Guinée : les promesses d’Alpha Condé aux personnes handicapées

3 décembre 2019 à 22 10 00 120012

Le président de la République a pris part à la célébration de la journée internationale des personnes handicapées ce mardi, 03 décembre 2019, à Conakry. Organisé à la cité de solidarité de Taouyah, l’événement a été placé sous le thème « favoriser la participation sociale des personnes handicapées et leur pouvoir d’agir : un geste à la fois ». A cette occasion, Alpha Condé a fait de nouvelles promesses à l’endroit des personnes vivant avec le handicap, a constaté un reporter de Guineematin.com qui était sur place.

Eloi Kouadjo IV, adjoint au représentant résidant du PNUD en Guinée

Des centaines de personnes ont rallié la cité de solidarité pour célébrer cette journée dédiée aux personnes handicapées. Une occasion mise à profit par Eloi Kouadjo IV, adjoint au représentant résidant du PNUD en Guinée, pour rappeler « qu’on estime qu’un milliard de personnes dans le monde vit aujourd’hui avec un handicap et qu’elles sont confrontées à de nombreux obstacles pour participer pleinement à la société. 90% d’entre elles vivent dans des pays en développement.

Dans le cas de la Guinée, le 3ème recensement général de la population et de l’habitat réalisé en 2014, a dénombré 155 885 personnes handicapées (PH) sur une population totale de 10 503 132 habitants, soit 1,5%. La célébration de cette journée mondiale des personnes handicapées n’est pas juste une journée de fête. Mais, beaucoup plus une journée qui nous interpelle toutes et tous sur l’impérieuse nécessité de l’inclusion et de la prise en compte des conditions et des intérêts des personnes en situation de handicap », a-t-il dit.

De son côté, la ministre de l’Action Sociale, de la Promotion Féminine et de l’Enfance, a souligné les efforts du gouvernement guinéen en faveur des personnes handicapées. « Monsieur le président de la République, la loi portant protection et promotion des personnes handicapées adoptée unanimement par les députés et promulguée et promulguée par votre autorité en 2018, n’est pas un simple texte supplémentaire et ce, pour au-moins cinq (5) raisons :

La première raison, l’élaboration d’une douzaine de textes d’applications de la loi est très avancée. Nous sommes sûrs de le finaliser au cours du premier semestre de l’année nouvelle. En second lieu, le gouvernement inaugure aujourd’hui un centre d’apprentissage de métier. L’inauguration de ce bijou coïncide avec la pose de la première pierre des centres similaires à Kankan et à Labé sur fonds propres du budget national.

Troisièmement, des idées de projets relatifs aux personnes handicapées ont commencé à germer : 15 projets ont éclos, tous bénéficient du financement à la hauteur de leur taille. Quatrièmement, nous nous apprêtons à doter le pays d’un programme fédérateur d’intervention dans le domaine du handicap. En cinquième position, notre pays a été identifié pour abriter le lancement du plan d’action des Etats membres de l’organisation des conférences islamiques dans le domaine du handicap », a cité Hadja Mariama Sylla.

Mais, ces efforts salués par le gouvernement sont loin d’être suffisants. C’est pourquoi, les personnes handicapées de Guinée, par la voix de leur porte-parole

Mohamed Moustapha Kaba, ont fait des doléances à l’endroit à de l’Etat. « Monsieur le président, tout en étant conscients des multiples charges de l’Etat et des avancées majeures entreprises en faveur des handicapées de Guinée, nous vous serons très reconnaissants de bien vouloir accroître les interventions du gouvernement en notre compte en tenant compte de quelques mesures spécifiques.

Pour les besoins de la cause, je vous résumerai comme suit : premièrement, assister les familles des enfants handicapées dans l’accès aux services d’éducation et en santé ; deuxièmement, inscrire l’accessibilité des personnes handicapées aux édifices publiques parmi les normes de construction et d’habitat ; trois, couper à jamais la chaîne d’exploitation des enfants handicapés à travers la mendicité et de tout prétendu soutien des ménages ; quatre, offrir des bus de ramassage des élèves à l’école des aveugles et à l’école des sourds-muets », a-t-il notamment exhorté.

Dans son discours réponse, le président Alpha Condé a dit avoir entendu les doléances des personnes vivant avec un handicap. Tout en invitant les membres du gouvernement et les partenaires techniques et financiers à prendre en compte ces préoccupations, le Chef de l’Etat guinéen a promis de s’investir dans la restauration de la dignité des personnes handicapées de son pays.

« J’ai bien pris note des doléances exprimées par votre porte-parole. A ce titre, j’enjoins le gouvernement et les partenaires techniques et financiers, les secteurs public et privé à inscrire la question des handicapées parmi les priorités. Le problème d’handicap est transversal. Aussi, j’invite tous les départements ministériels concernés ainsi que les collectivités locales à jouer leur partition pour la prise en compte de la dimension du handicap dans toutes les planifications ainsi que dans la formulation des projets de développement », a déclaré le président Condé.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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Législatives 2020 : début de l’enrôlement des électeurs à Bamako

3 décembre 2019 à 21 09 40 124012

En prélude aux élections législatives de février 2020, la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI) s’active sur le terrain. A l’extérieur du pays, les opérations d’enrôlement des électeurs ont débuté dans beaucoup de pays. C’est le cas à Bamako, dans la capitale du Mali, où la CENI a démarré ses travaux dans les différents quartiers ce mardi, 3 décembre 2019, rapporte Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Les opérations d’enrôlement des électeurs ont débuté ce mardi 3 décembre à Bamako dans la perspective des élections législatives du 16 février 2020. Au quartier Madinakoura, où est situé le consulat de la Guinée dans ce pays, les inscriptions ont effectivement démarré.

Selon Modibo Kéita, un responsable de l’Organe de Gestion des Elections (OGE), tout se passe bien pour cette première journée. « Nous avons bien commencé les opérations d’enrôlement. Nous souhaitons que ça aille dans des conditions pareilles. Vous savez, nous avons des points où les guinéens peuvent se faire enrôler dans des quartiers comme Djicoroni para, Sébénikoro, Kanadjiguila, Kati… Et nous avons aussi d’autres pays comme Niamey, au Niger, et au Burkina Faso. Donc, le climat est bon. Les électeurs viennent, même s’ils ne sont pas nombreux d’abord. Mais, nous sommes là pour quatre jours », a fait savoir monsieur Kéita.

Bah Mamadou Oury, le premier à s’être fait enrôlé, a dit sa joie avant d’inviter ses compatriotes à venir faire comme lui. « Je suis très content d’être enrôlé ici. Je vois que les gens ne sont pas si intéressés. Mais, j’invite tous les guinéens à venir se faire enrôler pour participer à l’élection. Tout va bien quand même, et je pense que ça va continuer comme ça. Je déplore ensuite le léger retard pour le commencement, car on a commencé à 11h », a dit Mamadou Oury Bah.

D’autres quartiers ont également enregistré du retard dans le démarrage des opérations, notamment à Nyamakoro où se situe l’ambassade de la Guinée.

Depuis Bamako, Moussa Oulen Traoré pour Guinematin.com

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Afrique : les formations utiles au développement local

3 décembre 2019 à 21 09 25 122512

Vous êtes préoccupés par le futur de vos territoires, vous souhaitez faire des études utiles à votre pays, vous avez l’ambition de booster le développement économique local de vos communes et régions, vous souhaitez étudiez et trouver rapidement de l’emploi, vous aimeriez créer votre propre entreprise rurale… Voici quelques filières de formation que je vous conseille.

Suivez ces formations diplômantes dans les écoles professionnelles de votre pays (s’il en existe) ou dans votre sous-région.

Si possible, commencer par le cycle moyen (niveau techniciens supérieurs) et après quelques années de pratiques professionnelles (4 à 7 ans), cherchez à aller poursuivre vos études dans les universités ou instituts supérieurs spécialisés pour obtenir des diplômes d’ingénieurs.

Ces filières constituent aujourd’hui les formations qui feront l’avenir de nos territoires et de nos pays demain.

1- Entrepreneuriat rural
2- Mise en place et développement de chaînes de valeurs agricoles et artisanales
3- Électrification solaire
4- Systèmes d’adduction d’eau potable, notamment à travers l’énergie solaire
5- Gestion des coopératives agricoles
6- Gestion du tourisme solidaire en milieu rural
7- Finances publiques locales
8- Agrobusiness et développement durable
9- Santé communautaire
10- Éveil, éducation et protection des enfants
11- TIC et métiers ruraux
12- Techniques de gestion post récoltes
13- Techniques de transformation agroalimentaire
14- Génie rural & techniques de conservation des eaux de ruissellement
15- Les techniques de mobilisation et de médiation sociales
16- L’économie sociale et solidaire
17- Gestion et audit organisationnel et comptable des entreprises rurales
18- Techniques du journalisme sur les métiers ruraux
19-Techniques de vente des produits agricoles et artisanaux
20- La gestion foncière et l’aménagement rural
21- Les techniques de conservation de sols
22- Etc.

L’avenir du continent réside dans le secteur primaire. Pour faire face aux besoins de plus en plus croissants des populations africaines, les bras valides n’auront pas de choix que de faire le chemin inverse : l’exode urbain. C’est à dire retourner dans les territoires ruraux et gérer les potentialités économiques locales : agriculture, élevage, artisanat, tourisme, …

Algassimou DIALLO
Expert Polyvalent en Développement
Passionné des activités économiques locales

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Droits de l’Homme : le HCDH organise un colloque international à Conakry

3 décembre 2019 à 21 09 05 120512

Le bureau du Haut-Commissariat des Droits de l’Homme en Guinée a ouvert un colloque international sur les droits de l’homme ce mardi, 03 décembre 2019, à Conakry. Organisée à l’université Kofi Annan de Guinée, la rencontre va durer deux jours. Elle réunit de nombreux acteurs qui vont se pencher sur la question des droits humains dans le pays, a constaté Guineematin.com à travers un de ses reporters.

