Comme prévu, le FNDC a organisé ce vendredi, 3 juillet 2020, les obsèques des jeunes tués lors de ses dernières manifestations organisées à Conakry contre le changement de la constitution guinéenne et un éventuel troisième mandat pour le président Alpha Condé. Les leaders du Front National pour la Défense de la Constitution et plusieurs de leurs partisans se sont mobilisés pour accompagner ces victimes qu’ils qualifient de martyrs à leur dernière demeure, a constaté Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Ce sont au total 8 jeunes qui ont été inhumés aujourd’hui au cimetière de Bambéto, dans la commune de Ratoma. Tous ont tués par balles lors des manifestations appelées par le FNDC en janvier, février et mars 2020, dans le but d’empêcher la tenue du référendum constitutionnel du 22 mars ouvrant la voie à un troisième mandat du chef de l’Etat guinéen. Ils viennent allonger davantage la liste déjà longue des victimes des manifestations politiques qui reposent au cimetière de Bambéto. Une situation triste et révoltante pour l’opposant Cellou Dalein Diallo, le président de l’UFDG.

Cellou Dalein Diallo, président de l’UFDG

« Je suis triste. Triste pour mon pays, lorsqu’on sait que depuis que Alpha Condé est là, on a répété la même chose depuis 2011 pour enterrer 194 personnes, des jeunes pour la plupart qui ont moins de 20 ans. Et lorsqu’on sait que ces jeunes depuis 2011, n’ont jamais eu droit à la justice, même pas la compassion du gouvernement. Mais c’est grave ! C’est plus que ce qui s’est passé au stade du 28 septembre. Il y a eu 157 morts en 2009 au stade, aujourd’hui nous sommes à près de 200 morts, dont l’Etat devait assurer la sécurité.

Ils ont été arrachés à l’affection de leurs familles, dans des circonstances que vous connaissez tous. Alpha Condé qui est censé être le président de tous les Guinéens, qui est censé apporter sa compassion, qui devrait mettre en œuvre les instruments nécessaires pour l’identification des auteurs et des commanditaires de ces crimes afin que ceux-ci soient traduits devant les tribunaux, a préféré garantir l’impunité aux criminels, c’est vraiment triste », s’est indigné le principal opposant guinéen.

Poursuivant, le président de l’UFDG estime que pour une véritable réconciliation en Guinée, il faut impérativement faire la lumière sur ces tueries et rendre justice aux victimes. « La Guinée a besoin de réconciliation, de pardon. Mais, il faut qu’il y ait la vérité, il faut qu’on lise les pages sombres de notre histoire pour pouvoir les tourner. On a des exemples en cela : il y a l’Afrique du Sud, il y a d’autres pays qui ont vécu des évènements douloureux, qui ont su les dépasser. Il faut qu’il y ait la justice. La justice, c’est d’abord la reconnaissance que le mal est un mal. En Guinée ici, on a un problème de discerner le mal du bien. Il faut d’abord qu’on sache que tel est acte, c’est est un mal et qu’il mérite la condamnation.

Maintenant dans le contexte, on verra quelle est la sanction qu’il convient d’administrer aux auteurs. Mais il faut qu’ils reconnaissent d’abord qu’on a commis un crime et que c’est un crime, pour qu’il n’y ait plus jamais ça. Parce que le crime, on le traite pour qu’il ne se répète pas, pour que l’Etat puisse procéder à des réparations lorsque le préjudice est de cette nature. Il faut que les proches sachent qu’ils ont été victimes de préjudice moral, de préjudice humain et que des dispositions soient prises pour la réparation de ces crimes », a laissé entendre Cellou Dalein Diallo.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

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