Le débat se poursuit autour des primes que le gouvernement guinéen a décidé d’accorder aux anciennes gloires du pays. Certains membres de l’orchestre Télé-Jazz se sont fait entendre sur le sujet au cours d’une interview qu’ils ont accordée à Guineematin. Ils dénoncent une discrimination et réclament leur rétablissement dans leur droit.

Depuis la récente sortie du ministre en charge des sports et de la culture sur la prime mensuelle de 5 millions francs accordée aux anciennes gloires du pays, les réactions se multiplient dans le pays. Plusieurs acteurs sportifs et culturels qui ont marqué l’histoire de la Guinée et qui ne figurent pas sur la liste des bénéficiaires de cette prime se font voix. C’est le cas notamment de Djiba Kouyaté, membre du Télé-Jazz, l’orchestre préfectoral de Télimélé sous la première République. Elle se dit étonnée et révoltée de constater que cet orchestre a été ignoré par les autorités.

Djiba Kouyaté

« Lorsque j’entends parler d’anciennes gloires et qu’on ne cite nos noms parmi ces anciennes gloires, ça me fait très mal. Il n’y a pas d’anciennes gloires plus que nous. Nous, on a tout abandonné pour la Guinée. Nous avons représenté la Guinée au 10ème SAFRA, on a représenté la Guinée en Gambie, au Sénégal, en Sierra Leone, en Mauritanie… Quand on parle donc d’anciennes gloires aujourd’hui sans nous citer, ça me rend furieuse.

Dans les conditions normales, on ne peut pas accorder des primes aux anciennes gloires et ignorer les membres de l’orchestre Télé-Jazz qui sont encore en vie, c’est révoltant. C’est pourquoi, nous réclamons aussi notre part parce que c’est un droit pour nous. Au lieu de venir faire des cortèges après notre mort, donnez-nous maintenant on va manger. Vous voulez envoyer 50 millions après notre mort pour donner à qui ? On va mettre ça dans notre tombeau ? Ils n’ont qu’à nous donner nos primes pendant que nous vivons », réclame l’ancienne chanteuse.

Abdoulaye Brévété Diallo

Même son de cloche chez Abdoulaye Breveté Diallo, également membre de l’orchestre Télé-Jazz et qui a évolué en solo après la dislocation des orchestres préfectoraux. Il estime aussi qu’il est incompréhensible que lui et ses anciens collaborateurs ne soient pas comptés parmi les anciennes gloires culturelles du pays. « On ne peut pas parler d’anciennes gloires et oublier le Télé-jazz. Le télé-jazz a été l’un des orchestres les plus anciens de ce pays. Il n’y a aucun festival qui se passait en Guinée sans que le Télé-jazz ne soit sur le podium. Il n’y a pas d’anciennes gloires en Guinée mieux que nous. Les orchestres nationaux, on les a nationalisés devant nous.

Mais on se rencontrait, ils savaient la valeur intrinsèque du Télé-jazz. C’est la raison pour laquelle nous tenons à rappeler à Son excellence le président de la République, de nous tenir compte parmi les anciennes gloires de ce pays. Et tenez-vous bien, le Télé-jazz a hissé le drapeau de ce pays très haut. Je demande également à notre ministre qui est un ami personnel à moi, de tenir compte de certaines réalités parce que nous sommes tous confrontés à des problèmes. Nous lui demandons donc de penser à nous », a lancé l’artiste.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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