Meurtre de Sory Binta Diallo à Doghol Touma (Pita) : Abdoulaye Diallo condamné en Appel à 12 ans de prison

Ouvert le 30 juillet dernier devant la Cour d’Appel de Conakry, le procès en Appel de Abdoulaye Diallo, l’auteur présumé de la mort de Sory Binta Diallo à Doghol Touma (une sous-préfecture relevant de la préfecture de Pita, dans la région administrative de Mamou), a connu son épilogue vendredi dernier, 12 novembre 2021. Abdoulaye Diallo a été reconnu coupable de « coups et blessures volontaires ayant entrainé la mort sans intention de la donner » et condamné à 12 ans réclusion criminelle (soit trois ans de moins que la peine qui lui avait été infligée en 2016 par la Cour d’Assise de Labé), rapporte un journaliste de Guineematin.com à travers un de ses journalistes.

Les faits pour lesquels Abdoulaye Diallo vient d’être condamné remontent au 26 mars 2011 à Doghol Touma. Et, c’est Sory Binta Diallo, une jeune fille qu’il voulait épouser, qui a été mortellement poignardée. Les parents de la fille lui ont collé ce meurtre sur le dos ; et, il a été arrêté et conduit en détention. Finalement, il a été inculpé de « meurtre » et conduit devant la Cour d’assise de Labé en 2016. Et, cette Cour, en audiences foraines, l’a reconnu coupable « d’homicide volontaire » et l’a condamné à 15 ans de réclusion criminelle. Mais, ses avocats ont saisi la Cour Suprême pour demander une annulation de cette décision. Après examen, la Cour Suprême a cassé la décision de la Cour d’Assises de Labé et renvoyé le dossier à la Cour d’Appel de Conakry pour être rejugé. C’est ainsi qu’un procès en Appel de Abdoulaye Diallo s’est ouvert le 30 juillet dernier. Et, à la barre, l’accusé a plaidé non coupable. Il a laissé entendre que Sory Binta s’est suicidée en se donnant un coup de couteau à l’abdomen.

« Le 26 mars 2011, elle est venue chez moi à 11 heures. Je l’ai reçue dans ma chambre. Après, sa sœur est venue frapper à la porte, j’ai refusé d’ouvrir parce qu’elle (Sory Binta) m’a dit de ne pas ouvrir. Ensuite, sa mère aussi est venue frapper à la porte. Finalement, j’ai ouvert la porte. Elle m’a demandé si Sory Binta était dedans, j’ai dit : oui. C’est ainsi que Sory Binta est sortie de la chambre avec un couteau, elle m’a trouvé arrêté à la porte et m’a poignardé au ventre. Elle a continué avec le couteau jusqu’au niveau du forage qui est à quelques mètres de chez moi, elle s’est aussi poignardée. On l’a emmenée à l’hôpital, mais elle a succombé à ses blessures trois jours après. Donc, c’est elle qui s’est poignardée et elle m’a poignardé devant sa mère », a déclaré Abdoulaye Diallo devant la Cour.

Mais, cette version n’a pas convaincu l’avocat général. Et, à l’audience du 22 octobre dernier, il a requis 10 ans de réclusion criminelle contre Abdoulaye Diallo qu’il accuse de « raconter des contre-vérités » à la Cour.

« Il a donné volontairement la mort à cette victime, parce qu’on a refusé de la lui donner en mariage. Sa version ne repose sur aucune logique. Même la mère de la victime a dit que lorsque sa fille sortait de la chambre, elle était ensanglantée et elle a dit : Abdoulaye m’a poignardée (…). Cet accusé a commis un crime. Mais, ce crime doit être rangé dans les crimes passionnels », avait déclaré dit le ministère public, tout en demandant à la Cour de condamner l’accusé à 10 ans de réclusion criminelle à temps pour homicide involontaire.

De son côté, la défense, par la voix de maître David Béavogui, a sollicité l’acquittement de l’accusé pour crime non imputable. « L’accusé lui-même a été victime d’un coup à l’abdomen et les séquelles sont toujours là. Personne parmi nous n’était présent, il n’y a aucune preuve, aucun indice, aucun témoin. Il y a des doutes dans cette procédure et le doute profite à l’accusé. Donc, nous vous demandons de renvoyer Abdoulaye Diallo des fins de la poursuite pour non imputabilité du crime à lui reproché », avait plaidé l’avocat de la défense.

Finalement, à l’audience du vendredi dernier, la Cour a statué dans cette affaire. Tout d’abord, elle a requalifié les faits « d’homicide volontaire » à « coups et blessures volontaires ayant entrainé la mort sans intention de la donner ». Et, ensuite, la Cour a reconnu Abdoulaye Diallo coupable de coups et blessures volontaires ayant entrainé la mort sans intention de la donner et l’a condamné à 12 ans de réclusion criminelle.

Saïdou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tel : 620 589 527/664 413 227

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