Oumar Sylla dit Foniké Mengué, responsable des actions et antennes du FNDC

Comme indiqué dans nos précédentes dépêches, le procès du responsable en charge des actions et de la mobilisation du Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC) s’est ouvert ce lundi, 11 janvier 2021, au tribunal de première instance de Mafanco. Après avoir plaidé non coupable des faits articulés contre lui, Oumar Sylla, alias Foniké Menguè a répondu aux questions du procureur, Lansana Sangaré, qui a finalement requis un an de prison ferme.

Mais, après ce sévère réquisitoire, responsable des actions et de la mobilisation du FNDC (Front national pour la défense de la Constitution) a écouté les plaidoiries de ses avocats. Tout d’abord, c’est maître Pépé Antoine Lama, qui a pris la parole pour demander à madame Djeinabou Donghol Diallo, la juge, de s’inspirer de l’exemple de monsieur Alphonse Charles Wright, le juge de Dixinn qui avait pris l’audacieuse décision de libérer le même Oumar Sylla, le 27 août 2020, malgré la pression qu’on imaginait à l’époque de la part du régime qui tenait à se maintenir au pouvoir.

Après Pépé Antoine Lama, c’est Me Alseny Aissata Diallo qui a croisé le fer avec le procureur. Lansana Sangaré s’est même permis de couper la parole de l’avocat qui n’a pas hésité à s’attaquer ouvertement au régime Alpha Condé et à ceux qui ont tripatouillé la constitution guinéenne dans l’unique but de rester au pouvoir.

A la présidente du tribunal, Alsény Aïssata Diallo a demandé si elle peur rentrer dormir au cas où elle aurait condamné Foniké Mengué pour simplement avoir pris une moto et circulé dans la ville de Conakry. Pour cet avocat, le seul coupable des dégâts contre le troisième mandat est celui qui aura violé son serment du 21 décembre 2010, puisqu’il avait juré de respecter et de faire respecter la Constitution de mai 2010.

Ci-dessous, Guineematin.com vous propose un extrait de la plaidoirie de Me Alsény Aïssata Diallo :

Me Alsény Aïssata Diallo

« Madame la présidente l’arrestation de plus de 400 personnes. Le procès en cours de Foniké Menguè, tout cela est la conséquence de la violation d’un serment, prêté en 2010.

En 1848, on avait assisté à la violation d’un serment. Quelques minutes après la violation du serment par Napoléon Bonaparte en France, tous les citoyens se sont levés. Un penseur avait, à l’époque, interpellé la justice sur sa responsabilité, celle de ne pas faire arrêter et condamner les innocents. A l’époque, la justice française s’était illustrée dans le bon sens.

Madame la présidente, la Guinée est à cette étape. On passe par la justice pour arrêter injustement les honnêtes citoyens. Foniké Menguè qui est là se bat pour le Développement harmonieux de la Guinée, pas pour lui seul.
Madame la présidente, s’il y a un développement, ça sera profitable à tous les Guinéens ; mais, si la Guinée bascule dans une dictature comme on est en train de le voir maintenant, c’est seulement les détenteurs du pouvoir qui en bénéficieront. Nous autres citoyens ordinaires souffrirons. (Ce qui a irrité le procureur).

Madame la présidente, on donne tout le matériel pour enterrer tous ceux qui s’opposent au tripatouillage de la Constitution (madame dites-lui de rester dans le cadre du sujet, réplique le procureur). Madame la présidente, c’est ce dossier qui me permet de parler du Chef de l’Etat.

Madame la présidente, est-ce que vous n’allez pas vous gêner de condamner un honnête citoyen comme Oumar Sylla, alias Foniké Menguè, parce que vous avez reçu un appel de l’autre côté ?

Madame la présidente, allez vous condamner cet honnête citoyen parce qu’il a pris sa moto pour circuler librement ? Je vous dis que le seul crime d’Oumar Sylla, alias Foniké Menguè, c’est le fait de s’opposer au changement de la Constitution.

Madame la présidente, qu’il vous plaise de renvoyer Oumar Sylla, Foniké Menguè, des faits de la poursuite. En le faisant, vous aurez rendu une bonne décision », a plaidé Me Alseny Aissata Diallo.

De retour du TPI de Mafanco, Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

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