Après avoir passé 5 mois de prison à la maison centrale de Conakry, une jeune femme du nom de Fatoumata Keïta a été jugée ce mercredi, 22 juillet 2020, au tribunal de première instance de Dixinn. Poursuivie pour vol de numéraires et d’objets divers, la prévenue a été déclarée non coupable. La juridiction a ordonné sa remise en liberté immédiate, a constaté un reporter de Guineematin.com qui était sur place.

C’est le 17 février 2020 que Fatoumata Keïta a été arrêtée au domicile de Mamadou Dian Baldé, un citoyen du quartier Sonfonia. Accusée de s’être introduite dans la maison pour voler, la jeune femme a été mise à la disposition de la gendarmerie de Kipé avant d’être placée sous mandat de dépôt le 21 février 2020. 5 ans après, elle a comparu ce mercredi devant le tribunal correctionnel de Dixinn pour s’expliquer sur ce qui lui est reprochée. La prévenue a rejeté les accusations portées contre elle. Elle assure qu’elle est entrée dans la maison du plaignant dans le but de laver des habits pour être payée.

 

« Ce jour-là, j’ai commencé par la Cimenterie. J’ai lavé des habits dans une concession, où j’ai eu un montant de 27 000 francs. Après, j’ai continué vers Sonfonia. Arrivée dans ce quartier, j’ai trouvé un jeune assis derrière une cour. J’ai cru que c’est un vigile. Je lui ai demandé s’ils ont des habits sales à laver, il m’a dit oui. Le jeune m’a dit de le suivre dans la concession. Il a ouvert la porte, nous sommes rentrés. Nous sommes montés à l’étage. Il a fait sortir quelques habits et on a conclu de les laver à 8 000 francs guinéens.

 

Mais, il m’a finalement dit de laisser les habits et m’a proposé un million de franc pour coucher avec lui. J’ai accepté sa proposition. Mais après l’acte, il est descendu sans me donner l’argent. Ne sachant pas où il est allé, moi aussi je suis descendue au salon pour le chercher. J’ai vu une chambre qui était ouverte, j’ai soulevé les rideaux pour voir vérifier s’il est dedans, mais j’ai trouvé que c’est une femme qui était couchée à l’intérieur. Elle a aussitôt crié au voleur et les jeunes du quartier sont venus m’arrêter », a-t-elle expliqué.

 

Elle ajoute qu’après son arrestation, elle a subi toutes sortes de torture. « Quand on m’a arrêtée au salon, les jeunes m’ont ligotée et m’ont filmée. Ils m’ont frappée jusqu’à fracturer mon bras. Ils ont même éteint la cigarette sur mon corps, alors qu’ils n’ont rien trouvé avec moi sauf les 27 000 francs que j’avais gagné à la Cimenterie. Et même ce montant, ils me l’ont retiré. Le jeune qui m’a fait rentrer dans la concession serait le frère de Mamadou Dian Baldé », a laissé entendre Fatoumata Keïta.

 

Mais, le plaignant a nié les explications de la prévenue. Selon Mamadou Dian Baldé, Fatoumata Keïta est venue avec d’autres personnes chez lui pour voler une somme d’argent de 1 500 000 francs plus un ordinateur portable et un téléphone. « C’est dans ma chambre conjugale qu’elle a été arrêtée par ma femme. Mais c’est sûr qu’elle était venue avec d’autres personnes. Parce que la porte principale a été cassée et on a trouvé un pied de biche à côté. Donc ceux-ci ont pris les objets pour sortir pendant que Fatoumata Keïta cherchait autre chose dans la chambre où était couchée ma femme », a-t-il dit.

 

Dans ses réquisitions, le procureur Boubacar 1 Bah a indiqué qu’il n’y a pas de preuves incriminant la prévenue. C’est pourquoi, il a demandé au tribunal d’ordonner sa relaxe. « Monsieur Dian Baldé dit qu’il a perdu de l’argent, un téléphone qui coûte 8 millions de francs guinéens et un ordinateur. Mais, il se trouve que Fatoumata Keïta qui est poursuivie pour vol et qui a été arrêtée dans son salon ne détenait rien. C’est pourquoi le ministère public requiert qu’il vous plaise de déclarer Fatoumata Keïta non coupable des faits pour lesquels elle est poursuivie, ordonner sa relaxe pure et simple pour délit non constitué ».

 

Le tribunal a suivi les réquisitions du procureur en relaxant la prévenue pour délit non établi à son encontre. Fatoumata Keïta a recouvré sa liberté et est rentrée chez elle.

Saïdou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 620 589 527/654 416 922

Facebook Comments Box

Commentaires

Guineematin