Le groupe scolaire la Tourterelle a été sérieusement affecté par la manifestation enregistrée ce lundi, 22 mars 2021, à Lansanayah Barrage, dans la commune de Matoto. La descente musclée de la police sur les lieux a été lourde de conséquences pour cette école. Le fondateur de l’établissement a été violenté par des policiers, un enseignant blessé et surtout, plusieurs élèves sont portés disparus, a appris un reporter de Guineematin.com qui s’est rendu sur place.

Ce lundi 22 mars, c’était jour d’évaluation pour les élèves du groupe scolaire la Tourterelle, située à quelques mètres du rond-point de Lansanayah Barrage. Mais, pendant que les responsables de l’école se préparaient à lancer les épreuves, un mouvement de colère éclate dans la zone. Plusieurs jeunes érigent des barricades sur la route pour protester contre une situation alarmante survenue sur les lieux la nuit dernière. Il s’agit d’un policier du commissariat central de Dabompa qui a ouvert le feu, on ne sait dans quelles conditions, sur trois citoyens, dont deux ont trouvé la mort. Et cette manifestation a eu de graves répercussions sur l’établissement scolaire, soutient Nestor Kramar, le conseiller général à l’éducation de ce groupe scolaire.

Nestor Kramar, conseiller général à l’éducation au groupe scolaire Tourterelle

« N’étant pas informés de ce qui s’est passé au carrefour hier nuit, ce matin, nous étions en train de préparer les évaluations. Le temps pour nous d’installer les élèves dans les salles pour le démarrage des évaluations, nous avons vu à partir de l’étage, des jeunes barricader la route. C’est ainsi que je suis sorti pour faire rentrer dans la cour tous les élèves qui étaient dehors, et j’ai fermé le portail. J’ai dit à tous ceux qui étaient au balcon aussi de regagner leurs salles de classe et j’ai fermé les portes pour ne pas qu’ils sortent. Et, quand ça a commencé à déborder sur la route là-bas, les policiers ont gazé les manifestants.

Et, c’est ce gaz lacrymogène-là qui a étouffé tout le monde dans la cour de l’école, parce que nous sommes situés tout près de l’autoroute. Comme beaucoup d’enfants tombaient ou avaient des difficultés respiratoires, on a envisagé de les faire passer par la petite porte de derrière. Mais vu la pression des enfants, j’ai finalement ouvert le portail pour que les élèves puissent sortir. Et, dès que je suis sorti avec le premier groupe d’élèves, un policier a tiré du gaz lacrymogène sur nous. Un collégien s’est évanoui et moi aussi je suis tombé là-bas. Il a fallu que les enfants me prennent pour m’envoyer dans une cour d’à côté », a-t-il expliqué.

Cette situation a irrité certains élèves, qui ont décidé de protester. C’est ainsi qu’une chaude altercation a éclaté entre eux et les policiers. « Quand je me suis levé, le même policier continuait à tirer du gaz lacrymogène sur les élèves jusque dans l’enceinte de l’école. Même le fondateur de l’école n’a pas été épargné : il a été frappé par les policiers pour avoir filmé ce qu’ils étaient en train de faire aux enfants. Un de nos surveillants a aussi été blessé à la tête. C’est dans ces conditions que plusieurs enfants de la maternelle et du primaire ont pris la fuite et ils restent jusque-là introuvables.

En temps normal, ce sont les parents d’élèves qui viennent chercher leurs enfants à la fin des cours. Mais aujourd’hui, on n’a pas pu les canaliser vu l’intensité du gaz dans la cour. On faisait face à une vingtaine d’enfants qui étaient tombés sous l’effet du gaz lacrymogène. C’est ce qui a conduit à l’égarement de certains tout-petits. Les parents viennent à tour de rôle nous demander, mais nous ne savons pas quoi faire. C’est la situation qui nous inquiète maintenant », a laissé entendre Nestor Kramar, le conseiller général à l’éducation du groupe scolaire la Tourterelle, sis à Lansanayah Barrage.

Les responsables de cette école annoncent qu’ils vont d’abord saisir la direction communale de l’éducation (DCE) de Matoto de cette situation, avant d’engager toute autre action. Ils n’excluent pas déjà de porter plainte contre les agents de la police qui sont venus « attaquer » l’établissement scolaire.

Malick Diakité pour Guineematin.com

Tél. : 666-49-67-25

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