Honorable Mamadou Chérif Diallo

Comme annoncé précédemment, le député de l’UFDG, honorable Chérif Diallo, et 8 autres personnes qui étaient détenus à Gaoual, ont été libérés hier, mercredi 1er avril 2020. Ces 9 opposants au régime d’Alpha Condé ont été interpellés suite aux violences qui ont émaillé le double scrutin législatif et référendaire du 22 mars 2020, dans cette préfecture. Peu après sa libération, le député et maire de la commune rurale de Kounsitel, s’est confié à Guineematin.com sur les conditions de son arrestation et sa détention.

« Disons qu’ils m’ont kidnappé, parce qu’ils ont attendu que je sorte de Gaoual pour m’arrêter et me conduire manu militari à la prison civile, sans rien me dire. Le lendemain, j’ai trouvé que ce qui était écrit sur le mandat d’amener n’était pas mon nom. C’était écrit Abdoulaye Chérif alors que moi, je suis Mamadou Chérif. Donc, j’ai dit que ce n’était pas moi. J’ai dit par la suite qu’on ne peut pas arrêter un député comme ça et j’ai demandé de quoi est-ce qu’on me reproche…

Toute la journée j’ai attendu, ils n’ont rien fait. Maintenant, après 20 heures, ils sont venus me prendre pour une autre destination. C’est en cours de route qu’on m’a dit que nous allons à Boké et que le gouverneur voulait me voir. J’ai dit, mais ne vous foutez pas de ma gueule. Le gouverneur veut me voir pourquoi et si le gouverneur veut voir le député, il peut passer par le préfet, mais ce n’est pas avec cette méthode, surtout nuitamment.

J’ai demandé s’ils veulent aller me tuer. Ils ont dit non que ce n’était pas ça, mais que nous allions chez le gouverneur. J’ai dit que c’est faux ; mais, je ne pouvais rien faire parce qu’ils étaient quatre gendarmes. Arrivés à Boké, nous sommes allés directement à la prison. Il parait qu’ils voulaient voir directement le procureur ; mais, c’était la nuit, aux environs de 2 heures du matin, ils ont laissé jusqu’au matin », a-t-il relaté.

S’agissant de ses conditions d’incarcération, l’opposant dit avoir passé la nuit dans une salle non couverte avec 8 autres détenus. « J’ai passé une nuit en prison à Boké. Dès qu’on est arrivés, à 2 heures du matin, on m’a jeté dans la prison qui est une sorte de cour non couverte. Le matin, à 8 heures, comme certains étaient là pour le contrôle, j’ai demandé à les voir. Mais, ils ont dit qu’ils vont demander l’autorisation et que quelqu’un viendra me voir.

J’ai attendu donc. Mais, la cellule était remplie de prisonniers. Nous étions 9 dans la salle où on nous a mis. C’est une tentative d’intimidation bien qu’ils disent qu’il n’y a pas eu d’abandon de poursuites. Mais, je vais dire que l’intimidation ne passera pas et je reste résolument engagé à poursuivre le combat jusqu’au bout », ajoute le député et maire de la commune rurale de Kounsitel, dans la préfecture de Gaoual.

Revenant sur ce qui a concouru à sa libération, l’honorable Mamadou Chérif Diallo pense que l’ordre serait venu de Conakry. « Il y a eu beaucoup d’échanges entre eux et Conakry. Je crois que le procureur a appelé le régisseur pour dire qu’il a reçu l’ordre de me libérer immédiatement. C’est ainsi qu’on m’a libéré », a-t-il laissé entendre, remerciant toutes les personnes et entités qui lui ont apporté leur soutien pendant cette période.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

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