Election contestée d’Alpha Condé en Guinée : de nombreux citoyens arrêtés, détenus et jugés à Conakry

26 novembre 2020 à 23 11 42 114211

Si les manifestations faiblissent dans les rues de Conakry et de certaines villes de l’intérieur du pays, la crise politique guinéenne se prolonge dans les maisons d’arrêt et tribunaux du pays. A Conakry, ce sont des centaines de familles qui ont les leurs détenus. Et, ces derniers commencent à se relayer dans les tribunaux, notamment à Dixinn et Mafanco.

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Un enseignant condamné pour avoir humilié sa femme à N’Zérékoré : « ça servira de leçon aux autres »

26 novembre 2020 à 23 11 16 111611

madame Hélène Kolkol Zogbélèmou, présidente de l’ONG humanitaire pour la protection de la femme et de l’enfant

Comme annoncé précédemment, le tribunal de première instance de N’Zérékoré a condamné hier, mercredi 25 novembre 2020, un enseignant qui a déshabillé publiquement sa femme. Etienne Kolié, 65 ans, professeur d’EPS (Education Physique et Sportive) au collège Koropara, a écopé de 5 mois d’emprisonnement et le paiement d’une amende d’un million de francs guinéens. Cette décision de justice est largement commentée à N’Zérékoré, où beaucoup l’accueillent favorablement.

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Création d’entreprises : Orange Guinée et l’APIP signent un partenariat innovant

26 novembre 2020 à 23 11 11 111111

Orange Finances Mobile Guinée (Orange Money), filiale de la société de téléphonie Orange Guinée, a signé ce jeudi, 26 novembre 2020, un contrat de sponsoring avec l’Agence de Promotion des Investissements Privés (APIP). Premier du genre en République de Guinée, ce partenariat public-privé vise à faciliter la création et la digitalisation des entreprises, a appris Guineematin.com à travers un de ses journalistes.

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Rumeurs sur un détournement de 200 milliards : voici le communiqué du Gouvernement

26 novembre 2020 à 19 07 36 113611

Ibrahima Kassory Fofana, Premier ministre, chef du Gouvernement

Le Gouvernement de la République a appris avec une vive indignation, par voie de presse, un prétendu détournement de deniers publics d’un montant de plus de 200 milliards GNF, dont se serait rendu coupable un membre du gouvernement en place. Une information à sensation qui proviendrait de diverses sources, notamment d’une prétendue commission ad hoc domiciliée au cabinet de Monsieur le Président de la République et chargée de faire la lumière sur les détournements des deniers publics et malversations financières. Il n’existe aucune commission de ce genre à la Présidence de la République.

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Kindia : plusieurs cadres de l’Armée guinéenne outillés par le PNUD

26 novembre 2020 à 19 07 20 112011

Une quarantaine d’encadreurs et instructeurs du Centre d’Entrainement aux Opérations de Maintien de la Paix (CEOMP) de Samoréya, de l’école militaire inter-armée du Camp Alpha Yaya Diallo et de l’école militaire de Manéah, prennent part à un atelier de formation qui s’est ouvert le mardi, 24 novembre 2020, à Kindia.

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Une ministre d’Alpha Condé accusée de détournement : réaction du conseil des ministres (Communiqué)

26 novembre 2020 à 18 06 59 115911

Conakry, le 26 novembre 2020 – Sous la présidence de son Excellence Monsieur le Président de la République, le Conseil des Ministres a tenu sa session ordinaire ce jeudi, 26 Novembre 2020, par visioconférence, de 10h à 13H, avec l’ordre du Jour suivant :

  1. MESSAGE DE SON EXCELLENCE MONSIEUR LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE
  2. COMPTE RENDU DE LA SESSION ORDINAIRE DU CONSEIL INTERMINISTERIEL DU MARDI, 24 NOVEMBRE 2020

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Lutte contre les violences faites aux femmes : « c’est un combat de tous les jours » (Moussa Yéro Bah)

26 novembre 2020 à 15 03 10 111011

Moussa Yero Bah, journaliste et présidente de l’ONG F2DG-G

L’humanité a célébré hier, mercredi 25 novembre 2020, la journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes. Une occasion de promouvoir des actions fortes visant à mettre fin à toutes les formes de violences dont sont victimes les femmes dans le monde. En marge de cette journée, un journaliste de Guineematin.com est allé à la rencontre de Moussa Yéro Bah, présidente de l’ONG Femme développement et Droits Humains en Guinée (F2DH-G).

