Me Foromo Frédéric Loua, président de l’ONG Mêmes Droits pour Tous

Comme annoncé précédemment, les avocats des opposants détenus depuis plusieurs mois à la maison centrale de Conakry ont suspendu leur participation à la procédure judiciaire en cours. Ils justifient cette décision par le fait que les droits de leurs clients sont systématiquement violés dans ce dossier. Et, ce retrait ne laisse pas indifférent l’ONG Mêmes Droits pour Tous (MDT). Dans un entretien avec un journaliste de Guineematin.com hier, vendredi 12 février 2021, le directeur exécutif de cette organisation de défense des droits de l’homme a exprimé sa préoccupation face à cette situation.

 

« C’est véritablement un sujet de préoccupation pour nous, en tant que défenseurs des droits de l’homme. Parce qu’au regard des infractions qui sont poursuivies contre les personnes concernées par cette procédure, il est absolument nécessaire, voire même indispensable qu’ils puissent bénéficier de l’assistance d’avocats pour que leurs droits à un procès équitable soit respectés. Cela suppose qu’on ait une justice impartiale, courageuse, et qui pourrait se départir des considérations politiques pour rendre la justice disponible aux citoyens.

 

Alors, en tant qu’activistes des droits de l’homme, en tant que société civile, nous sommes quand même préoccupés par la situation qui prévaut actuellement dans notre pays. Il est important qu’on puisse avoir une justice indépendante, impartiale, pour que le droit à un procès équitable, le droit à la justice de toutes les personnes qui sont aujourd’hui arrêtées par rapport aux événements liés aux dernières élections référendaires, législatives et présidentielles soit effectivement respecté », a déclaré Me Fréderic Foromo Loua.

Me Foromo Frédéric Loua, président de l’ONG Mêmes Droits pour Tous

Quel impact ce retrait des avocats de la défense peut-il avoir sur la procédure judiciaire en cours ? L’activiste des droits de l’homme estime que cela peut retarder la procédure et aggraver encore la situation des détentions illégales. Mais, Me Loua souligne que cette décision est surtout un message fort que les avocats envoient à l’opinion nationale et internationale. « L’impact peut quand même être relativisé. Parce que ce sont des infractions criminelles qui sont reprochées aux personnes actuellement détenues à la maison centrale, qu’on qualifie de prisonniers politiques.

 

Ce qui veut dire qu’il faut absolument qu’ils soient assistés d’un avocat ou des avocats. Donc je pense que c’est un message que les avocats veulent lancer en direction de l’opinion nationale et internationale pour dire qu’ils ne sont pas en train de faire face à une justice courageuse, à une justice impartiale, à une justice respectueuse, et à des garanties judiciaires indispensables au fonctionnement d’une justice dans un Etat de droit. Et le message, il est fort.

 

Lorsque les avocats décident de suspendre leur participation à un procès aussi important, aux motifs que les juges ne sont pas en train de travailler selon la loi, ne sont pas en train d’être impartiaux, de garantir la justice aux citoyens, c’est un message très fort qu’on lance en direction de l’opinion nationale et internationale pour dire que les valeurs de démocratie telles que nous avions voulu au sortir de la transition politique de 2010 sont remises en cause, mais de façon progressive. C’est le message que ce retrait envoie à l’international », a dit le directeur exécutif de l’ONG Mêmes Droits pour Tous.

A rappeler que ce dossier concerne quelques centaines de responsables et de militants de l’opposition guinéenne. Parmi lesquels, Etienne Soropogui (président du mouvement politique Nos Valeurs Communes), Ibrahima Chérif Bah (vice-président de l’UFDG), Ousmane Gaoual Diallo (coordinateur de la cellule de communication de l’UFDG), Mamadou Cellou Baldé (responsable des fédérations intérieures de l’UFDG) et Abdoulaye Bah (membre du bureau exécutif de l’UFDG).

Foko Millimono pour Guineematin.com

Tél: 620 933 446 / 666 111 726

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