Comme annoncé précédemment, plusieurs citoyens ont perdu la vie par noyade à Kanssonya, un district relevant de la sous-préfecture de Manéah, préfecture de Coyah. Après ce drame qui a couté la vie à cinq (5) de nos concitoyens, un reporter de Guineematin.com a donné la parole à certains citoyens et au président du district de Kanssonya. Sans surprise, tous les intervenants imputent la responsabilité à l’Etat qui n’a pas réparé le pont pour leur éviter ce drame.

Dr Zoomy Kalakpè

Selon le Docteur Zoomy Kalakpè, frère de Sangbé Pecoss (la cinquième victime) et président des ressortissants de Gbénèmou à Conakry a dit avoir appris cette nouvelle avec une grande tristesse. Même s’il dit se remettre à la volonté de Dieu, monsieur Zoomy estime que le Gouvernement guinéen a une part de responsabilité dans ce drame.

« Je suis beaucoup déçu de la négligence des autorités guinéennes parce qu’une population comme celle de Kassonya n’est pas à négliger. Le pont de Kanssonya, nous pouvons dire que c’est le pont le plus utilisé dans les quartiers de Conakry. Donc, les autorités devraient prendre la responsabilité pour construire ce pont pas en fer ; mais, en vraie béton armée comme celui de Kaaka. On a vu des ponts de 400 mètres qui sont confectionnés sur la route de Boké. Pourquoi pas un pont ici où il n’y a même pas 100 mètres ? Donc, nous demandons aux autorités de venir au secours parce que ce sont des femmes et des hommes qui devraient diriger la Guinée demain qui sont en train de partir. Nous demandons aussi aux autorités locales de mettre à la disposition des citoyens qui veulent traverser les gilets de sauvetage qui sont venus. Ces gilets ne sont pas venus pour qu’elles les gardent ; mais, c’est pour les mettre à la disposition des usagers », a dit le frère de la victime, très déçu.

Abdoulaye Sacko

Egalement interrogé par Guineematin.com, Abdoulaye Sacko, le chef du port débarcadère de Lansanaya barrage et coordinateur des débarcadères de la commune de Matoto a dit sa tristesse de voir la disparition tragique de ces cinq (5) concitoyens.

Selon monsieur Sacko, dès après l’annonce de cette nouvelle, il a dépêché des jeunes volontaires avec des pirogues pour aider à rechercher les corps. « Durant la journée d’hier, tous les quatre corps ont été retrouvés devant moi. Ce matin, le chef du port de Kassonya m’a dit que le cinquième corps aussi a été retrouvé ; et, j’ai assisté aux funérailles des cinq corps (…). Dans tout pays, quand il s’agit de réparer un pont, on cherche d’abord un passage pour les piétons, avant de le réparer ; mais, tel n’a pas été le cas pour Kassonya. Si on avait pris les dispositions pour faciliter le passage des piétons, vous ne verrez aucune pirogue ici. Ceux qui passent par ici sont des pauvres citoyens qui n’ont pas les moyens d’aller jusqu’à Bintouraya pour regagner Kassonya. Donc, ceux qui sont venus pour la réfection de ce pont ont leur part de responsabilité. L’Etat a aussi sa part de responsabilité parce que les piroguiers n’avaient pas de gilets de sauvetage, alors que ça, ça relève de la responsabilité de l’Etat », a fait remarquer Abdoulaye Sacko.

Elhadj Lamine Soumah

Pour sa part, Elhadj Mohamed Lamine Soumah, doyen des sages de Kassonya, il estime que depuis très longtemps, ce pont constituait un danger pour les habitants du district. Mais, depuis qu’ils ont commencé à alerter sur ce danger, les autorités guinéennes ne leur sont pas venues au secours.

« Heureusement, les élèves étaient déjà en vacances quand la réfection du pont a commencé ; sinon, peut-être qu’on ne parlerait pas que de cinq morts. Je le dit parce que la plupart des passants ici ont des enfants, des jeunes élèves qui font la navette entre Conakry et Kassonya. Nous exhortons l’Etat à accélérer la réfection de ce pont afin de nous éviter un autre drame de ce type », a exhorté le doyen.

Mohamed Lamine Bangoura

Enfin, Mohamed Lamine Bangoura, le président du district de Kassonya, également interrogé par Guineematin.com convient que tous les citoyens de son district sont aujourd’hui sous le choc. Mais, il dit avoir toujours lancé des appels aux décideurs pour réparer ce pont à temps ; mais, en vain ! Cependant, Mohamed Lamine Bangoura s’est félicité de la présence des autorités qui se sont mobilisés pour leur apporter des appuis pendant ces moments difficiles. Mais, comme exemples d’apports des autorités aux populations de Kassonya depuis ce drame, le président du district n’a cité que la remise hier de 20 gilets de sauvetage aux pêcheurs par le préfet maritime.

De retour de Kassonya, Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

Facebook Comments

Commentaires

Guineematin