Mamadou Adama Camara, interprète au tribunal de première instance de Dixinn

Mamadou Adama Camara, un des interprètes en service au tribunal de première instance de Dixinn, a un message pour le nouveau ministre de la justice. Ce citoyen interpelle maître Mory Doumbouya sur la situation difficile que lui et ses collègues vivent dans l’exercice de leur travail. Il l’a fait au cours d’un entretien qu’il a accordé à Guineematin.com, ce vendredi 17 juillet 2020.

« Nous travaillons ici avec le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD). Mais en tant que traducteurs et interprètes au niveau du tribunal de première instance de Dixinn, nous traversons une situation très difficile. On a signé un contrat avec le PNUD, mais depuis le mois de décembre 2019 jusqu’à nos jours, on ne comprend pas ce qui se passe parce qu’on n’a rien gagné.

Nous sommes là depuis 7 mois, même si par moment les audiences sont suspendues, nous venons travailler au parquet et au niveau du cabinet d’instruction. Nous avons des familles à nourrir, nous payons le transport pour venir au tribunal, mais nous ne gagnons plus rien du tout. Le PNUD ne nous paie pas et le tribunal aussi ne nous paie pas. Nous vivons vraiment dans une situation déplorable », a-t-il révélé.

A noter que cette situation n’est pas particulière au tribunal de Dixinn. Dans l’ensemble, les interprètes qui assurent la traduction lors des procès dans les juridictions guinéennes sont des bénévoles. Malgré leur importance, ils ne sont pas payés pour le service qu’ils rendent à la société. Et c’est pourquoi, Mamadou Adama Camara demande au Garde des Sceaux de faire en sorte que les interprètes puissent intégrer la fonction publique.

« Nous demandons au nouveau ministre de la justice, maître Mory Doumbouya, de nous aider à être intégrés à la fonction publique. Eux, ils savent combien un interprète est important dans un procès pénal. L’interprète, c’est comme un intermédiaire. Sans interprète, il n’y aura pas de procès. Il est l’intermédiaire entre le juge, le prévenu ou l’accusé et l’avocat.

Maintenant, si nous qui jouons ce rôle, on n’est pas pris en charge, nous ne sommes pas considérés, comment nous pouvons travailler ? Nous aimons le travail. Mais si on ne paie pas, on ne peut pas le faire. Nous avons nos familles, nous logeons loin. Donc, nous demandons au ministre de la justice de prendre en charge les interprètes pour qu’on puisse être au compte de l’Etat », a exhorté cet interprète.

Saïdou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tel : 620589527/654416922

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