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« L’HISTOIRE DE LA CAF » Par Amadou Diouldé Diallo

26 novembre 2020 à 15 03 09 110911

Amadou Diouldé Diallo, journaliste et historien

Cet article est publié par Fatima Communication

En 1956, les délégués égyptien éthiopien et soudanais se retrouvent au congrès de la Fifa, à Lisbonne au Portugal les 9 et 10 juin. Isolés peu écoutés ils décident de s’organiser en créant au sein de la Fifa une confédération africaine de football pour que leurs voix soient mieux entendues.

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« Coup KO » au Burkina Faso : Roch Marc Kaboré réélu au 1er tour avec 57, 87%

26 novembre 2020 à 14 02 04 110411

Rock Marc Christian Kaboré, candidat du MPP, réélu dès le premier tour avec 57, 87 % des voix, selon la CENI

Comme annoncé dans les précédentes dépêches de l’envoyé spécial de Guineematin.com à Ouagadougou, la CENI a proclamé ce jeudi 26 novembre, les résultats provisoires de l’élection présidentielle du 22 novembre 2020. Et, sans surprise, c’est Roch Marc Christian Kaboré, le président sortant qui est déclaré vainqueur avec 1 654 982 des suffrages exprimés ; soit 57, 87 %.

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Burkina Faso : le Balai Citoyen dénonce le 3ème mandat d’Alpha Condé et réitère son soutien au FNDC

26 novembre 2020 à 13 01 37 113711

Kinda Eric Ismaël, porte-parole du Ballet Citoyen

Kinda Eric Ismaël, porte-parole du Balai Citoyen, une organisation de la société civile burkinabè à l’origine du mouvement qui a chassé Blaise Compaoré du pouvoir en 2014 a accordé une interview à l’envoyé spécial de Guineematin.com à Ouagadougou. Dans cet échange enregistré hier, mercredi 25 novembre 2020, le porte parole du Balai Citoyen s’est exprimé sur le double scrutin burkinabè ; mais, aussi sur la situation sociopolitique de la Guinée où Alpha Condé a réussi à se maintenir à la tête du pays en changeant la constitution du pays.

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Accusée de détournement de 200 milliards, la ministre Djenab Dramé répond : « je n’ai rien à me reprocher…»

26 novembre 2020 à 11 11 15 111511

Djenab Dramé, ministre de l’Enseignement Technique, de la Formation Professionnelle et de l’Emploi

Accusée d’avoir détourné plus de 200 milliards de francs guinéens, la ministre de l’enseignement technique, de la formation professionnelle et de l’emploi, se fait entendre. Djenab Dramé, alias Zenab Nabaya, assure qu’elle n’a rien à se reprocher ni à cacher. Elle dénonce une campagne de dénigrement en vue de la formation du futur gouvernement et demandent à ses accusateurs de prendre son poste sans toucher à son honneur.

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Pêche artisanale en Guinée : un secteur vital, plongé dans la gangrène

26 novembre 2020 à 11 11 03 110311

L’humanité a célébré le samedi dernier, 21 novembre 2020, la journée mondiale de la pêche. Un événement annuel qui doit être mis à profit pour faire l’état des lieux de ce secteur afin d’apporter des solutions aux problèmes qui y sont rencontrés. En Guinée, aucune activité officielle n’a été organisée pour marquer cette journée, mais les acteurs de la pêche artisanale ont mis l’occasion à profit pour expliquer les maux dont souffre leur domaine.

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Dubréka : les autorités libèrent la ferme d’Elhadj Alsény Barry

26 novembre 2020 à 10 10 29 112911

Saisie il y a quelques jours par l’Etat guinéen, la ferme avicole de l’opérateur économique Elhadj Alsény Barry a été libérée. Les forces de défense et de sécurité qui y étaient déployées ont quitté les lieux hier, mercredi 25 novembre 2020, a appris Guineematin.com à travers un de ses journalistes.

