Le bureau du Haut-Commissariat des Droits de l’Homme en Guinée a ouvert un colloque international sur les droits de l’homme ce mardi, 03 décembre 2019, à Conakry. Organisée à l’université Kofi Annan de Guinée, la rencontre va durer deux jours. Elle réunit de nombreux acteurs qui vont se pencher sur la question des droits humains dans le pays, a constaté Guineematin.com à travers un de ses reporters.

C’est sous le thème « Participation inclusive à la justice, à la cohésion sociale et au développement durable en Guinée » que ce colloque se tient. Les travaux regroupent des enseignants-chercheurs, des étudiants, des organisations de la société civile, des médias et des représentants du gouvernement dans un milieu académique. Ils vont réfléchir aux contributions et à l’opérationnalisation des droits de l’homme mais aussi sur d’autres sujets d’actualité.

Patrice Vahard, représentant et chef de bureau du Haut-Commissariat des Droits de l’Homme

Selon Patrice Vahard, représentant et chef de bureau du Haut-Commissariat des Droits de l’Homme en Guinée, « il était devenu très important à ce moment précis de la vie de la Guinée que les intellectuels, le monde académique contribuent aussi au débat en énonçant les principes, les valeurs qui doivent rassembler les Guinéennes et les Guinéens. Nous, nous attendons d’abord à ce que cet échange permette de former les esprits, d’impacter l’esprit non seulement des étudiants mais tous ceux qui, à travers les médias, vont suivre ce colloque pour participer de façon constructive à la paix et la stabilité dans ce pays. La paix, la stabilité et le développement sont les piliers même de tout ce qu’on fait en matière de droits de l’homme », a-t-il dit.

En ce qui concerne la participation des universités à ce colloque international des droits de l’homme, le représentant de l’institution onusienne en Guinée a évoqué une série de suggestions d’accords avec ces institutions d’enseignement supérieur. « La recherche est le parent pauvre de la plupart des universités africaines, c’est-à-dire qu’on n’investit pas suffisamment dans la recherche. Donc pour nous, c’est important de créer un cadre d’échange interuniversitaire avec l’appui du Système des Nations Unies et le Haut-Commissariat aux Droits de l’Homme pour pousser la recherche dans différents domaines.

Les thèses, les mémoires des étudiants et des enseignants-chercheurs, on a mis en place un comité scientifique pour échanger là-dessus, pour voir comment est-ce que tout cela peut être partagé aujourd’hui sous forme de publication. Nous avons pensé aussi à mettre en place une base de données des enseignants-chercheurs qui permettrait de capitaliser les ressources humaines guinéennes dans le cadre des consultances, dans le cadre des animations comme personnes ressources parce que les Nations Unies mettent aussi l’accent sur le renforcement des capacités. J’espère que beaucoup d’enseignants vont se joindre à ces bases de données interuniversitaires pourvu simplement qu’on ait de la connaissance qu’on veut partager.

De créer des clubs droits de l’homme au sein des universités qui le veulent. Voir comment est-ce que les étudiants en fin de cycle qui font des mémoires peuvent faire des stages ou des recherches au sein du Système des Nations Unies et au sein du Haut-Commissariat aux droits de l’homme. Et enfin, on a décidé de faire en sorte que le colloque qui commence à Kofi Annan ne se termine pas à Kofi Annan. C’est-à-dire que de manière périodique au moins une fois dans l’année, nous allons être accueillis par l’une des universités sur des thématiques pas les mêmes d’aujourd’hui mais qu’on aurait identifiées », a fait savoir Patrice Vahard.

N’Famara Camara, secrétaire général du ministère de l’Unité nationale et de la Citoyenneté

Représentant le ministre de l’Unité nationale et de la Citoyenneté à cette cérémonie, N’Famara Camara, secrétaire général dudit département, a rappelé les obligations de l’Etat dans le cadre de la promotion et de la protection des droits de l’homme dans notre pays. « L’Etat doit assumer ses trois obligations en matière des droits de l’homme. L’obligation de respecter, de protéger et de réaliser les droits de l’homme. Mais aussi, les citoyens dans la construction du processus démocratique doivent se sentir responsables et doivent se sentir détenteurs d’une portion de puissance pour contribuer à l’instauration de ce processus démocratique.

Mais malheureusement chez nous, d’un côté nous avons des institutions qui se battent pour exister, de l’autre côté nous avons des forces contraires qui essayent de poser des problèmes. Et ça c’est très difficile parce que nous n’obéissons pas à un processus classique de construction d’un Etat de droit. Un Etat de droit se construit toujours avec des institutions suffisamment fortes qui sous-tendent le processus. Malheureusement, dans les pays africains, on veut non seulement faire des institutions fortes mais aussi faire la démocratie », a fait remarquer le secrétaire général du ministère de l’Unité nationale et de la Citoyenneté.

Prenant part, en tant que paneliste, à ce colloque international sur les droits de l’homme, Elhadj Ousmane Souaré, administrateur général de l’Université de Simbaya (UNISIM) et membre du groupe national de contact pour le dialogue et la paix en Guinée, a mis l’accent sur le thème portant sur la participation inclusive à la justice, à la cohésion sociale et au développement durable en Guinée.

Elhadj Ousmane Souaré, administrateur général de l’Université de Simbaya (UNISIM)

« Il y a des dispositions de la Constitution guinéenne de 2010 qui consacrent plusieurs passages pour la défense des droits humains notamment le préambule, notamment l’article 5 qui dit que la vie et la dignité humaines sont sacrées et que l’Etat a le devoir de les protéger. L’article 25 donne un long passage sur la promotion des droits en Guinée et que le monde enseignant devrait pouvoir se saisir pour pouvoir insérer cette disposition constitutionnelle dans les programmes d’enseignement tant à l’université que dans le monde scolaire.

C’est là où normalement le système éducatif devrait s’y pencher pour pouvoir matérialiser ce que le législateur a prévu. Donc, il y a toute une matière à travailler pour le monde éducatif. Un autre aspect, c’est ce lien entre le monde académique et le monde politique. Nous avons pensé qu’il est intéressant que la Guinée procède comme d’autres pays le font, de faire en sorte qu’il y ait une consultation régulière sur toutes les questions d’intérêt national, que le politique saisisse l’intellectuel notamment le scientifique pour apporter un éclairage à ces questions ».

A noter que les institutions d’enseignement supérieur qui prennent part à cette rencontre sont : l’Université Kofi Annan de Guinée, l’Université Barack Obama, l’Université Mohamed V, l’Université de Simbaya, l’Université Général Lansana Conté de Sonfonia et l’Université Catholique de l’Afrique de l’Ouest (UCAO).

Siba Guilavogui pour Guineematin.com

Tel : 620 21 39 77/ 662 73 05 31

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