Comme annoncé précédemment, des affrontements ont opposé des partisans du RPG Arc-en-ciel et de l’UFDG hier, mercredi 30 septembre 2020, à Faranah. Ces violences ont fait un mort, 81 blessés, et plusieurs boutiques pillées, appris Guineematin.com de sources médicales.

Après les attaques que le cortège de campagne du Premier ministre guinéen a subies mardi à Labé et Dalaba, les représailles n’ont pas tardé. Selon le programme établi par les autorités, c’était au tour de l’UFDG de battre campagne hier, mercredi, dans la commune urbaine de Faranah. Mais, peu après la sortie des opposants, plusieurs militants du parti au pouvoir sont venus les attaquer. Avant que les forces de l’ordre n’interviennent, les dégâts étaient déjà très lourds.

Mamadou Diouldé Barry, un boulanger de 32 ans, originaire de Bissikirima, dans la préfecture de Dabola, a été mortellement battu au quartier Faranah Koura. « La victime était à la maison. Lorsqu’il a appris qu’il y a des violences dans la ville, il sorti pour chercher ses deux enfants qui jouaient dans le quartier. C’est dans cette recherche qu’il est tombé dans une embuscade. Il a été violemment battu par un groupe de jeunes. Transporté d’urgence à l’hôpital régional de Faranah, il a rendu l’âme quelques temps après », témoigne un voisin de la victime.

A l’hôpital régional de Faranah, le directeur annonce un bilan de 81 blessés, dont un a succombé à ses blessures. Le corps de Mamadou Diouldé Barry a été remis à sa famille ce jeudi. En plus de ces dégâts humains, on note plusieurs dégâts matériels. Au moins 12 boutiques ont été vandalisées et pillées, dont 11 au quartier Mosquée et une au quartier Aviation. Mamadou Bentè Bah, l’une des victimes, dit avoir perdu une valeur de 35 millions de francs.

« Hier, vers 9 heures, je me préparais pour aller assister à la campagne de l’UFDG, lorsque des militants du RPG sont venus nous barrer la route. Ils ont dit qu’ils ne veulent pas qu’on fasse campagne pour l’UFDG dans la ville. Entre-temps, les gendarmes sont intervenus pour nous dire de remonter vers la tribune, tout en assurant qu’ils vont sécuriser nos boutiques. Mais dès qu’on est partis, les jeunes ont attaqué nos boutiques derrière nous. Moi, je vendais des habits et des chaussures, mais ils ont tout emporté. Même les portes, ils ont arraché. J’ai perdu une valeur de 35 000 000 de francs guinéens », a-t-il confié.

Mariama Diouldé Barry, vendeuse d’habits pour femmes, dit avoir également perdu tout le contenu de sa boutique. « J’étais au lieu où devait se tenir le meeting de l’UFDG, quand on m’a informé que des jeunes ont attaqué nos conteneurs. Moi, je vendais des Basins, des valises des complets Wax. Je suis rentrée récemment de Conakry, où j’ai acheté de nouvelles marchandises d’une valeur de 15 millions de francs guinéens, tout est parti. Le conteneur de mon jeune frère qui se trouve actuellement à Conakry a été aussi complètement vidé », déplore cette dame.

Yaghouba Bah, étudiant à l’institut de Faranah, est également l’une des victimes de ces violences : « entre 9 heures et 10 heures, pendant que les militants de l’UFDG étaient rassemblés pour battre campagne, des jeunes sont venus attaquer mon conteneur, où je vendais des téléphones portables et je faisais aussi le transfert de crédit et le transfert d’argent. J’avais un montant de 3 500 000 francs et des téléphones dedans. Ils ont tout emporté », témoigne le jeune homme.

Au lendemain de ces violences, plusieurs jeunes sillonnent la ville pour prôner la paix et la quiétude sociale à Faranah.

De Faranah, Bangoura Mamadouba pour Guineematin.com

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