorqueurs à entretenir ou à carburer, nous n’avons pas de dragage à faire. Donc, pourquoi l’investissement ne s’est pas retourné sur le capital humain ? Actuellement, il y a certains experts qui doivent aller à la retraite au mois de décembre ; mais, aucun plan de formation n’a été mis en place pour préparer la relève. Ils (la direction) se soucient plus d’eux que de l’avenir du port. Donc, étant jeune travailleurs, on ne peut pas rester indifférent à cet état de fait. Et, c’est pourquoi nous avons mis en place une plateforme de revendication. Le chiffre d’affaires de 8% que Alport donne au port autonome, jusqu’à présent le port n’a aucun moyen de contrôle de ce chiffre d’affaires. C’est qu’on nous donne, c’est ce que nous prenons. Nous estimons que le port est un maillon fort de l’économie nationale. Et, si sa gestion dévient déficiente, ça impacte directement l’économie nationale. Dans tous les ports du monde, il y a ce qu’on appelle : vision stratégique. C’est-à-dire que le port se repositionne, parce que le monde portuaire est en constante évolution. Donc, avec la concession des Turcs, on aurait dû se repositionner pour déterminer, dans trois à cinq ans, les projets prioritaires du port, définir des plans opérationnels appuyés de plan d’action. Vous savez, la formation est budgétisée, mais quasiment personne ne va en formation. Les quelques rares personnes qui vont en formation, reviennent sans aucun rapport, sans aucune restitution. Donc, nous nous pensons que si nous les jeunes cadres de ce port nous nous taisons, nous et le port allons tous disparaitre », a expliqué Sadiga Bah.

Pour l’heure, la direction du port n’a pas encore réagi à ces revendications des travailleurs. Mais, le ministre des infrastructures et des transports, Yaya Sow, s’est rendu sur place pour « tenter de trouver une solution » à cette situation.

A noter que Madame Touré Aïssata Aribot est la tête du port autonome de Conakry depuis le 12 janvier 2019. Elle avait été nommée à ce poste par l’ancien président de la République, Pr Alpha Condé, dont son frère, Baïdy Aribot était proche…

A suivre !

Mamadou Baïlo Keïta pour Guineematin.com

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