Entretien avec Mme Aïcha Bangoura, vendeuse

Les opérations de recensement sur les listes électorales ont été lancées en Guinée depuis une dizaine de jours. Mis à part les couacs enregistrés ça et là, de nombreux citoyens sont encore réticents à aller vers les Commissions Administratives d’Etablissement et de Révision des Listes Electorales (CAERLE). C’est pour inverser cette tendance que le mouvement Dady Camara a été lancé à Conakry. La première séance de sensibilisation a eu lieu ce lundi, 2 décembre 2019, au marché de Matoto, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Suite à la réticence observée chez certains citoyens par rapport au recensement, le mouvement Dady Camara a été créé par un jeune leader pour sensibiliser les citoyens.

Mousto Condé Adama

La première séance de sensibilisation eu lieu au carrefour de Matoto, dans la commune du même nom. Interrogé par notre reporter, Mousto Condé Adam, coordinateur général du mouvement, est revenu en détails sur les raisons de cette initiative. « Le mouvement Dady Camara a recruté 250 personnes qui pourront sensibiliser les citoyens de la capitale. Aujourd’hui, certains citoyens pensent que le recensement est politique, non. Notre objectif est de leur faire comprendre que le recensement n’est pas lié à la politique. Chaque citoyen a le droit de se recenser. C’est pour cette raison que nous leur demandons de défendre leur citoyenneté. Certes, on peut ne pas voter, mais c’est très important pour un citoyen qui se dit Guinéen. Pour reconnaître un citoyen sur son propre territoire, il doit accepter de se recenser et ce qui lui permettra d’obtenir sa carte d’électeur. Au sein du mouvement, nous avons 120 jeunes qui sont présents aujourd’hui et nous comptons commencer la sensibilisation avec ceux-ci. Par ailleurs, je demande à tous les citoyens qui ne se sont pas encore recensés de le faire dès maintenant, car le délai donné par la CENI c’est le 16 décembre 2019 », a expliqué le coordinateur.

Aminata Kéita

Pour sa part, Aminata Kéita, membre du mouvement, a invité les citoyens à se faire recenser pour leur propre intérêt. « Nous demandons aux citoyens de se faire recenser. Une fois recenser, cela pourra leur permettre d’avoir une carte d’électeur ; et avec cette carte, ils peuvent facilement obtenir une carte d’identité nationale pour les voyages. Je souhaiterais que mes concitoyens comprennent ce message que nous lançons auprès d’eux, ils doivent vraiment accepter de se faire recenser. Et sans carte nationale d’identité, tu as peur de franchir les frontières », a-t-elle laissé entendre.

Abdoulaye Sylla

De son côté, Abdoulaye Sylla a fait savoir que de nombreux lieux publics et privés sont concernés par cette campagne de sensibilisation. « Je me suis engagé dans ce mouvement pour sensibiliser les citoyens qui refusent de se recenser. Personne ne m’a poussé à adhérer au mouvement, c’est seulement ma volonté de servir ma nation. C’est pourquoi, je lance un appel aux citoyens qui n’ont pas encore fait leur recensement d’aller auprès des autorités afin qu’ils soient recensés. Ils ne doivent pas écouter ce que les gens disent. Le recensement est apolitique. C’est pourquoi nous passerons dans les marchés, les maisons et surtout dans les quartiers afin de les sensibiliser ».

Les personnes sensibilisées n’ont pas caché leur satisfaction. C’est le cas de la vendeuse Aicha Bangoura. « Je suis commerçante, je n’ai pas refusé de me faire recenser. C’est le temps qui ne me permet pas. Toute la semaine je suis dans les marchés pour vendre mes marchandises. Et les dimanches, je m’occupe des travaux de la maison. C’est dans le commerce que j’assure les besoins de ma famille. Mais à travers cette sensibilisation, j’irai me faire recenser aujourd’hui », a dit la jeune dame.

Foko Millimouno pour Guineematin.com

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