Souleymane Keïta, conseiller chargé de missions du président Alpha Condé, coordinateur de la cellule de communication du RPG Arc-en-ciel

Depuis l’annonce du retrait de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) du processus électoral en cours en Guinée, les réactions se multiplient chez les acteurs sociopolitiques. Si l’annonce est saluée par les opposants, c’est tout le contraire dans le camp du parti au pouvoir, le RPG Arc-en-ciel. Joint au téléphone par un reporter de Guineematin.com ce lundi 24 février 2020, Souleymane Keïta, coordinateur de la cellule de communication du parti au pouvoir, parle d’une décision « incohérente » qui ne peut pas entraver le déroulement du processus électoral.

Le conseiller chargé de missions du président de la République se dit surpris par la démarche de la Francophonie. « C’est avec un peu de surprise que j’ai appris la nouvelle. L’institution chargée d’organiser les élections en Guinée a souverainement fait appel à l’expertise de la francophonie pour l’aider à faire le suivi de la mise en œuvre des recommandations de l’audit du fichier électoral… Vous avez vu que le retrait des commissaires de l’opposition de la CENI n’a pas empêché la francophonie de continuer à travailler avec l’institution. Avec les commissaires, désormais majoritairement de la mouvance, l’OIF a continué à travailler. Donc, je ne comprends pas que c’est à moins d’une semaine des élections, après avoir participé à toutes les étapes du processus, que l’on trouve les moyens de se retirer », a réagi Souleymane Keïta.

En tout état de cause, le responsable de la communication du RPG Arc-en-ciel soutient que le dernier mot revient à la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI). « De toutes les façons nous, nous pensons que jusqu’à preuve du contraire, en Guinée, c’est la CENI qui organise les élections. C’est à elle seule qu’incombe la responsabilité de la conduite efficace et efficiente du processus électoral. Le reste, moi j’attends de comprendre toutes les raisons profondes qui ont prévalu à la prise de cette décision. Sinon, selon ce que j’ai lu dans la déclaration de l’OIF, ça me semble plutôt incohérent et maladroit d’autant plus qu’on ne peut pas participer à un processus pendant un an et dire en moins d’une semaine qu’on n’est plus partant. C’est vraiment une démarche incohérente », lance-t-il.

Souleymane Keïta botte en touche l’argument de l’OIF, selon lequel sa décision est motivée par le manque d’inclusivité des élections du 1er mars. Pour lui, cette décision est plutôt politique. « Il y a un autre aspect qui a retenu mon attention. L’OIF dit attendre de voir que l’élection requiert l’inclusivité nécessaire pour reprendre son travail technique. Mais, l’inclusivité est une question de choix politique. Les partis politiques ont décidé librement de ne pas participer aux élections depuis longtemps. On a écouté le président de l’UFR, Sidya Touré, dire qu’en Guinée, la seule élection que nous voulons, c’est l’élection présidentielle. Comme pour dire que les autorités actuelles n’ont pas la possibilité d’exercer leurs prérogatives. Donc, c’est déjà une volonté qu’il a exprimée avant le début du processus électoral de faire en sorte qu’il n’y ait pas d’élections en Guinée, sauf la présidentielle… »

Parlant des incidences de cette position de l’OIF sur le processus électoral en cours, Souleymane Kéita pense qu’il n’en sera rien. « De toutes les façons, le président de la République, qui est le garant des institutions, a l’obligation de continuer d’assumer son rôle régalien. Pour les élections, il appartient à la CENI de les organiser. Un partenaire peut nous assister comme il peut se retirer. Mais, toujours est-il que la responsabilité d’organiser les élections incombe à la CENI. Donc, il n’y aura pas de conséquences », soutient le conseiller chargé de mission à la présidence de la République.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

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