Un mois et trois semaines après la suspension de leur participation aux activités de l’Assemblée nationale, les députés de l’opposition ont fait leur retour au Parlement le lundi, 2 décembre 2019. Les élus de l’UFDG et de l’UFR justifient la reprise de leurs activités par la levée de l’interdiction des manifestations en Guinée, la libération des leaders du FNDC et le report des élections législatives, qui étaient prévues initialement au 28 décembre de cette année. Interrogé par un journaliste de Guineematin.com, l’honorable Ben Youssouf Keïta dit être animé d’un sentiment de fierté.

« J’ai retrouvé des collaborateurs très engagés. J’ai retrouvé le travail parlementaire avec le sentiment d’avoir respecté la décision de mon parti d’un côté, et de l’autre, avec le sentiment d’avoir accompli un devoir dans le cadre de la lutte pour la défense de la démocratie qui nous paraissait menacée. Nous avons repris avec fierté et avec amour pour le travail », a déclaré le député de l’UFDG.

Le président de la commission santé, sports, culture et patrimoine historique de l’Assemblée nationale en a profité pour répondre à ceux qui estiment que les députés de l’opposition ont repris leurs activités parce qu’ils avaient « faim ». C’est-à-dire qu’ils avaient besoin des primes qu’ils perdaient en ne participant pas aux travaux du Parlement.

« Qu’ils arrêtent leurs affabulations. Aucun n’est revenu à cause de l’argent. Si c’était à cause de l’argent, moi qui vous parle, le 15 février 2018, j’ai été proposé pour être ministre. Mais, je n’ai pas accepté parce que ce n’est pas par la voie normale. Ce n’est pas le parti qui m’a mandaté. Imaginez-vous, comme moi, il y avait d’autres. Mais nous sommes restés droits et dignes dans nos bottes », soutient-il.

Ce retour des députés de l’opposition à l’Assemblée nationale coïncide au retrait temporaire de leurs collègues de la mouvance présidentielle. Les députés du RPG Arc-en-ciel et de ses partis alliés suspendent aussi leur participation aux travaux du Parlement à partir du 04 décembre, pour aller sensibiliser leurs militants à se faire enrôler sur la liste électorale. Une décision que Ben Youssouf Keïta qualifie de farce.

« A partir du moment où nous-mêmes nous avons décidé de suspendre nos activités pour des causes bien connues, s’ils décident de suspendre aussi, c’est de bonne guerre. Nous ne pouvons le leur reprocher bien que les raisons soient différentes. Quand nous avons suspendu notre participation, l’Assemblée a continué son travail. S’ils partent, nous aussi, on va continuer. Mais nous pensons que ce n’est pas le moment de suspendre comme ça les activités.

Puisque le gouvernement est là, les partis politiques sont là, les radios privées sont là, la société civile est là pour sensibiliser les citoyens à se faire recenser. Donc, nous trouvons que c’est une farce pour eux de suspendre leur participation aux travaux de l’Assemblée nationale pour une telle activité », a dit le député du principal parti d’opposition du pays.

Abdallah BALDE pour Guineematin.com

Tél : 628 08 98 45

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