La classe politique guinéenne est indignée suite aux propos tenus par le président Alpha Condé lors de sa tournée en Haute Guinée. Au Parti des Démocrates pour l’Espoir (PADES), Mohamed Kaba trouve dangereux d’appeler à la violence, surtout de la part du président de la République qui devrait plutôt se battre pour le développement de le Guinée. Le coordinateur administratif du parti l’a dit à l’occasion de l’assemblée générale tenue ce samedi, 22 février 2020, à Nongo, dans la commune de Ratoma, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Lors de sa sortie en Haute Guinée, Alpha Condé a demandé à ses partisans de « frapper » ceux qui veulent empêcher la tenue du contesté référendum du 1er mars 2020. C’est avec beaucoup d’intelligence que Mohamed Kaba du PADES répond à ces propos. « Lorsqu’on aime son pays, lorsqu’on est patriote, on fait en sorte que la situation économique des populations s’améliore, on fait en sorte que la pauvreté disparaisse, on fait en sorte que ces milliers de jeunes qui font une vingtaine d’années de formation aient du travail. Si on aime son pays, on fait en sorte qu’il ait de l’électricité. Quand on aime son pays, on lui dit la vérité et quand on est patriote, on pense à l’éducation des enfants… Quand on aime son pays, on ne demande pas à des guinéens de frapper d’autres guinéens, on ne le fait pas. Parce qu’en le faisant, nous incitons à la violence. Et la violence appelle la violence, la violence ne peut entraîner que le chaos. Quand on aime son pays, on promeut la cohésion sociale, l’unité nationale ; on fait la promotion de la paix, mais surtout on applique la justice et on laisse la justice faire son travail. Il faut qu’on fasse attention, l’irresponsabilité et le mensonge ne peuvent amener qu’au désordre », a laissé entendre monsieur Kaba.

Pour le coordinateur administratif du PADES, les guinéens doivent se lever pour barrer la route à ceux qui veulent imposer une nouvelle colonisation à notre pays, en empêchant la tenue du vote du 1er mars 2020. « Est-ce qu’on doit s’en tenir à un homme politique ou bien on doit faire en sorte que les règles et les valeurs qui réglementent notre démocratie soient mises en application et soient valorisés ? Qu’est-ce qu’on doit faire ? Voici les vraies questions que nous devons nous poser aujourd’hui. Mais, je peux vous dire que ces questions ont été répondues en partie depuis l’indépendance de la Guinée. La Guinée est un pays fier, est un pays qui tient à sa liberté. Je vous le rappelle, c’est un pays qui, en 1958, a fièrement pris sa liberté contre vents et marées. Et je peux vous dire que ce même peuple de Guinée va se lever pour reprendre sa liberté qui est en train d’être confisquée par des colons nationaux. En 1958, c’était contre des colons extérieurs ; en 2020, ça sera contre les colons nationaux. Et la Guinée va encore gagner, parce que la Guinée a toujours gagné. Il faut que nous nous levions pour empêcher ces élections. Ne nous laissons pas intimider. Seul le peuple est fort, seul le peuple peut prendre sa destinée en main. »

En outre, Mohamed Kaba lance un appel aux forces de défense et de sécurité sur la neutralité qui doit les caractériser. « Je voudrais leur faire un appel solennel : l’armée, la police, la gendarmerie, ce sont des corps républicains et il faut qu’ils se mettent dans cette logique. Qu’ils sachent qu’ils ont des enfants à la maison, qu’ils ont des frères, que ces Guinéens sont leurs frères et qu’en aucun cas ils ne doivent s’attaquer à ses guinéens pour faire la promotion de quelqu’un qui veut rester indéfiniment au pouvoir. Il faut qu’ils se ressaisissent parce que l’histoire les regarde. Il faut qu’ils protègent les populations, il faut qu’ils arrêtent de tirer sur les populations, ça ne leur servira absolument à rien », a-t-il martelé.

Pour sa part, Mohamed Diakité, le chargé à l’implantation, va demander aux opposants à la novelle constitution d’empêcher la tenue du référendum et des législatives du 1er mars. « Mobilisons nous, comme un certain 22 janvier 2007, pour la démocratie. Parce que c’est notre avenir. Si nous restons bras croisés et que cette machine de démolition de notre pays passe, nous allons assumer les conséquences toute notre vie. Soyons prêts. Même s’il faut aller à affrontement, nous avons raison. Et le 1er mars, si le président de la République en complicité avec la CENI, dit coûte que coûte qu’il faut aller aux élections législatives couplées au référendum, mobilisation nous. Ce système marchera sur nos cadavres pour rentrer à Sékhoutouréyah. »

Fatoumata Diouldé Diallo pour Guineematin.com

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