Feu Yéro Malal Diallo

Comme annoncé précédemment, le procès sur l’assassinat de Yéro Malal Diallo, tête de liste de l’UFDG lors des élections locales de février 2018 dans la commune rurale de Sinta (Télimélé), s’est ouvert hier, jeudi 25 février 2021, au tribunal de première instance de Kindia. Après avoir entendu les cinq accusés, la juridiction a ordonné la libération parmi eux qui était détenu, rapporte le correspondant de Guineematin.com à Kindia.

Environ trois ans après les faits, la justice cherche à faire la lumière sur l’assassinat de Yéro Malal Diallo, qui a dirigé la liste de l’UFDG lors des élections locales de février 2018 dans la commune rurale de Sinta, préfecture de Télimélé. Alors qu’il s’apprêtait à être élu maire de commune, l’opposant a été tué par balle dans la nuit du 19 au 20 mars 2018, à son domicile, situé dans le district de Touguiwel. Quelques jours plus tard, six suspects ont été interpellés et conduits à la prison civile de Télimélé.

L’un d’entre eux, Alsény Diallo, a bénéficié d’un non-lieu au cabinet d’instruction et quatre autres (Alpha Souleymane Bah alias Dédé, Alhassane Barry alias Sana Mirihoye, Thierno Madina Diallo et Mamadou Oury Bah) ont été mis en liberté sous contrôle judiciaire. Le sixième, Fodé Sory Bah alias Defro, lui, a été transféré à la prison de Kindia, où il était détenu jusque-là. Ce jeudi, 25 février 2021, les cinq accusés ont comparu devant le tribunal criminel de Kindia pour s’expliquer sur ce dossier. Tous ont plaidé non coupables, rejetant en bloc les faits mis à leur charge.

Après l’audition des accusés, le procureur a sollicité un renvoi de deux semaines pour la comparution de la partie civile qui, dit-il, n’a pas été informée de l’ouverture du procès ce jeudi. De leur côté, les avocats de la défense ont relevé l’illégalité du maintien en détention de l’accusé Fodé Sory Bah, réclamant sa libération. Et, le tribunal a accepté ces deux demandes, ordonnant la remise en liberté conditionnelle de l’accusé et le renvoi de l’audience à deux semaines. Une décision bien accueillie par Me Emmanuel Kpana Bamba, l’un des avocats de la défense.

Me Kpana Emmanuel Bamba, président de la LIGUIDHO et avocat de la défense 

« Il a été constaté que l’ordonnance qui renvoie les accusés devant le tribunal criminel plaçait tous les accusés sous contrôle judiciaire. Nous sommes étonnés qu’un seul soit en prison depuis 2018 jusqu’à maintenant. Parce que son maintien en détention n’est pas en conformité avec les règles de procédure. Donc, nous avons demandé sa remise en liberté et cela a été accepté par le tribunal. C’est pourquoi, la décision qui qui est intervenue tout à l’heure a remis l’accusé dans ses droits », estime l’avocat.

La partie civile (les parents de Yéro Malal Diallo) est attendue à la barre le 11 mars prochain pour livrer sa version des faits, avant la phase des plaidoiries et réquisitions. Une occasion que les avocats de la défense comptent saisir pour convaincre le tribunal à libérer définitivement leurs clients. Car, disent-ils, aucun de ceux qui comparaissent dans cette affaire n’est coupable de l’assassinat de l’élu de l’UFDG (le principal parti d’opposition du pays).

« Nos clients, qui sont poursuivis pour assassinat, ont comparu aujourd’hui pour donner leur version des faits. Et comme vous l’avez suivi, il ressort des débats qu’aucun d’eux n’était sur les lieux de crime. Donc aucun d’eux n’a posé un acte de complicité encore moins un acte d’auteur d’assassinat. Nous pensons donc et nous sommes confiants qu’à la suite de la procédure, ils seront libérés totalement des charges qu’on leur reproche », a dit Me Emmanuel Bamba.

De Kindia, Amadou Baïlo Batouala Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 628516796

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