Cellou Baldé, ancien député uninominal de Labé et coordinateur des fédérations UFDG de l’intérieur du pays

Comme annoncé précédemment, après avoir réussi à faire passer de force la nouvelle Constitution, le pouvoir guinéen s’atèle désormais à modifier certaines lois organiques du pays. Le gouvernement a amendé plusieurs textes importants dont le Code électoral qu’il a soumis à la nouvelle Assemblée nationale pour examen et adoption. Une décision qui vient attiser la colère des principaux partis d’opposition du pays, absents à l’Assemblée nationale dont ils ne reconnaissent pas d’ailleurs.

Au cours d’un entretien qu’il a accordé à Guineematin.com, ce lundi 1er juin 2020, l’ancien député uninominal de Labé et membre du bureau exécutif de l’UFDG, a dénoncé le parachèvement du « putsch constitutionnel » entamé avec le changement de la Constitution de 2010.

« Aujourd’hui, l’Assemblée qui a été installée par monsieur Alpha Condé de façon illégitime et illégale continue le putsch constitutionnel. Ils sont dans la logique de parachever le putsch au mépris des lois de la République. Cela en violation flagrante de la Constitution du 7 mai 2010. Sinon, il est clairement établi par les normes communautaires de la CEDEAO que 6 mois avant l’organisation des élections dans la sous-région, on ne peut pas toucher à l’arsenal juridique d’un pays. C’est notamment d’abord la Constitution, ensuite les lois électorales qui ne peuvent pas être changées à 4 mois d’une élection.

Je crois que c’est complètement fou de la part de ceux qui nous gouvernent aujourd’hui de vouloir détruire carrément les fondamentaux de notre pays. Et il faudrait bien que le FNDC et l’opposition politique puissent se dresser devant ces putschistes pour les empêcher d’arriver à leurs fins. Mais, nous ne sommes pas surpris dans la mesure où malgré que nous ne reconnaissons pas la fameuse Constitution issue de la mascarade sanglante et meurtrière du 22 mars 2020, monsieur Alpha Condé s’est encore permis de falsifier cette loi qu’il a dit avoir soumis à référendum.

Aujourd’hui, on se demande où est la Constitution annoncée par monsieur Alpha Condé. Heureusement que nous autres du FNDC, de l’opposition et les 90% de la population, nous nous reconnaissons en la Constitution de 2010. Sinon, on pouvait dire aisément aujourd’hui que nous sommes dans un vide juridique. Il faut dire tout simplement que les velléités d’amender le Code électoral, c’est également une violation flagrante des lois nationales et supranationales, notamment le protocole additionnel de la CEDEAO », estime l’opposant.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

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