Quelques jours après l’arrêt de la Cour de justice de la CEDEAO condamnant l’Etat guinéen dans l’affaire des tueries de Zogota, un journaliste de Guineematin.com est allé à la rencontre de l’une des victimes. Il s’agit de Widoh Lamah, l’épouse de l’ancien président du district de Zogota, tué dans ce massacre perpétré par des militaires guinéens. La veuve, qui peine à subvenir aux besoins de sa famille depuis la mort de son mari, se dit très réconfortée par cette décision. Elle  espère que les autorités guinéennes vont exécuter cette décision pour permettre à sa famille de sortir de la misère.

Widoh Lamah, épouse de l’ancien président du conseil de district de Zogota

« C’est à la veille du marché hebdomadaire de la sous-préfecture de Kobéla, que des militaires sont venus attaquer notre village. Ils ont tué mon mari et son jeune frère ainsi d’autres citoyens. Depuis la disparition de mon mari, je souffre beaucoup pour nourrir la famille. Nous avons eu 9 enfants dont 6 filles. Avant le massacre, j’ai fait un accident en brousse. C’est un arbre qui était tombé sur moi. En ce moment, c’est mon époux qui s’occupait de la famille. Il avait scolarisé ses enfants et ses petits-enfants. Mais après sa mort, c’est maintenant moi qui m’occupe de la famille. Depuis 2012, je nourris et soutiens les études des enfants à travers des contrats et des dettes.

 

Donc, aujourd’hui, la décision de la Cour de justice de la CEDEAO me réconforte et me galvanise, parce que j’ai du mal à joindre les deux bouts. Et, je demande à l’État guinéen d’appliquer cette décision pour nous permettre de changer la donne. Je demande également à toutes les personnes de bonne volonté de me venir en aide, afin de soutenir les études de mes enfants et mes petits-enfants. Car actuellement, je n’ai plus de force comme à l’époque. Je ne veux pas que ces enfants perdent leurs études. Parce qu’aujourd’hui, dans ce monde, si tu n’étudies pas, tu n’auras pas ta place », a dit cette dame.

A rappeler que c’est dans la nuit du 3 au 4 août 2012, que des militaires ont fait une descente musclée à Zogota, district relevant de la sous-préfecture de Kobéla, dans la préfecture de N’Zérékoré. Cette expédition punitive s’est soldée par six morts, plusieurs blessés, des habitations incendiées, et de nombreuses interpellations. Cette situation avait fortement ému l’opinion nationale, amenant plusieurs avocats et défenseurs des droits humains à porter plainte auprès de la Cour de justice de la CEDEAO.

Huit ans après avoir été saisie du dossier, la juridiction supranationale a rendu son arrêt le mardi, 10 novembre 2020. Elle a condamné la Guinée à verser un montant total de 4 560 000 000 GNF comme dommages et intérêts aux victimes. La Cour a donné six mois à l’Etat guinéen pour exécuter cette décision.

De Zogota, Foromo Gbouo LAMAH pour Guineematin.com

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