C’est l’élection qui pourrait enterrer la démocratie en République de Guinée, si elle se tient comme prévu le 16 février prochain ! Le RPG arc-en-ciel, parti au pouvoir, se présente seul avec des « partenaires » de la mouvance présidentielle. Aucun des grands partis de l’opposition n’a présenté une liste de candidats dans ces élections qu’ils jurent empêcher.

Dans la journée de ce mardi, la commission électorale nationale indépendante (CENI) a animé une conférence de presse pour présenter les listes des candidats des différents compétiteurs électoraux. Me Salif Kébé, le président de l’institution électorale, a annoncé 29 listes dont celle du RPG arc-en-ciel, qui pourrait rafler le maximum d’élus désireux, si le vote se tient le 16 février 2020.

Comme on le sait, les partis de l’opposition (l’UFDG, l’UFR, le BL, le PEDN, le PADES…), qui ne participent pas à ce processus électoral, sont membres du Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), qui donne au président Alpha Condé jusqu’au 13 janvier pour renoncer à son projet de nouvelle constitution qui lui offrirait un troisième mandat à la tête de la Guinée. Ces partis, comme leurs partenaires de la société civile, engagés dans la défense de la constitution guinéenne, se préoccupent surtout par cette question.

Evidemment, si cette élection se tient comme prévu, sans les partis politiques de l’opposition, ce sera un coup dur, voire un assassinat de la démocratie chèrement acquise en République de Guinée. C’est une expérience déjà vécue sous le règne du deuxième dictateur de la Guinée indépendante. La Guinée avait été confrontée, en 2001 et 2002, à un changement de sa constitution et à des élections législatives en l’absence des partis d’opposition. Il s’en est suivie une dictature sanglante et un coup d’Etat militaire. Le président Alpha Condé engagera-t-il notre peuple à un tel processus ?

Attendons de voir !

Ibrahima Sory Diallo est au siège de la CENI pour Guineematin.com

 

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