Comme annoncé précédemment, les dernières victimes de la lutte contre le changement de la constitution guinéenne ont été inhumées hier, vendredi 03 juillet 2020, à Conakry. Huit (8) jeunes tués lors des manifestations appelées par le FNDC en janvier, février et mars 2020, ont rejoint leur dernière demeure au cimetière de Bambéto, dans la commune de Ratoma. Les leaders du Front National pour la Défense de la Constitution et leurs partisans se sont massivement mobilisés par prendre part à la marche funèbre organisée à cette occasion.

Ces obsèques interviennent quelques jours seulement après la décision des autorités de restituer les corps des victimes à leurs familles. Des familles qui ont inhumé leurs enfants avec un double sentiment de soulagement et d’indignation. Un reporter de Guineematin.com a recueilli les réactions de certains parents des victimes, juste après l’identification des corps à la morgue de l’hôpital sino-guinéen de Kipé.

Madame Mariama Diouldé Bah, mère de l’une des victimes

Madame Mariama Diouldé Bah, mère de l’une des victimes : je suis contente de voir au moins le corps mon fils. Je suis très contente également de cette mobilisation massive pour l’inhumation de nos enfants. Que Dieu récompense tout le monde pour le déplacement. Je remercie Dieu de m’avoir aidé à recevoir le corps de mon fils. Mais je ne pardonne pas à celui qui a tué mon fils. A l’au-delà, Dieu va juger entre nous.

Madame Aminata Diallo, mère du défunt Mamadou Baïlo

Madame Aminata Diallo est la mère du défunt Mamadou Baïlo, 12 ans, originaire de Gongoré (Mamou). Elle dit n’avoir pas eu le courage de regarder le corps de son fils : je ne n’ai pas vu le corps de mon fils, mais son père, lui, l’a vu et a certifié que c’est effectivement lui. Moi, on m’a dit de ne pas regarder.

Abdoul Ghadiri Diallo, parent de Mamadou Saïdou Diallo

Abdoul Ghadiri Diallo, parent de Mamadou Saïdou Diallo, 21 ans, originaire de Dalaba : je condamne ce que le pouvoir est en train de faire. Ils ont tué nos enfants, je condamne ça, je condamne les forces de sécurité. Alpha Condé doit faire quelque chose par rapport ça. A son accession au pouvoir, il a promis qu’il va nous protéger. Mais si c’est l’armée guinéenne elle-même qui tue nos frères aujourd’hui, est-ce que ça c’est bon ? Non, ce n’est pas bon. Le président est là, le gouvernement est là, si on continue à tuer comme ça nos frères, ce n’est pas bon. Je condamne ça fermement.

Mamadou Bhoye Laafa Sow pour Guineematin.com

Tél : 622919225

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