Viol de 2 fillettes (âgées de 8 et 10 ans) : un maître coranique jugé à la Cour d’Appel de Conakry

Condamné en première instance à 10 ans de prison par le tribunal criminel de Dixinn pour « viol sur mineures », Harouna Diallo (maitre coranique) était à la barre à la Cour d’Appel de Conakry la semaine. Et, devant cette juridiction supérieure, il a nié les accusations portées à son encontre et a plaidé pour son acquittement dans cette affaire. Il jure que ce viol qu’on lui colle à la peau n’est qu’un « complot » ourdi contre lui pour des raisons qu’il ignore encore, a appris un reporter de Guineematin.com qui était sur place.

Âgé aujourd’hui d’une cinquantaine d’années, Harouna Diallo est en prison depuis novembre 2018 pour le viol de deux fillettes âgées de 8 ans et 10 ans (au moment des faits). Et, ses victimes présumées étaient ses élèves. Il avait la charge de leur enseigner le Coran à Koloma (un quartier de la commune de Ratoma).

« Il a demandé aux fillettes de balayer et de laver la salle de lecture. Mais, pendant qu’elles exécutaient cette tâche, Harouna s’est introduit dans la salle. Il a fermé la porte à clé. Et, il a abusé des fillettes », avait-on entendu de l’ordonnance de renvoi lors de l’ouverture de son procès en première instance devant le tribunal criminel de Dixinn le 02 juillet 2019.

Ces accusations avaient été réitérées par la mère d’une des victimes devant cette juridiction de première instance. « Il a commencé par celle qui a 10 ans. Et, quand ma fille de 8 ans est venue le trouver couché sur cette autre fille, elle a crié et a voulu s’enfuir de la salle. C’est en ce moment que Harouna a laissé la fille de 10 ans pour s’attaquer à ma fille. Il a mis sa main sur sa bouche pour l’empêcher de crier. Et, ensuite, il a abusé d’elle. Quand il a fini, il a donné 500 francs guinéens à chacune des filles », avait expliqué la mère.

Cependant, Harouna Diallo avait réfuté ces accusations et clamé son innocence dans cette affaire. « Je n’ai jamais fait ça. Elles-mêmes (les présumées victimes) savent que c’est faux », avait-il martelé à la barre.

Au cours des débats, un rapport médicolégal versé au dossier de la procédure et faisant état d’une « défloraison ancienne chez la fillette de 8 ans » avait été brandi par le tribunal à la décharge de l’accusé. Mais, finalement, au terme des débats, le tribunal l’a reconnu coupable des faits de viol sur mineur et l’a condamné à 10 ans de réclusion criminelle. C’était le 08 octobre 2019. Et, la défense a immédiatement relevé appel de cette décision. Le dossier a été transféré à la Cour d’Appel de Conakry où un procès en Appel s’est ouvert vendredi dernier, 12 nombre 2021, dans cette affaire. Mais, tout comme en première instance, l’accusé Harouna Diallo a plaidé non coupable devant cette juridiction supérieure.

« Ce jour, elles (les filles : ndlr) étaient au nombre de 3 pour balayer la cour et la terrasse. Après avoir balayé, elles sont parties. Moi aussi j’ai quitté à 18 heures. C’est quand je suis allé à la mosquée que j’ai reçu un appel anonyme qui me dit de venir à l’école. L’intéressé m’a dit qu’il voulait inscrire son enfant. A 20 heures, une autre personne m’a appelé pour me dire que c’est urgent, de venir vite à l’école. C’est ainsi que je suis venu. Dès mon arrivée, trois jeunes sont sortis, ils m’ont attaqué, ils m’ont roué de coups. Les voisins sont sortis et ils m’ont arrêté en disant que j’ai violé leurs enfants. Mais, moi, je ne connais rien dans cette affaire. C’est un complot qui a été monté contre moi pour des raisons inavouées », s’est-t-il défendu devant la Cour.

Egalement, devant cette juridiction, l’avocat de la défense a laissé entendre que le tribunal criminel de Dixinn ne s’est fondé que sur le « rapport médicolégal » pour condamner Harouna Diallo dans cette affaire de viol.

« La défloraison constatée par le médecin légiste était ancienne. Pourtant, les fillettes ont été examinées par le médecin le même jour qu’on a annoncé ce prétendu viol.  Donc, il n’y a eu aucune autre preuve et aucun témoin. Sa condamnation a été fondée sur la base de ce rapport médical », a expliqué Me Ibrahima Diallo.

Finalement, la Cour a renvoyé l’audience au 03 décembre prochain pour la déposition des victimes. Et, compte tenu de leurs âges, les victimes (toutes mineures), seront entendues à huis clos dans la chambre de conseil.

Saïdou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 620 589 527/664 413 227

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