Cellou Baldé, ancien député uninominal de Labé et coordinateur des fédérations UFDG de l’intérieur du pays

Dans une déclaration signée le lundi dernier rendue public hier, mercredi 08 juillet 2020, plusieurs commissaires de la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI) ont dénoncé le chronogramme électoral proposé par leur institution. A travers leur sortie, ces commissaires, issus de l’opposition, ont démontré plusieurs failles dans le chronogramme proposé par l’organe en charge des élections en Guinée.

Joint au téléphone par Guineematin.com ce jeudi, Honorable Cellou Baldé, vice-président de la commission électorale et coordinateur des fédérations de l’UFDG à l’intérieur du pays, a soutenu et entièrement partagé la position exprimée par les commissaires.

Décryptage !

Cette déclaration, même si elle est venue un peu tard, mieux vaut tard que jamais parce que depuis le déclenchement du processus devant nous conduire aux élections présidentielles dans notre pays, nous, du côté de l’opposition politique, avons dénoncé une fuite en avant de la CENI. Vous savez quand-même qu’il y a un minimum de règles et des normes à respecter pour organiser des élections qu’elles soient présidentielles ou locales, des élections transparentes, crédibles, inclusives et acceptables de tous.

La CENI est un organe de gestion des élections, comme son nom l’indique, c’est une commission. Elle est commise à exécuter des tâches devant conduire le peuple de Guinée à des élections. La CENI n’est pas candidate à une élection, il y a des partis politiques qui sont candidats, notamment pour des élections présidentielles. Donc, élaborer un chronogramme sous-tend d’abord l’association de l’ensemble des parties prenantes au processus électoral pour discuter d’un avant-projet de chronogramme qui doit aboutir à une date indicative, une date technique, qui sera soumise au chef de l’Etat conformément à la Constitution pour qu’une date soit prise par un décret présidentiel. Mais, ce à quoi nous assistons, c’est que la CENI se substitue non seulement aux partis politiques, mais également la CENI se substitue aux législateurs.

Sinon, comment comprendre que le président de la CENI qui a remplacé Me Salifou Kébé, qui est décédé, qui vient et qui ne rencontre aucun acteur de la scène politique ? Il ne rencontre aucun parti politique, n’organise aucun cadre de concertation au préalable pour échanger sur les conditions d’organisation d’une élection présidentielle transparente, inclusive et acceptée de tous. Pourtant, on sait que nous venons de sortir d’un coup d’Etat constitutionnel, référendaire et législatif, on sait que nous sommes dans une période de pandémie à Covid-19 qui n’est pas sans conséquence sur le calendrier électoral, on sait que les opérations préparatoires pour aller à une élection au mois d’octobre devraient commencer une année avant aujourd’hui. Ce n’est pas à deux mois ou à trois mois qu’on s’assoit dans son bureau prendre un chronogramme pour le mettre sur les réseaux sociaux.
Je vous dis que jusqu’à date, le chronogramme ne nous a pas été transmis, bien entendu il y a ce semblant de comité inter-partis auquel nous n’avons pas assisté. Ce que j’ai envie de dire, c’est que dans les conditions normales, un chronogramme est discuté avant d’être adopté. Et, de l’autre côté, nous avons également suivi que la CENI a écrit à la Cour Constitutionnelle pour lui demander de lui permettre de supprimer les délais légaux qui sont dans le Code électoral, notamment le droit des Guinéens de l’étranger d’être enrôlés. Notamment le droit des Guinéens qui ont plus de 20 ans d’être enrôlés, mais également de supprimer des opérations importantes qui permettraient aux électeurs Guinéens de vérifier s’ils sont effectivement inscrits sur les listes électorales et l’étape d’affichage des listes électorales.

La CENI se permet de se substituer au législateur, de se substituer aux acteurs politiques pour fixer un chronogramme en voulant répondre aux désidératas de la mouvance présidentielle, en voulant répondre aux désidératas d’un homme qui est le président de la République. Nous sommes d’accord avec la position exprimée par les commissaires de l’opposition qui sont au sein de la CENI et ils ne doivent obéir qu’à l’autorité de la loi. Un commissaire de la CENI est un commissaire de la République, au service de la nation, il ne doit obéir qu’à l’autorité de la loi. Et, si la loi est violée, que ce soit par une plénière, que ce soit par une commission, que ce soit par le président de la CENI, les commissaires légalistes doivent sortir pour dénoncer ce manquement, cette violation de la loi. Et, c’est de cela qu’il s’agit aujourd’hui.

Propos recueillis et décryptés par Siba Guilavogui pour Guineematin.com

Tél. : 620 21 39 77/662 73 05 31

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