Dr Faya Millimouno, président du parti Bloc Libéral (BL)

Face à la propagation inquiétante du coronavirus et à la multiplication des cas confirmés, le gouvernement a fini par décider de l’isolement « total » de Conakry. Désormais, piétons et motards ne sont plus autorisés à dépasser le kilomètre 36 (Coyah) et Kagbélen (Dubréka) pour aller à l’intérieur du pays. Les conducteurs des véhicules de transport de marchandises doivent se faire dépister au camp Kwame Nkrumah avant de sortir de la ville.

Interrogé à ce sujet, l’opposant Dr Faya Millimouno, président du Bloc Libéral (BL), craint que ces mesures ne soient prises tardivement.

Ces diverses mesures ne font pas d’unanimité au sein de la classe politique guinéenne. Pour certains opposants au régime d’Alpha Condé, cette mesure aurait dû être prise depuis longtemps. Selon Dr Faya Millimouno, cette mesure d’isolement de Conakry ne permet plus d’éviter la contamination à l’intérieur du pays. « J’ai bien peur que ces mesures ne soient imposées que très tardivement. Il faut rappeler que nous avons demandé, à travers une déclaration qui date du 28 mars 2020, que le gouvernement s’efforce de mettre systématiquement en quarantaine Conakry. Cette demande fait suite à une déclaration du 18 mars, demandant aux autorités gouvernementales de prendre toutes les mesures pour protéger les guinéens. Aujourd’hui, nous avons déjà le coron virus dans l’arrière-pays. On a diagnostiqué plusieurs cas ici à Conakry qui sont dans la nature. On a vraiment un problème de leadership dans ce pays. Je me demande si ceux qui nous gouvernent, la seule chose dans laquelle ils excellent n’est pas de la prédation ».

Devant cette situation de plus en plus préoccupante, Dr Faya Millimouno a tenu à prodiguer quelques conseils au gouvernement dans le cadre de la riposte à la pandémie. Il préconise que les personnes contacts soient mises en isolement jusqu’à la détermination de leurs statuts sérologiques. « Quand on considère que quelqu’un est personne contact, donc susceptible d’être porteur de virus, lorsqu’on le teste, on ne le laisse pas rentrer jusqu’à ce que le résultat de son test soit connu. S’il est positif, qu’on le prenne immédiatement en charge. Et s’il n’est pas positif, on le laisse dans ce cas rentrer. Cela peut arrêter cette situation grave dans laquelle on est aujourd’hui. Il faut des tests de dépistage rapide certes, mais il faut réquisitionner ces hôtels qui sont vides pour maintenir des personnes contacts. Si la mauvaise gestion n’était pas avérée, on ne saurait pas penser pas au dépistage massif. La Guinée n’a pas les moyens d’aller vers un dépistage massif. Malheureusement, le gouvernement qu’on a en place est beaucoup plus préoccupé à sécuriser un fauteuil qu’à sécuriser les guinéens, ce qui fait que nous sommes quasiment des orphelins ».

Alsény KABA pour Guineematin.com

Facebook Comments

Commentaires

Guineematin