C’est sous le thème « Participation inclusive à la justice, à la cohésion sociale et au développement durable en Guinée » que ce colloque se tient. Les travaux regroupent des enseignants-chercheurs, des étudiants, des organisations de la société civile, des médias et des représentants du gouvernement dans un milieu académique. Ils vont réfléchir aux contributions et à l’opérationnalisation des droits de l’homme mais aussi sur d’autres sujets d’actualité.

Patrice Vahard, représentant et chef de bureau du Haut-Commissariat des Droits de l’Homme

Selon Patrice Vahard, représentant et chef de bureau du Haut-Commissariat des Droits de l’Homme en Guinée, « il était devenu très important à ce moment précis de la vie de la Guinée que les intellectuels, le monde académique contribuent aussi au débat en énonçant les principes, les valeurs qui doivent rassembler les Guinéennes et les Guinéens. Nous, nous attendons d’abord à ce que cet échange permette de former les esprits, d’impacter l’esprit non seulement des étudiants mais tous ceux qui, à travers les médias, vont suivre ce colloque pour participer de façon constructive à la paix et la stabilité dans ce pays. La paix, la stabilité et le développement sont les piliers même de tout ce qu’on fait en matière de droits de l’homme », a-t-il dit.

En ce qui concerne la participation des universités à ce colloque international des droits de l’homme, le représentant de l’institution onusienne en Guinée a évoqué une série de suggestions d’accords avec ces institutions d’enseignement supérieur. « La recherche est le parent pauvre de la plupart des universités africaines, c’est-à-dire qu’on n’investit pas suffisamment dans la recherche. Donc pour nous, c’est important de créer un cadre d’échange interuniversitaire avec l’appui du Système des Nations Unies et le Haut-Commissariat aux Droits de l’Homme pour pousser la recherche dans différents domaines.

Les thèses, les mémoires des étudiants et des enseignants-chercheurs, on a mis en place un comité scientifique pour échanger là-dessus, pour voir comment est-ce que tout cela peut être partagé aujourd’hui sous forme de publication. Nous avons pensé aussi à mettre en place une base de données des enseignants-chercheurs qui permettrait de capitaliser les ressources humaines guinéennes dans le cadre des consultances, dans le cadre des animations comme personnes ressources parce que les Nations Unies mettent aussi l’accent sur le renforcement des capacités. J’espère que beaucoup d’enseignants vont se joindre à ces bases de données interuniversitaires pourvu simplement qu’on ait de la connaissance qu’on veut partager.

De créer des clubs droits de l’homme au sein des universités qui le veulent. Voir comment est-ce que les étudiants en fin de cycle qui font des mémoires peuvent faire des stages ou des recherches au sein du Système des Nations Unies et au sein du Haut-Commissariat aux droits de l’homme. Et enfin, on a décidé de faire en sorte que le colloque qui commence à Kofi Annan ne se termine pas à Kofi Annan. C’est-à-dire que de manière périodique au moins une fois dans l’année, nous allons être accueillis par l’une des universités sur des thématiques pas les mêmes d’aujourd’hui mais qu’on aurait identifiées », a fait savoir Patrice Vahard.

N’Famara Camara, secrétaire général du ministère de l’Unité nationale et de la Citoyenneté

Représentant le ministre de l’Unité nationale et de la Citoyenneté à cette cérémonie, N’Famara Camara, secrétaire général dudit département, a rappelé les obligations de l’Etat dans le cadre de la promotion et de la protection des droits de l’homme dans notre pays. « L’Etat doit assumer ses trois obligations en matière des droits de l’homme. L’obligation de respecter, de protéger et de réaliser les droits de l’homme. Mais aussi, les citoyens dans la construction du processus démocratique doivent se sentir responsables et doivent se sentir détenteurs d’une portion de puissance pour contribuer à l’instauration de ce processus démocratique.

Mais malheureusement chez nous, d’un côté nous avons des institutions qui se battent pour exister, de l’autre côté nous avons des forces contraires qui essayent de poser des problèmes. Et ça c’est très difficile parce que nous n’obéissons pas à un processus classique de construction d’un Etat de droit. Un Etat de droit se construit toujours avec des institutions suffisamment fortes qui sous-tendent le processus. Malheureusement, dans les pays africains, on veut non seulement faire des institutions fortes mais aussi faire la démocratie », a fait remarquer le secrétaire général du ministère de l’Unité nationale et de la Citoyenneté.

Prenant part, en tant que paneliste, à ce colloque international sur les droits de l’homme, Elhadj Ousmane Souaré, administrateur général de l’Université de Simbaya (UNISIM) et membre du groupe national de contact pour le dialogue et la paix en Guinée, a mis l’accent sur le thème portant sur la participation inclusive à la justice, à la cohésion sociale et au développement durable en Guinée.

Elhadj Ousmane Souaré, administrateur général de l’Université de Simbaya (UNISIM)

« Il y a des dispositions de la Constitution guinéenne de 2010 qui consacrent plusieurs passages pour la défense des droits humains notamment le préambule, notamment l’article 5 qui dit que la vie et la dignité humaines sont sacrées et que l’Etat a le devoir de les protéger. L’article 25 donne un long passage sur la promotion des droits en Guinée et que le monde enseignant devrait pouvoir se saisir pour pouvoir insérer cette disposition constitutionnelle dans les programmes d’enseignement tant à l’université que dans le monde scolaire.

C’est là où normalement le système éducatif devrait s’y pencher pour pouvoir matérialiser ce que le législateur a prévu. Donc, il y a toute une matière à travailler pour le monde éducatif. Un autre aspect, c’est ce lien entre le monde académique et le monde politique. Nous avons pensé qu’il est intéressant que la Guinée procède comme d’autres pays le font, de faire en sorte qu’il y ait une consultation régulière sur toutes les questions d’intérêt national, que le politique saisisse l’intellectuel notamment le scientifique pour apporter un éclairage à ces questions ».

A noter que les institutions d’enseignement supérieur qui prennent part à cette rencontre sont : l’Université Kofi Annan de Guinée, l’Université Barack Obama, l’Université Mohamed V, l’Université de Simbaya, l’Université Général Lansana Conté de Sonfonia et l’Université Catholique de l’Afrique de l’Ouest (UCAO).

Siba Guilavogui pour Guineematin.com

Tel : 620 21 39 77/ 662 73 05 31

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DPJ : suspendu pour « faute lourde », Malick Koné est remplacé par Aboubacar Fabou Camara

3 décembre 2019 à 20 08 57 125712
Abdoul Malick Koné, ancien directeur central de la police judiciaire

Accusé d’avoir commis une « faute lourde », Abdoul Malick Koné avait été suspendu le dimanche 13 octobre dernier. Dans la soirée de ce mardi, 03 décembre 2019, le président Alpha Condé a nommé Aboubacar Fabou Camara à la tête de la Direction centrale de la police judiciaire (DPJ), en remplacement de Malick Koné…

Nommé Directeur national de la police judiciaire le 19 juillet 2018, en remplacement du commissaire divisionnaire de police Abdoul Gadiri Condé, Abdoul Malick Koné a sauté peu avant l’interpellation de son jeune frère, le vice-maire de la commune de Matam et patron de la jeunesse de l’UFR, Badra Koné. Certains avaient même cité la tentative ratée de cette arrestation comme cause de l’énervement de Sékhoutouréya qui aurait motivé sa suspension.

En tous les cas, Badra Koné a été arrêté, emprisonné, jugé et condamné, avant de bénéficier d’une liberté provisoire de la Cour d’Appel de Conakry, en attendant le verdict qu’on espère plutôt clément. Comme on le sait, ces interpellations des leaders de la société civile et des jeunes de l’opposition sont consécutives au rejet de l’écrasante majorité des Guinéens du projet pouvoir actuel de changer la constitution pour adopter une nouvelle qui permettrait au président Alpha Condé de rester au pouvoir après son dernier mandat.

A suivre !

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Lutte contre l’immigration irrégulière : l’OIM et l’ISIC de Kountia signent un mémorandum d’entente

3 décembre 2019 à 19 07 55 125512

L’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM) et l’Institut Supérieur de l’Information et de la Communication (ISIC) ont signé ce mardi 3 décembre 2019, un mémorandum d’entente. La démarche vise à mettre d’un certificat « Migration et ODD », destiné à former 25 étudiants sur les questions migratoires en partenariat avec l’UNESCO. C’est la salle de conférence de l’OIM, à Donka, qui a servi de cadre à cette cérémonie, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Selon nos informations, ce programme de formation qui associe l’Organisation des Nations Unies pour l’Education, la Science et la Culture (UNESCO) vise à intéresser et à spécialiser des acteurs des médias, de la société civile et les chercheurs « sur la thématique migratoire et les opportunités existant en Guinée ».

Michael Asima

Dans son intervention, le Programme Manager de l’OIM, Michael Asima, est revenu sur les raisons d’une telle initiative. « Cette signature entre l’OIM et l’ISIC d’un mémorandum pour la mise en place d’un certificat Migration et Objectifs du Développement Durable est une action qui s’inscrit dans le cadre du renforcement des capacités des acteurs des médias et de la société civile entrepris par l’OIM, à travers ses différents projets pour stimuler leur intérêt pour la migration et les ODD. Chers partenaires, permettez-moi de profiter de cette opportunité qui m’est offerte aujourd’hui, de rappeler que nous restons tous mobilisés dans la prévention de la migration irrégulière et des dangers qu’elle engendre, consciente que celle-ci passe par une communication professionnelle et maîtrisée des journalistes et des acteurs de la société civile dans ce domaine précis », a laissé entendre le Programme Manager.

