Dr Faya Millimono, président du BL

Les mesures annoncées par le Premier ministre guinéen, Ibrahima Kassory Fofana, dans le cadre du plan gouvernemental de riposte économique au COVID-19 sont diversement appréciées au sein l’opinion publique. Interrogé par un journaliste de Guineematin.com sur le sujet, Dr Faya Millimono, le président du Bloc Libéral, a estimé que les autorités du pays sont en train de se moquer de la population guinéenne. Pour l’opposant, les mesures consistant à rendre gratuits l’eau, le courant et le transport public sont n’auront aucun impact sur la vie des pauvres citoyens.

« En ce qui concerne le transport, est-ce qu’il y a un transport public en Guinée ? Il y a combien de bus qui font le transport public en Guinée pour une population de plus de 2 millions à Conakry par exemple ? Parce que c’est là où on peut parler de transport public. Où bien quand il (le Premier ministre, ndlr) parle de ces mesures, il ne voit que Kaloum ou à la rigueur une partie de Matam et de Dixinn ? En tout cas, cette mesure ne nous concerne pas nous autres qui vivons par exemple à Matoto.

Pour l’eau et l’électricité, il faut dire d’abord, que ceux qui payent les factures d’eau et d’électricité en Guinée, je ne sais pas si ça fait 1% de la population. Parce que même ici à Conakry, ceux qui boivent l’eau des forages ou des puits sont autant nombreux que ceux qui reçoivent par jour quelques gouttes d’eau. Donc, ce n’est pas une mesure qui affecte le besoin même substantiel des Guinéens. Il en est de même pour l’électricité.

La majorité des Guinéens, c’est à travers le charbon de bois qu’elle s’éclaire ou qu’elle prépare. Ceux qui payent le courant sont ceux-là qui volent dans les caisses de l’Etat. C’est eux seulement qui peuvent se payer le courant. Et eux, ils ne sont pas dans le besoin. Ceux qui sont dans le besoin en Guinée sont ceux qui n’ont pas de courant, ni l’eau mais qui sont condamnés à se déplacer pour se nourrir », soutient-il.

A ces derniers justement, Dr Faya Millimono demande au gouvernement de rendre justice, en baissant conséquemment le prix du carburant. « S’ils (les gouvernants) ont un micron de pitié pour cette population qu’ils ont appauvrie, la solution c’est de ne pas continuer à mettre l’argent du contribuable dans leurs poches. Aujourd’hui, fixer le prix du carburant à 4.000 francs n’est pas une mesure d’accompagnement. C’est juste faire ce que la loi du marché commande. Le baril se négocie aujourd’hui à 20 dollars contre 60 dollars quand le litre était vendu à 10.000 francs guinéens. Donc, fixer aujourd’hui le prix du litre à 4.000 n’est qu’une justice », estime le président du BL.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél. : 622 68 00 41

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