Ibrahima Kourouma, ministre de la ville et de l’aménagement du territoire

Comme annoncé précédemment, le gouvernement guinéen s’est expliqué sur l’opération de déguerpissement des emprises de la voie publique lancée il y a quelques semaines à Conakry. C’était à l’occasion d’une conférence de presse organisée dans les locaux du gouvernorat de Conakry, et à laquelle ont pris part quatre ministres, dont celui de la Ville et de l’Aménagement du territoire. Ibrahima Kourouma a laissé entendre que cette action a été initiée par le président Alpha Condé dans l’unique but de moderniser la capitale guinéenne et permettre à ses habitants d’avoir un cadre de vie décent.

 

« Nous avons tous vu comment les gens ont occupé les domaines de l’État : les trottoirs et les emprises. Tout le monde est venu sur la route. Les conséquences, nous les vivons tous les jours. Quand vous partez dans nos hôpitaux aujourd’hui, vous verrez des gens qui sont fracturés parce qu’ils étaient sur la chaussée. Parfois, c’est des accidents graves avec morts d’hommes. Pourtant, chacun de nous a un domaine. Mais, personne n’acceptera qu’on vienne construire une boutique, un restaurant dans sa cour.

 

Conakry ville moderne, c’est un programme. Cette modernité passe par la non-occupation des emprises, des trottoirs. Nous allons faire en sorte que cette instruction du président donnée au ministère de la ville et au ministère de l’administration du territoire à travers le gouvernorat et les mairies soit une réalité. D’ailleurs, partout nous sommes passés, ce sont les populations elles-mêmes qui cassent et qui se débarrassent de ces espaces, parce qu’elles ont compris que cette action du gouvernement est une action sage », s’est-t-il réjoui.

 

Malgré l’indignation que ce déguerpissement suscite au sein de l’opinion, le ministre de la Ville et de l’Aménagement du territoire indique que l’opération se poursuivra sans exception jusqu’au bout. Il souligne que même les écoles et les lieux de culte qui sont dans le périmètre concerné ne seront pas épargnés. « Toutes les clôtures de mosquées se trouvant dans l’illégalité ont été cochées et seront démolies les jours à venir. C’est la même chose pour les écoles. Vous verrez des clôtures d’écoles cochées.

 

Pour ne pas exposer la vie et la sécurité des enfants qui y étudient, nous avons décidé de demander aux fondateurs d’enlever leurs clôtures pendant les vacances. Parce que quand nous casons là-bas maintenant, les enfants seront dans la rue. C’est comme les hôtels qui ont un caractère spécial. On ne peut pas casser sans saisir au préalable l’administration du complexe pour les mesures à prendre. Il ne faut pas que les gens pensent qu’il y a des privilégiés dans cette opération. Rien ne sera épargné », promet Ibrahima Kourouma.

 

Ce n’est pas la première ni la deuxième fois que les occupants des emprises de la route sont déguerpis à Conakry. Mais cette fois, le gouvernement assure que son action sera pérenne. Donc, tous ceux qui tenteront de réoccuper la zone déguerpie se verront sanctionnés. « Je souhaite après tout que les gens ne reviennent plus. Le gouvernement fera en sorte que ces espaces soient entretenus pour créer un cadre de vie décent pour tous. Nous ne voulons pas venir permanemment casser. Cette fois-ci, nous avons cassé. Mais, si les gens reviennent, ils s’exposeront prochainement à des pénalités », a averti le ministre Kourouma.

Malick Diakité pour Guineematin.com

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