Ainsi, Michael Asima a tenu à rappeler la synergie qui a conduit à une telle initiative et les personnes bénéficiaires. « C’est pour cela que dans une approche Unis dans l’Action, l’OIM et l’UNESCO collaborent avec l’Institut Supérieur de l’Information et de la Communication (ISIC) pour la mise en place d’un programme de formation théorétique et pratique d’une durée de 6 mois pour 25 étudiants sur les questions migratoires ».

Pr Djénabou Barry

Prenant la parole, la directrice générale de l’Institut Supérieur de l’Information et de la Communication (ISIC) de Kountia, Pr Djénabou Barry, a dit sa joie de voir une telle initiative naître avant de souhaiter sa continuation. « Ce jour, l’Institut Supérieur de l’Information et de la Communication et l’Organisation Internationale pour les Migrations en Guinée, en collaboration avec l’UNESCO, vont signer un mémorandum d’entente concernant la mise en place d’un Certificat Migration et ODD, sur la question d’établir un cadre de coopération dans des domaines d’intérêt commun de partenariat , dans le but de promouvoir un traitement professionnel sur des questions de Migration et des Objectifs du Développement Durable. A cet effet, nous sommes très fières de ce partenariat et au nom de tous les cadres et étudiants de l’ISIC, nous espérons que ce certificat ne sera pas une finalité en soi, mais plutôt, le train de départ pour une approche professionnelle concernant les questions de migration. Donc, si j’ose dire, c’est vraiment une innovation et l’ISIC est très fier de porter de ce programme », a laissé entendre Pr Djénabou Barry.

Léon Kolié pour Guineematin.com

Tél : 661 74 99 64

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Kindia : la journée mondiale des personnes handicapées passe inaperçue

3 décembre 2019 à 19 07 34 123412
Abdoulaye Momo Camara, Secrétaire général de l’association

La journée internationale des personnes handicapées est célébrée le 03 décembre de chaque année, depuis 1992. La démarche vise à faire prendre conscience aux handicapés que leur infirmité n’est pas une fatalité et à inciter les décideurs à agir pour leur prise en charge. Si à Conakry la fête a été célébrée avec faste, il n’en est pas le cas à Kindia où les handicapés regroupés en association ont exprimé leur déception, rapporte un des correspondants de Guineematin.com basé dans la préfecture.

Les handicapés de Kindia sont regroupés en association depuis le 16 février 1991, une structure dénommée Association Guinéenne pour la Formation et la Réinsertion Sociale des personnes handicapées (AGFRIS) de Kindia. Elle est née de la volonté d’aider les infirmes à se réinsérer et à ne pas vivre de mendicité.

Malheureusement pour cette année, la fête est passée inaperçue à Kindia. Une situation dénoncée par Abdoulaye Momo Camara, le secrétaire général de l’association. « Vraiment, c’est regrettable. Parce qu’aujourd’hui, c’est un jour remarquable pour les personnes handicapées du monde entier. Mais nous ici à Kindia, on n’a pas pu fêter dû au manque de financement aussi et surtout, par la faiblesse de la directrice régionale de l’action sociale de Kindia, madame Aicha Bah. Pour quoi je dis ça, parce que nous relevons de cette dame. Mais, ça fait très longtemps qu’elle ne nous donne pas l’occasion de nous exprimer devant elle. Même pour ce concept, on a tenté mais en vain. Comme elle à refusé qu’on la rencontre, nous avons aussi jugé utile de rentrer en contact avec le directeur national de l’action sociale à Conakry, monsieur Traoré, pour voir s’il peut nous aider à fêter à Kindia. Mais, il nous a dit que notre budget n’est même pas voté. Et pourtant, le handicap n’est pas une fatalité. Donc vraiment, c’est une chose regrettable pour les personnes handicapées de Kindia. Seule madame la gouverneure nous vient en aide parfois. Mais, le préfet et autres, non », a regretté Abdoulaye Momo Camara.

Pourtant, les handicapés ont tout essayé pour que la fête soit célébrée à Kindia, mais sans succès. « Aujourd’hui, c’est la journée internationale des personnes handicapées. On a tout fait pour que cette fête se passe très bien ici, mais impossible. On a parcouru certains départements, rencontré certaines autorités pour expliquer le bien-fondé de la journée. Mais, personne ne nous a dit quelque chose qui nous tient à cœur ou plutôt pour nous soutenir. Donc, si vous nous voyez calmes ici comme ça, c’est parce que nous sommes désespérés car les autorités ne veulent pas nous aider et on n’a pas les moyens pour financer nos activités », a laissé entendre monsieur Camara.

Depuis la démolition de leur centre par un opérateur économique en complicité avec les autorités locales, dit-on, les 107 handicapés de Kindia sont complètement dispersés. Nombre d’entre eux ne savent plus quoi faire.

De Kindia, Mohamed M’bemba Condé pour Guineematin.com

Tél. : 628 51 88 88

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Fassou Gomou : Dadis ne peut rester à Ouaga et aider le RPG en Guinée forestière

3 décembre 2019 à 16 04 16 121612

Fassou Goumou, qui a démissionné récemment du RPG Arc-en-ciel et même de son poste de conseiller communal à la mairie de N’Zérékoré, a animé un point de presse ce mardi, 03 décembre 2019, dans la ville. Il a annoncé que des cadres du pouvoir veulent utiliser l’ancien dirigeant guinéen, Moussa Dadis Camara, pour battre campagne dans cette région lors des élections législatives à venir.

L’opposant prévient que les auteurs d’une telle initiative seront les seuls responsables des conséquences que cela pourrait engendrer, rapporte le correspondant de Guineematin.com à N’Zérékoré.

Fassou Goumou

« On a entendu que des gens veulent aller prendre la voix de Dadis au Burkina Faso pour venir battre campagne ici dans la région forestière. Donc, nous appelons tout un chacun à la responsabilité et à préserver la paix. Et nous mettons Dadis Camara lui-même en garde. Tout ce qu’il va dire, si ça crée des troubles ici et que ça perturbe la quiétude sociale, il sera le seul responsable… Nous sommes en paix ici, on ne veut pas de problèmes ici. Ce qui est passé est passé. Mais, on ne veut plus que quelqu’un prenne la voix de Dadis Camara pour venir battre campagne ici. Et si par hasard Dadis parle et qu’on envoie sa voix ici pour faire la campagne, l’intéressé qui viendra avec sa voix ici et Dadis lui-même seront responsables de ce qui pourrait arriver comme conséquences », a-t-il déclaré.

Pour ce nouveau membre du Front National pour la Défense de la Constitution, Dadis Camara doit rentrer en Guinée et voir la réalité sur le terrain pour pouvoir parler des problèmes de sa région d’origine. Une région dans laquelle le chef de la junte militaire qui a pris le pouvoir à la mort du président Lansana Conté est encore très populaire. « Si Dadis Camara veut parler des problèmes de la Guinée forestière, il doit venir ici et non Ouagadougou. Et celui qui sait que Dadis est important et qu’il est écouté dans région, la personne n’a qu’à l’envoyer ici, on va échanger avec lui et voir ce qui est bon et ce qui n’est pas bon. Mais comment tu peux être au Burkina Faso pour résoudre les problèmes que tu ne connais pas ? Nous ne sommes pas d’accord avec ça parce que lui-même, il ne connait pas les problèmes de la forêt », a dit Fassou Goumou.

Ce dissident du parti au pouvoir s’interroge par ailleurs, sur les raisons de l’arrivée de beaucoup de ministres ces derniers jours dans la ville de N’Zérékoré.

De N’Zérékoré, Foromo Gbouo Lamah pour Guineematin.com

Tel. +224620166816/666890877

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Viol sur mineure : le procureur réclame 10 ans de prison contre le présumé auteur

3 décembre 2019 à 16 04 00 120012
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Un jeune, poursuivi pour viol sur mineure, a comparu ce mardi, 03 décembre 2019, devant le tribunal de première instance de Dixinn. Aboubacar Siddy Diallo est accusé d’avoir abusé de A. Y. B, qui avait 17 ans au moment des faits. Le procureur a requis 10 de réclusion criminelle contre l’accusé, a constaté un reporter de Guineematin.com qui était sur place.

Le viol en question se serait produit le 25 avril 2017, au quartier Carrière, aux environs de 22 heures. Selon l’accusation, A.Y. B, couturière de profession, a quitté l’atelier où elle travaille pour rentrer à la maison. En cours de route, elle a rencontré le nommé Aboubacar Siddy Diallo, qui l’aurait violée. Arrêté le même jour et placé sous mandat de dépôt, l’accusé est passé à la barre pour s’expliquer.

Il a reconnu avoir des rapports sexuelles avec la plaignante, mais assure que cette dernière était bien consentante. Pour lui, il ne s’agit nullement d’un viol. « J’ai effectivement eu des rapports sexuels avec elle (la plaignante, ndlr), mais elle était consentante. C’est sous le hangar ou on prépare le thé qu’on est passé à l’acte. Mais, je ne l’ai pas forcée, elle était consentante », a-t-il laissé entendre.

Après les explications de l’accusé, le greffe a fait lecture de l’ordonnance de renvoi. Ordonnance dans laquelle la plaignante, absente à cette audience, a déclaré qu’elle a été violée sous la menace d’un couteau et que son téléphone a été retiré par son violeur. Selon elle, ce sont ces cris qui ont alerté l’entourage et des gens sont venus arrêter son violeur pour le mettre à la disposition des services de sécurité. Elle précise qu’elle n’était pas vierge au moment du viol et que son violeur n’était pas son petit ami.

