Strasbourg, 4 juin 2020 (AFP) – La police des polices françaises a été saisie après la diffusion d’images de vidéosurveillance montrant un policier violenter un homme en garde à vue, a annoncé jeudi le parquet de Strasbourg (est).

Mercredi, « le procureur a saisi l’IGPN (Inspection générale de la police nationale) d’une enquête ouverte du chef de violences commises par un dépositaire de l’autorité publique », a-t-on appris auprès du parquet.

Le prévenu, un Guinéen de 21 ans, était jugé mardi en comparution immédiate pour un vol de vélo à proximité de la gare de Strasbourg, usurpation d’identité et violences sur des policiers.

Dans le procès-verbal rédigé par les enquêteurs, il lui était reproché d’avoir été agressif et d’avoir essayé de mettre un coup de poing à un policier.

Mais lors de l’audience, son avocate, Me Kaoutare Choukour, a demandé à visionner les images de vidéosurveillance du commissariat, placées sous scellés.

« Les images étaient choquantes, éloquentes, édifiantes », a déclaré à l’AFP Me Choukour. « On voit clairement mon client qui arrive menotté dans le couloir juste avant les geôles. Aucune résistance ou agressivité. Le policier le démenotte, mon client lève son coude pour protéger son visage, de peur. Au moment où il fait ça, le policier lui met un coup de poing dans la tête ». Un coup confirmé par l’expertise médicale.

Après le visionnage de ces images lors de l’audience, le procureur a demandé que la lumière soit faite sur ces actes de violence. Outre le fonctionnaire auteur des coups, les investigations viseront aussi une collègue qui s’est portée témoin, ainsi que le policier qui a rédigé le procès-verbal censé retranscrire le contenu de la vidéo.

Cette enquête intervient alors que la question des violences policières est revenue sous les projecteurs en France, dans le sillage de la contestation historique aux Etats-Unis depuis la mort le 25 mai de George Floyd, un Américain noir asphyxié par un policier blanc.

Une manifestation organisée par la famille d’Adama Traoré, un jeune noir mort en 2016 après son interpellation par des gendarmes, a réuni près de 20.000 personnes mardi soir à Paris.

Les syndicats de policiers ont relevé que l’actualité, en France et aux Etats-Unis notamment, ne jouait pas en leur faveur. Le prévenu a été relaxé pour les violences et l’usurpation d’identité, mais condamné à quatre mois d’emprisonnement, aménageables, pour le vol de vélo.

AFP 

NB : le titre est de Guineematin.com

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