A trois jours de la réouverture partielle des écoles, prévue le lundi prochain, 29 juin 2020, rien n’augure une reprise effective des cours dans la préfecture de Labé. En effet, plusieurs écoles situées en zone rurale font face à un manque d’enseignants. La DPE a pris des dispositions pour essayer de résoudre ce problème, mais rien ne rassure que ces mesures donneront le résultat escompté, rapporte un correspondant de Guineematin.com sur place.

Depuis l’annonce de la réouverture des écoles, qui étaient fermées depuis trois mois en raison de la crise sanitaire liée au coronavirus, les autorités éducatives de Labé travaillent avec les chefs des établissements scolaires pour préparer cette reprise qui concerne uniquement les élèves en classes d’examen. Ils ont procédé notamment au nettoyage des écoles et à la répartition des élèves selon les nouvelles normes qui exigent la distanciation entre les élèves dans les salles de classe. Après le travail effectué sur le terrain, les responsables d’écoles ont remonté leurs rapports à la direction préfectorale de l’éducation. Des rapports qui font état d’un manque d’enseignants dans plusieurs établissements scolaires.

Hadja Aïssatou Diouldé Diallo, directrice préfectorale de l’éducation de Labé

Selon Hadja Aïssatou Diouldé Diallo, la directrice préfectorale de l’éducation de Labé, il y a au total, un manque à gagner de 17 enseignants au collège et 64 à l’élémentaire. « A certains endroits, il y a réellement un manque d’enseignants. Quand je prends au niveau secondaire, à Popodara par exemple, le collège n’a pas de professeur de Biologie ; au collège camp Elhadj Oumar Tall, on n’a pas de professeurs de Français, Histoire, Géographie et ECM ; aux collèges de Hindé et de Kalan, on n’a pas de professeur de Physique ; au collège de Dionfo, on n’a pas de professeurs de Physique et de Chimie ; au collège de Tountouroun, on n’a pas de professeurs de Mathématiques et de Physique ; au collège de Kouramangui, on n’a pas de professeurs d’Histoire, de Géographie et de Biologie ; au collège de Maléya, on n’a pas de professeur de Physique ; au collège de Dalein, on n’a pas de professeur de Mathématiques et de Physique ; et à l’école Franco-arabe de Labé Dheppèrè, il manque un professeur de Physique », a confié la DPE.

Face à cette situation, la direction préfectorale de l’éducation a décidé de réquisitionner les enseignants des classes intermédiaires évoluant dans la ville de Labé pour les déployer dans les localités concernées. « Mais il y a un autre problème qui se pose à ce niveau. Parce que quand ces enseignants sont déployés dans ces zones rurales, ils ne sont pas affectés là-bas de façon officielle, c’est juste pour la circonstance. Donc à ce niveau, il faudra que la population et les maires de ces communes rurales acceptent de nous aider à prendre en charge ces enseignants qui seront déplacés de la ville de Labé pour ces sous-préfectures uniquement pour ces cours de rattrapage qui sont prévus. Parce que quand ils y vont, il faut qu’ils soient logés, qu’ils se déplacent et qu’ils soient nourris. C’est pourquoi, nous demandons à l’APEAE de nous aider et de nous accompagner », exhorte Hadja Aïssatou Diouldé Diallo.

En plus du manque d’enseignants, la DPE de Labé fait face aujourd’hui à une autre préoccupation. Il s’agit du respect des mesures préventives permettant d’éviter la propagation du coronavirus dans les écoles. A la veille de la réouverture des classes, elle n’a toujours pas tous les équipements nécessaires. « On est en besoin de kits sanitaires parce qu’on s’est rendu compte qu’on n’a pas le nombre de kits demandé par école. Les Thermo flash aussi n’existent pas pour contrôler les températures. Il faut que l’Etat nous vienne en aide », a lancé la directrice préfectorale de l’éducation.

De Labé, Alpha Boubacar Diallo pour Guineematin.com

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