Prenant la parole pour ses réquisitions, le procureur Boubacar I Bah a souligné que la victime était mineure au moment des faits. « Donc elle ne peut pas consentir. Ensuite, Aboubacar Siddy Diallo a retiré son téléphone par la force. Et ce sont les cris de détresse qu’elle a poussés qui ont alerté l’entourage. Tout cela prouve qu’elle a été violée sous la menace et la contrainte », soutient le représentant du ministère public. C’est pourquoi, il a demandé au tribunal de retenir l’accusé dans les liens de la culpabilité de viol en le condamnant à 10 ans de réclusion criminelle.

De son cote, maître Michel Labila Sonomou, l’avocat de la défense, a plaidé coupable en sollicitant que le tribunal accorde de larges circonstances atténuantes à son client. Car, dit-il, « C’est sa première fois de faire ça ».

Après avoir écouté toutes les parties, le tribunal a mis l’affaire en délibéré pour décision être rendue le 17 décembre 2019.

Saïdou Hady Diallo pour Guineematin.com

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Conakry : des responsables et employés de MTN-Guinée sensibilisés sur le VIH/SIDA

3 décembre 2019 à 15 03 33 123312

L’humanité a célébré le dimanche dernier, 1er décembre 2019, la journée internationale de lutte contre le VIH/SIDA. C’est dans cette dynamique que la société de téléphonie mobile MTN-Guinée a mis à profit la journée du lundi, 2 décembre 2019, pour organiser plusieurs activités à son siège à Kaloum. Il a notamment été question de dépistage volontaire des employés et d’une séance de sensibilisation sur la pandémie, constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

C’est dans le cadre de la lutte contre le VIH/SIDA que MTN-Guinée a organisé cette série d’activités dans ses locaux. La journée fut chargée et riche en enseignement pour les responsables et employés de MTN-Guinée.

Une projection vidéo dans la salle de conférence a permis aux participants de réaliser le drame provoqué par le VIH/SIDA et le taux de séroprévalence à travers la Guinée. Selon les statistiques contenues dans cette projection, il y a quelques 132 638 personnes qui vivent avec la maladie en Guinée. Le nombre d’infection est estimé 7 200 personnes par an, alors que le nombre de décès liés à la maladie est de 4400 personnes chaque année.

Dr Chaloub Souleymane, médecin en service à Médecin Sans Frontière

Par ailleurs des séances de sensibilisation ont été organisées au profit du personnel de MTN-Guinée. Selon Dr Chaloub Souleymane, médecin en service à Médecin Sans Frontière (MSF), plusieurs thématiques ont été développées au cours de ladite sensibilisation. « La première thématique, c’est que nous avons jugé nécessaire que le personnel du MTN sache l’ampleur du VIH/SIDA en Guinée et dans le monde, qu’il sache également quels sont les moyens de transmission et quels sont les moyens qui existent pour prévenir. L’une des choses sur lesquelles nous avons insisté, c’est la stigmatisation. Quelqu’un qui est infecté ne doit pas être mis à l’écart. A travers cette séance de sensibilisation, ils ont su quels sont les moyens de transmission du VIH/SIDA », a-t-il dit.

Pokpa Ghoulamou, directeur intérimaire des ressources humaines de MTN/Guinée

Pour sa part, Pokpa Ghoulamou, directeur intérimaire des ressources humaines de MTN/Guinée est revenu sur les raisons de la mobilisation. « Cette initiative est notre manière de contribuer à cette journée internationale de lutte contre le SIDA. MTN emploie beaucoup de personnes, dans le cadre du bien être de nos employés, nous nous sommes dit qu’il fallait participer à cette journée de lutte contre le SIDA. Donc, elle a connu la participation d’un grand nombre d’employés. C’est l’occasion pour moi de leur dire merci, parce que la salle était vraiment archi comble ».

Marie Thérèse Kizerbo

Quant aux employés de MTN-Guinée, ils n’ont pas caché leur satisfaction face à cette initiative qui a leur a permis de renforcer leurs connaissances sur le VIH/SIDA. C’est le cas de Marie Thérèse Kizerbo : « en tant que participante à cette séance de sensibilisation, j’ai appris beaucoup de choses, parce que je suis intervenue, j’ai fait des erreurs sur certaines choses auxquelles je pensais avoir des réponses. Je pense que c’est très important, puisqu’on parle de communauté. Donc, il faut accentuer les sensibilisations ».

Cette séance de sensibilisation a pris fin par des questions-réponses et une petite démonstration sur comment utiliser un préservatif pour éviter de se faire contaminé par le VIH/SIDA.

Abdoulaye N’koya SYLLA pour Guineematin.com

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Soutien aux personnes handicapées en Guinée : un centre de métiers inauguré à Conakry

3 décembre 2019 à 15 03 15 121512

Organisée chaque année (depuis 1992) sur initiative des Nations Unies, la journée internationale des personnes handicapées a été célébrée ce mardi, 03 décembre 2019, en Guinée. A Conakry, cette journée a été mise à profit pour surtout rappeler les efforts déjà consentis par le gouvernement en faveur des personnes vulnérables et les conditions encore difficiles dans lesquelles vivent les personnes handicapées. Un plaidoyer a également été présenté au président de la République, Pr Alpha Condé, pour favoriser l’apprentissage et l’insertion socioprofessionnelle des handicapées. « Ceci n’est pas un don, mais un droit », dira le porte-parole des handicapées.

Venu présider cette cérémonie, le chef de l’Etat guinéen, le Pr. Alpha Condé, a demandé au peuple de Guinée de se pencher véritablement sur la situation des personnes vulnérables. Car, « personne ne souhaite avoir un handicap. Mais, c’est une volonté de Dieu… C’est pourquoi, chaque famille doit se battre pour l’amélioration des conditions de vie des handicapés. Parce que ce qui est arrivé à ton voisin peut arriver chez toi… ».

Avant de se retirer de la ‘’Cité de la solidarité’’ qui a abrité la célébration, le président Alpha Condé, en compagnie de la ministre de l’action sociale, des représentants du PNUD, a procédé à l’inauguration d’un « centre d’apprentissage de métiers » destiné aux personnes vivants avec un handicap.

A rappeler que cette journée vise à sensibiliser les uns et les autres sur les questions relatives à l’incapacité dans l’intention d’assurer les droits des handicapés.

Nous y reviendrons !

Mamadou Baïlo Keïta pour Guineematin.com

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Parlement : l’adoption du volet recettes du PLFI 2020, prévue ce mardi

3 décembre 2019 à 14 02 48 124812

L’Assemblée nationale se réunit en séance plénière ce mardi, 3 décembre 2019. La représentation nationale devrait examiner et adopter un certain nombre de textes, dont le volet recettes du projet de loi de finances initiale 2020, a appris Guineematin.com à travers un de ses journalistes.

Selon le chronogramme adopté le 16 novembre dernier, les députés vont adopter cet après-midi, le volet recettes du projet de budget de l’Etat pour l’exercice 2020 et sept autres textes. Parmi lesquels, figurent le Code de l’enfant et la Convention de concession minière signée entre la Guinée et la Société des mines de fer de Guinée.

Guineematin.com vous propose ci-dessous la liste intégrale des textes au programme.

  1. Projet de loi portant sur les Bureaux d’information sur les crédits en Guinée ;
  2. Projet de loi portant création, organisation et fonctionnement de l’Académie nationale des sciences de Guinée (ASG) ;
  3. Projet de loi portant Code de l’enfant en Guinée ;
  4. Accord de mise en œuvre du Protocole de facilitation du transport des ressources naturelles d’origines guinéennes, signé le 23 octobre 2013 entre la Guinée et le Libéria ;
  5. Accord de don entre la Guinée l’Association Internationale de Développement (IDA), signé le 29 juillet dans le cadre de l’amélioration des résultats au Préscolaire et à l’enseignement fondamental pour un montant de 50 millions US ;
  6. Accord de financement du projet de renforcement de la compétitivité des PME et l’accès au financement en Guinée (PRECOP), signé le 29 juillet entre la Guinée et l’IDA, pour un montant de 30 millions US.
  7. Convention de concession minière signée entre la Guinée et la Société des mines de fer de Guinée (SMFG), dans le cadre de l’exploitation des gisements de fer du Mont Nimba.

Abdallah BALDE pour Guineematin.com

Tél : 628 08 98 45

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Retour des députés de l’opposition au Parlement : « nous avons repris avec fierté »

3 décembre 2019 à 13 01 10 121012

Un mois et trois semaines après la suspension de leur participation aux activités de l’Assemblée nationale, les députés de l’opposition ont fait leur retour au Parlement le lundi, 2 décembre 2019. Les élus de l’UFDG et de l’UFR justifient la reprise de leurs activités par la levée de l’interdiction des manifestations en Guinée, la libération des leaders du FNDC et le report des élections législatives, qui étaient prévues initialement au 28 décembre de cette année. Interrogé par un journaliste de Guineematin.com, l’honorable Ben Youssouf Keïta dit être animé d’un sentiment de fierté.

« J’ai retrouvé des collaborateurs très engagés. J’ai retrouvé le travail parlementaire avec le sentiment d’avoir respecté la décision de mon parti d’un côté, et de l’autre, avec le sentiment d’avoir accompli un devoir dans le cadre de la lutte pour la défense de la démocratie qui nous paraissait menacée. Nous avons repris avec fierté et avec amour pour le travail », a déclaré le député de l’UFDG.

Le président de la commission santé, sports, culture et patrimoine historique de l’Assemblée nationale en a profité pour répondre à ceux qui estiment que les députés de l’opposition ont repris leurs activités parce qu’ils avaient « faim ». C’est-à-dire qu’ils avaient besoin des primes qu’ils perdaient en ne participant pas aux travaux du Parlement.

« Qu’ils arrêtent leurs affabulations. Aucun n’est revenu à cause de l’argent. Si c’était à cause de l’argent, moi qui vous parle, le 15 février 2018, j’ai été proposé pour être ministre. Mais, je n’ai pas accepté parce que ce n’est pas par la voie normale. Ce n’est pas le parti qui m’a mandaté. Imaginez-vous, comme moi, il y avait d’autres. Mais nous sommes restés droits et dignes dans nos bottes », soutient-il.

Ce retour des députés de l’opposition à l’Assemblée nationale coïncide au retrait temporaire de leurs collègues de la mouvance présidentielle. Les députés du RPG Arc-en-ciel et de ses partis alliés suspendent aussi leur participation aux travaux du Parlement à partir du 04 décembre, pour aller sensibiliser leurs militants à se faire enrôler sur la liste électorale. Une décision que Ben Youssouf Keïta qualifie de farce.

« A partir du moment où nous-mêmes nous avons décidé de suspendre nos activités pour des causes bien connues, s’ils décident de suspendre aussi, c’est de bonne guerre. Nous ne pouvons le leur reprocher bien que les raisons soient différentes. Quand nous avons suspendu notre participation, l’Assemblée a continué son travail. S’ils partent, nous aussi, on va continuer. Mais nous pensons que ce n’est pas le moment de suspendre comme ça les activités.

Puisque le gouvernement est là, les partis politiques sont là, les radios privées sont là, la société civile est là pour sensibiliser les citoyens à se faire recenser. Donc, nous trouvons que c’est une farce pour eux de suspendre leur participation aux travaux de l’Assemblée nationale pour une telle activité », a dit le député du principal parti d’opposition du pays.

Abdallah BALDE pour Guineematin.com

Tél : 628 08 98 45

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Législatives de 2020 en Guinée : les stratégies de l’ADR

3 décembre 2019 à 12 12 15 121512
Alpha Oumar Taran Diallo, président de l’Alliance démocratique pour le renouveau

Après la fixation de la date des élections législatives au 16 février 2020, les partis politiques sont à pied d’œuvre et affûtent leurs armes sur le terrain. La démarche vise à convaincre le maximum de citoyens pour espérer récolter leurs suffrages et faire partie de la future assemblée nationale. Le parti Alliance Démocratique pour le Renouveau (ADR), dirigé Alpha Oumar Taran Diallo, s’est inscrit dans cette dynamique.

Dans une interview accordée à un Guineematin.com hier lundi, 02 décembre 2019, monsieur Diallo est revenu sur les préparatifs de son parti pour les législatives, sur les villes dans lesquels son parti compte présenter des candidats et sur d’autres sujets brûlants.

Décryptage !

Guineematin.com : la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) a fixé la date des élections législatives au 16 février 2020. Comment se prépare votre parti pour cette échéance ?

Alpha Oumar Taran Diallo : on est en train d’amplifier l’installation des démembrements sur le terrain. Actuellement, nous sommes en train de travailler dans la région de Boké pour la mise en place des démembrements, des fédérations et des sections. Pas plus tard qu’hier dimanche 1er décembre, j’étais encore dans la région de Boké et je suis rentré à Conakry vers minuit. Et, ce travail-là est en train de se faire à travers tout le pays. Le week-end prochain, on sera du côté de Kamsar, de Kolaboui et de Sangarédi. Le week-end d’après, on sera dans la région de Mamou.

Guineematin.com : quelles sont les circonscriptions électorales du pays où vous entendez présenter un candidat ?

Alpha Oumar Taran Diallo : à l’uninominal nous avons déjà décidé de présenter un candidat à Dixinn, à Kaloum mais aussi un à Boffa et nous sommes en train de voir pour Boké. Les consultations continuent, nous allons voir partout où on peut présenter un candidat à l’uninominal et qu’on ait un résultat honorable. Ce qui est sûr, la liste nationale est d’ores déjà achevée. Nous estimons que d’ici le 18 décembre, on aura fini et on déposera la liste.

Guineematin.com : qui va conduire la liste nationale de l’ADR ?

Alpha Oumar Taran Diallo : c’est fort probable que c’est soit moi en tant que président du parti, mais les concertations continuent. Nous sommes en train de travailler à l’élaboration de la liste.

Guineematin.Com : c’est fort probable que ce soit vous. Quelle sera votre stratégie pour récolter un maximum de voix ?

Alpha Oumar Taran Diallo : la première des choses, c’est la rencontre porte à porte. Nous sommes sur le terrain à travers le pays, nous allons rencontrer les citoyens pour leur expliquer notre vision et les différents axes de notre programme de société. Nous avons déjà élaboré certains supports, notamment les dépliants où il y a l’adresse du parti mais aussi la vision, les objectifs et les différents axes du programme. Donc, c’est ainsi que nous sommes en train d’aller à travers tout le pays. Nous rencontrons les différentes communautés de notre pays, les catégories d’âges et socioprofessionnelles.

Guineematin.com : quelles sont vos chances de gagner dans les circonscriptions déjà ciblées ?

Alpha Oumar Taran Diallo : la première des choses, c’est l’approche que nous utilisons. C’est la politique autrement, nous allons à la rencontre des citoyens sans tambour ni trompette ; discuter sereinement des préoccupations des citoyens et leur proposer des solutions qui répondent de façon adéquate à leurs attentes. Ce discours-là est accrocheur, nous sommes en train d’avoir beaucoup de jeunes et de femmes qui aspirent à un changement véritable et qui sont en train d’accepter d’adhérer au parti mais aussi de désigner des représentants qui pourraient être sur la liste afin qu’on travaille ensemble par rapport à ces législatives.

Guineematin.com : vous comptez faire des alliances pour ces élections législatives ?

Alpha Oumar Taran Diallo : ce n’est pas à exclure mais pour l’instant nous sommes en train de travailler dans le cadre strict de l’ADR. Certainement, il y aura des contacts qui vont certainement être noués, on va discuter avec ces responsables de partis, nous allons voir si c’est à l’uninominal ou comment on le fera. Tout compte fait, nous comptons présenter une liste au nom de l’Alliance Démocratique pour le Renouveau (ADR).

Guineematin.com : avez-vous l’assurance que l’ADR fera partie de la prochaine assemblée nationale ?

Alpha Oumar Taran Diallo : nous y travaillons. Nous n’avons pas de doute quant à la pertinence du projet que nous présentons aux citoyens guinéens, au peuple de Guinée. Maintenant, le travail qu’on fera va faire en sorte que ce discours, le message là passe au près des électeurs et en cela nous sommes confiants. Nous pensons bien qu’on fera en sorte que l’ADR ait un score honorable et qu’on ait des représentants au niveau l’Assemblée nationale pour la pérennisation du parti.

Guineematin.com : quel est votre message à l’endroit des électeurs ?

Alpha Oumar Taran Diallo, président de l’Alliance démocratique pour le renouveau

Alpha Oumar Taran Diallo : la première des choses, c’est de dire à nos concitoyens de ne pas être des prestataires de service. Qu’est-ce qu’on appelle prestataire de service ? C’est qu’il y a des partis politiques qui ont des moyens, ils peuvent venir donner de l’argent, acheter les consciences des gens et après, ils n’ont pas de comptes à rendre. Quand tu as monnayé ta voix, tu n’as pas le droit de regard sur ce que fera l’élu. C’est ce qui nous arrive souvent. Alors que si tu discutes avec lui, tu lui demandes de présenter son projet, quelle est sa vision, qu’est-ce qu’il propose pour changer ta situation et en ce moment-là, il y a un contrat moral qui est en train de s’établir et ça te donne tous les droits de l’interpeller si au moment de l’exécution du projet il ne fait pas ce qu’il avait promis. En ce moment-là, vous pouvez lui demander de vous rendre compte de ce qu’il a fait de la voix que vous lui aviez donnée. Donc, nous devons faire en sorte que les candidats nous présentent des projets et on échange là-dessus. Deuxièmement, c’est de leur dire d’aller se faire enrôler. Il y a des problèmes qui se posent au niveau des lieux d’enrôlement mais ça ne doit pas les décourager. Ils doivent faire en sorte qu’ils s’enrôlent pour qu’ils puissent voter. Parce qu’il ne sert à rien de courir, de crier, d’applaudir un candidat si vous ne pouvez pas le jour du vote aller déposer le bulletin. D’ailleurs c’est un devoir civique parce que si vous ne participez pas au choix de ceux qui vous représentent, vous serez mal représentés. Donc, j’exhorte fortement nos concitoyens à aller s’enrôler pour avoir leurs cartes d’électeurs afin que le jour j, ils puissent participer à la prise de décision pour les destinées de notre pays.

Guineematin.com : à l’orée de ces élections législatives, le contexte sociopolitique est marqué par les marches pacifiques du FNDC. Quel est votre regard sur les activités de cette entité opposée à l’idée d’une nouvelle constitution ?

Alpha Oumar Taran Diallo : je n’ai pas un jugement à donner à ce niveau-là, sauf que s’ils manifestent, la constitution leur confère ce droit. Tout citoyen qui est soucieux du bien-être de sa population se bat pour défendre les lois de la République. Parce que ce sont ces lois-là qui nous protègent. C’est ce qui fait qu’ils sont dans leur plein droit. On peut avoir une autre stratégie. Mais qu’à cela ne tienne, chacun a le droit, selon les prescriptions de la constitution, d’organiser des manifestations à travers tout le pays et défendre son point de vue…

Interview réalisée par Siba Guilavogui pour Guineematin.com

Tél. : 620 21 39 77/ 662 73 05 31

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Siguiri : le nouveau procureur promet de « combattre l’impunité »

3 décembre 2019 à 12 12 07 120712

La cérémonie de passation de services entre le procureur sortant de Siguiri et son successeur a eu lieu hier, lundi 02 décembre 2019. Elle a réuni dans les locaux du tribunal de première instance de la ville, les autorités préfectorales, communales, des responsables de l’appareil judiciaire et des services de sécurité de Siguiri, a constaté le correspondant de Guineematin.com sur place.

Le procureur sortant, Algassimou Diallo, a mis l’occasion à profit pour présenter son bilan à la tête du parquet de cette ville.

Algassimou Diallo

« Pendant 15 mois, mon substitut et moi avons travaillé de manière à obtenir des résultats. Ces résultats, bien que n’atteignant pas la totale satisfaction de la population au nom de laquelle la justice a été rendue, sont au regard des difficultés quasi-quotidiennes, très élogieux. Au cours de ces 15 mois, mon parquet a engagé 792 poursuites qui ont abouti à 461 jugements, dont 431 au correctionnel et 30 au criminel. Ce qui a hissé le tribunal de première instance de Siguiri à un rang très élevé, si ce n’est pas le plus élevé par rapport à la moyenne régionale. Cela a permis aussi de faire baisser le taux de criminalité qui était jusque-là galopante et à redonner une certaine confiance des justiciables en leur justice », s’est félicité l’ancien procureur de la République de Siguiri, muté dans les mêmes fonctions à Pita.

Aminata Kaba

De son côté, Amiata Kaba, le procureur entrant de Siguiri, a annoncé que sa mission est de comprendre l’impunité et faire en sorte que la justice fasse son travail. « Nous sommes venus pour combattre l’impunité, rechercher les délinquants et les traduire devant le tribunal. Dans un État où la loi ne s’applique pas, c’est la justice populaire qui prendra le dessus. Les délinquants ne sont pas logés en brousse, ils sont logés dans les familles, dans les quartiers. Donc j’invite la population à une collaboration avec les services de sécurité et la justice », a lancé le magistrat.

Deuxième ville la plus peuplée de Guinée selon le dernier recensement général de la population, la préfecture de Siguiri qui regorge de nombreuses mines d’or, fait face à un taux élevé de délits et de crimes. Ce qui fait que la justice y est très sollicitée.

De Siguiri, Bérété Lancéï Condé pour Guineematin.com

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Kankan : le dépistage volontaire du Sida n’attire pas du monde

3 décembre 2019 à 11 11 47 124712

Cette année, aucune activité officielle n’a été organisée à Kankan, à l’occasion de la journée internationale de lutte contre le VIH/SIDA, commémorée le dimanche, 1er décembre 2019, à travers le monde. L’événement a été reporté à une date ultérieure, a appris Guineematin.com, à travers son correspondant local.

Cette journée est l’occasion de faire le point de la situation de cette épidémie et de la lutte engagée pour stopper sa propagation. Mais à Kankan, le constat n’est pas reluisant. Car le dépistage, facteur fondamental dans la lutte contre cette maladie, est très peu pratiqué dans cette ville qui comprend de nombreuses personnes atteintes du Sida.

« Au niveau du centre de dépistage volontaire, les gens ne viennent pas massivement. Ils ne viennent pas d’eux-mêmes. Tu peux même proposer le test à un patient, difficilement il va l’accepter », explique Dr Sampou Mamy, responsable de la prise en charge des PV/VIH au centre de traitement des épidémies de l’hôpital régional de Kankan. Elle ajoute que « c’est au cours des consultations que nous observons et nous demandons des examens par rapport au VIH/SIDA. Parce que c’est quand les gens sont malades qu’ils viennent à l’hôpital, ils ne viennent pas faire le dépistage à temps. Et le plus souvent, la prise en charge devient compliquée quand tu viens tardivement », a dit cette spécialiste de la question.

C’est pourquoi, elle sollicite une plus grande sensibilisation des citoyens de Kankan pour qu’ils comprennent l’importance du dépistage volontaire du Sida. « C’est à la population d’être consciente que la maladie du VIH/SIDA existe bel et bien et d’accepter de venir vers les structures sanitaires. Les leaders d’opinions, les animateurs communautaires, doivent sensibiliser par rapport au dépistage. C’est eux qui sont directement en contact avec la population. Le dépistage, c’est gratuit, la prise en charge aussi. Il faut venir à l’hôpital, faire son dépistage au lieu de dépenser de grosses sommes d’argent dans les cliniques », a lancé Dr Sampou Mamy.

Avec une population d’un million d’habitants, la ville de Kankan compte plus de 3 000 personnes porteuses du VIH/SIDA, selon les statistiques de 2018. Parmi ces séropositifs, à peine 2000 suivent régulièrement le traitement.

Abdoulaye N’koya SYLLA pour Guineematin.com

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Enrôlement des électeurs, préparatifs des législatives : Mohamed Kaba à Guineematin

3 décembre 2019 à 11 11 42 124212
Mohamed Kaba, Coordinateur du parti PADES

Dans un entretien qu’il a accordé à Guineematin.com hier, lundi 02 décembre 2019, Mohamed Kaba, le coordinateur national du parti des démocrates pour l’espoir (PADES), s’est exprimé sur les opérations de révision des listes électorales en cours en Guinée. Ce responsable du parti dirigé par Dr Ousmane Kaba dénonce des dysfonctionnements qui ne sont pas de nature à conduire à des élections crédibles dont les résultats seront acceptés des compétiteurs politiques.

Décryptage !

Guineematin.com : les opérations d’enrôlement des électeurs se poursuivent actuellement sur le terrain. Quelle lecture le PADES peut-il faire aujourd’hui sur le déroulement de ces opérations ?

Mohamed Kaba : Pour le moment, le constat n’est pas reluisant. Nous nous rendons compte que ces opérations d’enrôlement sont l’objet de beaucoup d’insuffisances et d’anomalies. Dans certaines localités, le processus a pris du retard sur le commencement. On constate que le matériel est souvent défectueux, les récépissés manquent à des endroits, les agents et les acteurs chargés de l’enrôlement ont des insuffisances par rapport à la manipulation des appareils. Nous avons aussi été alertés du fait que beaucoup de mineurs sont en train d’être indûment enrôlés. Le délai de 25 jours pris par la CENI, à notre avis, n’est pas adapté. Il est insuffisant dans la mesure où les six millions quarante-trois mille et quelques électeurs qui sont dans la base de données de 2015 doivent repasser devant les machines pour se faire enrôler de nouveau. Sans oublier que tous les Guinéens qui ont atteint 18 ans, c’est-à-dire l’âge légal de voter de 2016 à 2019 doivent être pris en compte. Donc, je crois que la CENI, pour faire un bon travail, doit objectivement prendre du temps pour permettre aux populations de se faire enrôler. Nous (le PADES), en ce qui nous concerne, nous avons mobilisé nos militants, nous avons passé beaucoup de communication, nous avons fait de la sensibilisation pour qu’ils aillent se faire recenser. Parce que c’est un acte citoyen et c’est important pour le processus électoral. La CENI doit donc corriger ces imperfections et faire en sorte que cette révision qui est extraordinaire se passe normalement. Parce que la loi prévoit que la révision ordinaire commence le 1er octobre et fini le 31 décembre. Donc, la loi elle-même donne à peu près trois mois cet exercice éminemment important pour le processus électoral. Parce que qui dit élection parle d’abord du fichier. Vous avez vu que la principale recommandation par rapport à l’audit du fichier électoral a été de faire venir tout le monde pour reprendre le fichier. Alors, si ce travail n’est pas fait dans les normes, avec toute la rigueur requise, il va s’en dire que nous allons retourner à la case de départ. Ce que nous, nous ne souhaitons pas.

Guineematin.com : Vous évoquez la défectuosité des machines, vous dénoncez des enrôlements de mineurs. Mais, est-ce que vous pouvez nous citer des localités cela a été observé ?

Mohamed Kaba : Evidemment ! On nous a remonté des informations venant de Kankan, venant de Conakry ici même et venant d’autres localités sur des mineurs qui sont en train d’être enrôlés. Et, vous avez suivi le communiqué du président de la CENI, Me Salif Kébé, qui ne dément pas ; mais, qui propose de prendre des dispositions pour ne pas que cela soit. Je pense qu’il faut aller au-delà de ça. Il faut faire en sorte que cet acte-là soit un acte citoyen et que la CENI mette toute la rigueur dans ce processus d’enrôlement, tout en donnant le temps nécessaire pour que l’enrôlement puisse se faire. Et, que tous les Guinéens qui ont l’âge de voter soient sur les listes électorales.

Guineematin.com : Au regard des dysfonctionnements que vous soulevez dans ces opérations de recensement, PADES compte-t-il participer aux élections législatives du 16 février 2020 ?

Mohamed Kaba : Evidemment ! Notre vocation, c’est de prendre part aux élections. D’ailleurs, le PADES a posé un acte magnanime, extrêmement important, tout au début de cette mandature (prorogation du mandat des députés à l’Assemblée nationale) décrétée par le président Alpha Condé processus. Le PADES a dit clairement que le mandat étant arrivé à échéance, il fallait organiser de nouvelles élections. Ça veut dire que nous nous inscrivons dans cette logique d’aller aux élections qui doivent départager les différents acteurs politiques. Les élections sont essentielles ; et, aujourd’hui, la voix du peuple est celle qui est prépondérante. Personne ne peut parler et agir au nom du peuple. Seul le peuple est souverain pour choisir. Et, donc, il faut faire en sorte que ces élections se fassent dans les meilleures conditions. C’est pourquoi, nous tenons à ce que les conditions des élections qui vont garantir l’acceptabilité des résultats soient les meilleures en amont. C’est extrêmement important qu’on ait des élections crédibles, transparentes ; et, que la CENI qui est l’acteur principal chargée d’organiser ces élections joue son rôle sans partie pris. Il faut qu’elle ne soit pas sous l’influence du pouvoir et qu’elle puisse, comme la loi le confère, jouer son rôle en organisant des élections de façon équitable pour tous les compétiteurs. C’est ce qui est important, c’est ce qui peut améliorer notre démocratie et faire en sorte que les résultats qui vont sortir des urnes soient acceptés par les uns et les autres. Donc, pour vous répondre de façon beaucoup plus précise, nous comptons aller aux élections et les gagner.

Guineematin.com : Le PADES ira-t-il seul à ces élections ?

Mohamed Kaba : pour le moment, nous n’avons pas encore déroulé cette stratégie. Nous sommes dans la phase de préparation de ces élections, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays. Notre président, Dr Ousmane Kaba est en tournée pour remobiliser toutes les troupes, définir la stratégie avec les différents acteurs qui sont concernés par ces élections.

A l’intérieur du pays, nous avons déjà envoyé plusieurs missions, nous sommes en train de définir cette stratégie. Mais, acceptez qu’on ne livre pas notre stratégie dans les médias.

Guineematin.com : Quelles sont les circonscriptions où le PADES voudrait présenter des candidats à l’uninominal ?

Mohamed Kaba : pour le moment, il est très tôt pour nous prononcer sur cette question. Je vous ai dit que c’est une question qui va dépendre des instances du parti ; et, il ne m’appartient pas à définir cela. Nous sommes en train de faire le tour, nous avons des missionnaires qui sont encore sur le terrain ; et, je pense qu’au moment venu, le parti va se réunir et définir les stratégies et identifier les localités où il faudrait présenter des listes uninominales.

Guineematin.com : La désignation des candidats pour ces élections est souvent une source de tension à l’intérieur même des partis politiques. Comment le PADES compte-t-il s’y prendre pour sortir uni de cette étape ?

Mohamed Kaba, Coordinateur du parti PADES

Mohamed Kaba : il y a un double aspect. Premièrement, c’est tout à fait normal pour un parti qui est en train de monter, qui est en train de recevoir beaucoup de militants, beaucoup de cadres, que chacun veuille apporter sa pierre à l’édification de notre démocratie et au développement de notre pays. Chacun veut venir à l’Assemblée nationale pour défendre l’intérêt de la Guinée, se battre pour que ce pays soit prospère et uni. Mais, il faut dire que c’est un exercice difficile que nous allons faire avec beaucoup de pédagogies, parce que naturellement, on ne pourra pas prendre tout le monde. Il faut faire des choix. Mais, ce que nous pouvons dire déjà, ce que les choix vont refléter la volonté des militants, tout en tenant compte des critères de compétences, de crédibilité des candidats qui peuvent amener le PADES à gagner ces élections. Donc, il faut que les uns et les autres comprennent cela et qu’il y ait de l’indulgence. Parce qu’on peut servir à tout poste, servir son pays à tout moment. Nous allons quand même trouver cette solution parce que nous sommes un parti de dialogue où on arrive à trouver des consensus.

Guineematin.com : dans le combat politique, la jeunesse est une force non négligeable. Mais, le constat révèle que les jeunes sont souvent mis à l’écart quand il est question d’occuper les postes de responsabilités. Comment le PADES compte-t-il procéder pour promouvoir les jeunes ?

Mohamed Kaba : c’est une question extrêmement importante. Parce qu’aujourd’hui, lorsque vous prenez la population, elle est à près de 80% constituée de jeunes. L’avenir, ce sont les jeunes. Et, le PADES a misé essentiellement sur les jeunes. Le PADES est un parti qui va vers les jeunes, qui fait de la place pour les jeunes, qui encourage les jeunes à venir à la politique pour apporter des idées nouvelles et du sang neuf. Cela a commencé avec les élections communales où la quasi-totalité de nos listes étaient composées de jeunes. Nous avons fait cela parce qu’aujourd’hui il ne s’agit pas seulement d’utiliser les jeunes. Il faut pouvoir faire de la place aux jeunes, faire en sorte que ces jeunes qui sont très dynamiques et qui constituent le fer de lance de notre développement s’approprient les commandes de notre pays.

Guineematin.com : Quel message avez-vous à l’endroit des Guinéens et en particulier les militants et sympathisants du PADES ?

Mohamed Kaba : c’est un message de mobilisation. Car, nous allons, dans les mois à venir, affronter des étapes extrêmement importantes dans la vie de notre nation. Nous voulons que les militants partent se faire recenser. Parce que c’est à cette condition qu’ils pourront changer le destin de notre pays, en faveur du PADES. Nous voulons que les jeunes qui ont perdu espoir aient espoir. Qu’ils comprennent qu’il est encore possible d’avoir une Guinée qui marche, qui est unie et où il règne la paix. Si vous avez remarqué, par désespoir, beaucoup de jeunes guinéens vont à l’extérieur dans des conditions périlleuses. Ils partent parce qu’ils n’ont pas de travail ; et, nous voulons leur ouvrir l’avenir. Surtout pas les utiliser, mais les associant, en faisant en sorte qu’ils soient les véritables acteurs du développement. Et, pour ça, nous avons le programme, la politique, les hommes et les moyens qu’il faut.

Mamadou Baïlo Keïta pour Guineematin.com

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Guinée : un Sénégalais condamné à 4 ans de prison pour escroquerie

3 décembre 2019 à 11 11 16 121612

Les cas d’escroquerie impliquant des faux marabouts sont devenus récurrents en Guinée, avec de nombreux témoignages de victimes. C’est dans la répression de ces délits qu’un marabout Sénégalais a été reconnu coupable et condamné à quatre ans de prison à Conakry, dans une affaire de plus de 16 millions de francs guinéens. Le verdict est tombé dans la journée d’hier, lundi 02 décembre 2019, au tribunal correctionnel de Dixinn, rapporte un journaliste que Guineematin.com avait dépêché sur place.

Selon nos informations, ce marabout a été mis aux arrêts à Conakry pour escroquerie en bande présumée au préjudice du Guinéen Amadou Sall. Se faisant appeler tantôt Aly Diallo, tantôt Oumarou Diallo, le présumé escroc est sous mandat de dépôt depuis le 04 octobre 2019.

Tout au long des débats, le prévenu n’a cessé de nier les faits mis à sa charge. A la barre, Aly Diallo ou Oumarou Diallo a expliqué ce qu’il sait de cette affaire. « Je suis venu du Sénégal. Arrivé à Labé, un ami Sénégalais m’a remis le numéro de téléphone d’un autre Sénégalais du nom de Hamidou Sow. Mais à Conakry, je ne connaissais personne et je n’avais aucun sous avec moi et aucune unité dans mon téléphone. C’est ainsi que j’ai demandé à Sall que j’ai trouvé au bord de la route, de m’aider à joindre Hamidou Sow. Il l’a appelé. Ce dernier lui a dit qu’il est à Samatran, après les rails, dans la commune de Ratoma. C’est ainsi qu’il m’a fait embarqué dans un taxi et il m’a offert 5 000 mille francs pour mon transport. Quand je suis arrivé à destination, j’ai appelé monsieur Sall pour le remercier pour le geste qu’il a fait pour moi. Et finalement, il a travaillé avec le marabout Hamidou Sow. Mais moi, je n’ai pas travaillé pour lui et je ne l’ai pas escroqué », a laissé entendre le prévenu.

Ensuite, c’est fut au tour de la victime de venir narrer sa mésaventure devant le tribunal. Amadou Sall a expliqué que pendant deux mois, il a été dépossédé de ses facultés mentales par ces marabouts qu’il accuse d’avoir pris avec lui plus de 16 millions de francs guinéens. « Ce jour, je cherchais un taxi au bord de la route à la Cimenterie. Il est venu me dire qu’il vient du Sénégal et qu’il n’a rien avec lui. Il me demande de l’aider à joindre son maître sénégalais qui est à Conakry. Moi même je n’avais pas d’unité. Je suis allé faire un transfert. J’ai appelé le numéro qu’il m’a remis. Au bout du fil, une voix répond qu’il s’agit de son élève, de l’aider à aller à Samatran. Je l’ai embarqué en lui offrant 5 000 FG pour son transport. A 15 heures, il m’a appelé pour me dire d’aller le trouver au niveau des rails. A mon arrivée, j’ai trouvé qu’il a mis une couronne au tour de sa tête. Il est habillé comme quelqu’un qui est revenu de la Mecque. J’ai trouvé chez lui 3 livres coraniques et une tenue militaire. Je suis sorti de chez eux complètement envoûté. Quand je suis arrivé chez moi, ils m’ont appelé en me disant de revenir avec du sucre. A mon arrivée ils ont pris le sucre, ils ont mis dans une tasse et ils m’ont demandé de mettre un billet de banque dedans. J’ai mis un billet dans la tasse. Ils m’ont dit de repartir avec le billet sans regarder derrière moi jusqu’à la maison, de garder soigneusement le billet dans une valise. Ce qui fut fait » a-t-il expliqué.

Poursuivant la narration de sa mésaventure, Amadou Sall dira que le billet en question va se transformer en bague. « La nuit, j’ai ouvert la valise et j’ai trouvé que le billet est devenu une bague rouge. Ils m’ont dit de garder. C’est une bague magique qui va protéger ma mère, mon père et moi même. Oumarou Diallo est allé dans ma maison, il a pris ma paire de sport que j’admire de plus. Je n’ai pas osé dire un mot. Tous ce qu’ils me demandaient, je donnais sans me rendre compte. Même la viande j’ai payé pour eux 3 kilogrammes ».

En outre, complètement possédé, Amadou Sall se retrouver nuitamment dans la forêt d’ENTAG, dans la commune de Matoto pour échanger avec un diable. « Là aussi, ils m’ont demandé de venir avec 3 oranges et 3 pommes. Nous sommes venus dans l’obscurité sous un arbre. Et le diable a commencé à raconter ce que je faisais il y a un mois. J’avais 4 millions de FG que je leur ai donné. J’avais 400 euros, j’ai donné ça aussi. Les deux motos que j’avais achetées à 14 millions de FG, je les ai revendus à 7 millions pour leur remettre. Pendant deux mois, j’étais envouté par eux. Et ils m’ont mis en garde de ne pas dire ça à quelqu’un, sinon je deviendrais automatiquement fou. C’est grâce à mon père qui m’a lavé à Kindia avec des décoctions que j’ai retrouvé ma faculté. Donc, ils me doivent plus de 16 millions de francs guinéens que je réclame aujourd’hui », a lancé Amadou Sall.

Avant de passer aux réquisitions, le procureur Daouda Diomandé va porter de graves accusations sur le marabout Sénégalais et ses acolytes. « Même les acolytes de ce marabout qui est à la barre sont dans cette salle d’audience. Certains ont même tenté d’effrayer le procureur Bakary Camara qui était dans cette présente procédure, en disant qu’ils vont faire ceci ou cela si le tribunal ne libère pas le marabout. Mais, c’est Dieu qui est fort. On n’a peur que Dieu ».

Dans ses réquisitions, le procureur va demander au tribunal de retenir le présumé escroc dans les liens de la culpabilité en le condamnant ans de prison ferme.

La défense quant à elle, par la voix de maitre Abou Camara, va plaider coupable avant de demander au tribunal de condamner son client au temps mis en prison.

Finalement le marabout est condamné à une peine de 4 ans de ferme et au payement des 16 millions 500 mille francs guinéens à la partie civile.

Saidou Hady Diallo pour Guineematin.com

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Retrait temporaire des députés de la mouvance du Parlement : réaction de Damaro Camara

3 décembre 2019 à 10 10 00 120012

Peu après le retour des députés de l’opposition au Parlement, ceux de la mouvance quittent à leur tour. Les députés du RPG Arc-en-ciel et de ses partis alliés vont suspendre leur participation aux activités de l’Assemblée nationale à partir de demain, mercredi 04 décembre 2019.

Le chef de la majorité parlementaire l’a réitéré hier, lundi, au micro d’un journaliste de Guineematin.com à qui il a accordé un entretien. L’honorable Amadou Damaro Camara explique qu’ils vont se retirer des activités du Parlement pour une semaine pour aller sur le terrain et sensibiliser les électeurs à se faire enrôler sur la liste électorale.

« Les députés doivent se battre pour la campagne. Même s’il y en a qui ne souhaitent pas revenir au Parlement. Si la date des élections était maintenue au 28 décembre, la session serait écourtée. Heureusement que le calendrier a été repoussé au 16 février, on s’est organisé pour avoir chronogramme pour examiner le projet de loi de finances initiale pour l’exercice 2020 ».

Toutefois, Amadou Damaro Camara s’empresse de souligner que la majorité votera le budget qui sera remis au gouvernement et dans le délai. Il précise d’ailleurs que la commission Economie, Finances, du Plan et de la Coopération de l’Assemblée nationale restera sur place avec les présidents des autres commissions. Les députés de la capitale et ceux des environs comme Coyah, Dubréka et Forécariah vont également continuer de travailler. « Ces députés vont rester et le travail de l’Assemblée ne s’arrêtera pas », rassure-t-il.

« Pour ce qui concerne le passage des ministres, je ne dirai pas que ce n’est pas important. Le budget nous arrive du gouvernement, les ministres viennent ici pour dire qu’ils ne sont pas contents de leurs budgets. Nous ne pouvons pas créer ou modifier leurs enveloppes. Nous n’avons même pas le droit. Puisque la loi dit avant de créer une dépense, tu dois indiquer d’où doit venir l’argent. Ce que nous regardons de plus, c’est de voir si le gouvernement fait suffisamment d’efforts pour mobiliser les ressources internes.

Est-ce que toutes les poches de recettes sont suffisamment identifiées ? Est-ce que des efforts de recouvrement sont faits pour mobiliser les recettes vers les caisses de l’Etat ? C’est ce que nous faisons. La première année, nous avons pu faire mobiliser plus de 400 milliards et la deuxième année plus de 1060 milliards… », souligne le président du groupe parlementaire du RPG Arc-en-ciel à l’Assemblée nationale.

En octobre dernier, les députés de l’opposition (UFDG et UFR) avaient décidé de suspendre leur participation à toutes les activités de l’Assemblée nationale pour protester contre le projet de changement de l’actuelle Constitution, l’interdiction systématique des manifestations en Guinée et la détention des leaders du FNDC. Après la levée de l’interdiction des manifestations et la libération des leaders du Front National pour la Défense de la Constitution, les élus de l’opposition ont décidé de reprendre leurs activités au Parlement. Ils veulent participer à l’examen du projet de loi de finances initiale 2020, en cours.

Abdallah BALDE pour Guineematin.com

Tél : 628 08 98 45

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Guinée : plusieurs opposants à un 3ème mandat jugés à Conakry

3 décembre 2019 à 9 09 50 125012

Pendant qu’il mène des campagnes à gros frais à Conakry et à l’intérieur du pays pour changer la constitution guinéenne, le régime Alpha Condé continue de persécuter, arrêter et juger ceux qui s’opposent à ce changement qui permettrait au président actuel de se maintenir à la tête du pays après son dernier mandat, en 2020.

Le procès d’une dizaine de personnes interpellées lors de la manifestation du FNDC du 14 novembre 2019, qui avait été dispersée par les forces de l’ordre, s’est ouvert hier, lundi 02 décembre devant le tribunal de première instance de Mafanco. Tous les prévenus ont plaidé non coupables, a constaté un reporter de Guineematin.com qui était sur place.

Ces prévenus sont repartis en trois catégories : le premier groupe est poursuivi pour participation délictueuse à un attroupement, coups et blessures volontaires, destruction des biens publics. Le second, pour participation délictueuse à un attroupement, dégradation de biens publics. Et un troisième groupe est accusé de participation délictueuse à un attroupement, entrave à la liberté de circulation sur la voie publique. En comparaissant devant le juge, Amadou Kindy Baldé, tous ont rejeté ces accusations, expliquant qu’ils ont été arrêtés alors qu’ils ne participaient à aucune manifestation.

Après le passage des différents prévenus à la barre, le ministère public a sollicité le renvoi du dossier au 03 décembre 2019, pour lui permettre de bien préparer ses réquisitions. « Monsieur le président (du tribunal, ndlr), le ministère public que nous représentons demande qu’il vous plaise de renvoyer ces dossiers à demain, mardi 03 décembre 2019, pour que l’on puisse bien se prononcer là-dessus, pour qu’on puisse bien faire nos réquisitions. Je vais signaler qu’il n’y a longtemps que j’ai pris ces dossiers. Celui qui devait les prendre aujourd’hui est absent. Et en plus de ça, je peux vous dire qu’à l’heure où je vous parle, les conditions de mon installation dans mes fonctions ne sont pas encore réunies. Ce qu’on est en train de faire est une affaire de justice, il faudrait réunir tous les éléments nécessaires pour mieux faire le travail », a dit le procureur.

Une demande que les avocats de la défense ont trouvée incompréhensible. Ces derniers ont demandé au tribunal de décider comme il le souhaite, mais tout de même de mettre en attendant leurs clients en liberté. « Monsieur le président, la demande du procureur ne concerne que lui, et elle ne tient pas. Nous, ça ne nous concerne pas. Nos clients non plus. Ce qu’il invoque comme raison de renvoi ne concerne ni les avocats, ni les prévenus. S’il a des problèmes internes, c’est à lui de les gérer mais ça ne pas devrait empêcher le déroulement normal du procès. Et, monsieur le procureur a activement participé aux débats, il a posé toutes ses questions. Nous, nous n’avons même pas eu l’occasion de poser des questions.

Normalement, si quelqu’un avait à demander un renvoi, c’est nous. Mais c’est le contraire qui se produit. Mais nous, de notre côté, nous sommes prêts pour les plaidoiries que ce soit maintenant ou demain. Monsieur le président, qu’on renvoie ou non, nous plaidons qu’il vous plaise de d’ordonner sur siège la mise en liberté de nos clients qui croupissent en prison depuis plusieurs jours. Comme ça, nous répondrons à vos appels à tout moment où vous aurez besoin de nous », a dit maître Alsény Aïssata Diallo, un des avocats de la défense.

Une position appuyée par maître Thierno Souleymane Barry, également avocat de la défense. « Monsieur le président, le problème de la Guinée, c’est l’injustice. Il s’agit dans ces dossiers de la liberté de pauvres citoyens arrêtés lors de manifestations autorisées. Si le procureur ne retient rien contre nos pauvres clients, qu’il nous facilite la tâche au lieu de se mettre à demander de renvoyer à demain ce qu’on peut faire aujourd’hui. Monsieur le président, nous plaidons pour la mise en liberté de nos clients. Et pour cela, que ce soit maintenant ou demain, nous sommes prêts pour les plaidoiries », a-t-il renchéri.

Sur siège, le juge a ordonné la remise en liberté des détenus et renvoyé les dossiers pour les plaidoiries et réquisitions. Mais, quelques minutes après, le procureur a contesté cette décision. Et le juge est revenu sur sa première décision relative à la remise en liberté des prévenus. Ces derniers sont retournés en prison au grand dam de leurs avocats. Ils devront revenir au tribunal afin d’être situés sur leur sort.

Mamadou Bhoye Laafa Sow pour Guineematin.com

Tél. : 00224 622919225 / 666919225

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