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Elections au Burina Faso : synthèse des rapports de la CEDEAO et l’UA

26 novembre 2020 à 9 09 02 110211

72 heures après la tenue du double scrutin (présidentiel et législatif) au Burkina Faso, les missions de la Communauté Economiques des Etas d’Afriques de l’Ouest (CEDEAO) et de l’Union Africaine (UA) ont rendu public leurs rapports d’observation hier, mercredi 25 novembre 2020, dans un complexe hôtelier de Ouagadougou. Après avoir soulevé quelques manquements, qui ne sont « pas de nature à entacher la crédibilité des élections » et faire des recommandations, les deux missions ont à tour de rôle salué le caractère pacifique et consensuel qui ont caractérisé le double scrutin Bukinabè, rapporte l’envoyé spécial de Guineematin.com à Ouagadougou.

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N’Zérékoré : l’enseignant qui a déshabillé sa femme en public condamné par la justice

26 novembre 2020 à 8 08 18 111811

Le procès tant attendu de l’enseignant qui a déshabillé publiquement sa femme a s’est ouvert ce mercredi, 25 novembre 2020, au tribunal de première instance de N’Zérékoré. A l’issue des débats, la juridiction a condamné le prévenu à 5 mois d’emprisonnement et au paiement d’une amende d’un million de francs guinéens, rapporte le correspondant de Guineematin.com à N’Zérékoré.

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Mémorandum sur la destruction des bâtiments : Collectif des victimes du déguerpissement de Kaporo-Rails, Kipé 2 et Dimesse 2019

26 novembre 2020 à 7 07 19 111911

1-Contexte historique

Les premiers habitants de Kaporo-Rails, Kipé 2 et Dimesse sont les coutumiers Bagas qui recevront  par la suite d’autres citoyens. En 1983,  le gouvernement du Président Sékou Touré procède au lotissement de ces localités et délivre des arrêtés et autorisations de construire aux populations. Par ailleurs, des personnes déguerpies pour cause d’utilité publique à Nongo, à l’Aéroport International de Conakry Gbessia, à la Cité des médecins de Kipé et à Enta sont recasées dans la zone.

Numéros de quelques arrêtés ministériels délivrés à des citoyens  de Kaporo-Rails, Kipé 2 et Dimesse

Arrêté No 5077/MUHD/83 signé le 17 mai 1983 par le Ministre Elhadj Moussa Diakité

Arrêté No 7338/MUHD/83 délivré le 23 juillet 1983 par Elhadj Moussa Diakité

Arrêté No: 3005/MHUD/84 du 11 juin 1984 signé par capitaine Kerfalla Camara

Arrêté No: 3567/MUHD/84 du 20 août 1984 signé par capitaine Kerfalla Camara membre du CMRN (comité militaire de redressement national)

Arrêté No 4208/MUHD/84  signé le 25 octobre 1984 par le capitaine Kerfalla Camara

Arrêté No 3590/MAT/85 du 06 avril 1985 signé par capitaine Kerfalla Camara

Arrêté No: 14.576/MAT/85 du 27 novembre 1985 signé par capitaine Kerfalla Camara

Arrêté No: 14.577/85 du 29 novembre 1985 signé par capitaine Kerfalla Camara

A l’époque, le citoyen devait payer à la caisse du receveur des domaines de Conakry, une redevance forfaitaire fixe d’un montant de 7500 francs dans les trois premiers mois de l’échéance, le nettoyage et la clôture de la parcelle 6 mois après la signature de l’arrêté, l’implantation du bâtiment dès la première année, le délai maximum de mise en valeur définitive étant fixé à 3 ans.

Plus tard, une partie de la zone d’une superficie de 267,5 hectares est déclarée réserve foncière de l’Etat par le décret (numéro 182/PRG modifié par le décret numéro 211/PRG du 23 novembre 1989).  Cependant, l’article 4, alinéa 4 dudit décret dispose: « Ces occupants qui auraient mis en valeur leur fonds avant la date du 20 avril 1988 ci-dessus indiquée, ne sont déguerpis que si l’Etat s’engage à les recaser et à les indemniser de la valeur de leur réalisation sur le fonds. »

En 1990, cette ‘’réserve foncière’’ est érigée en quartier et viabilisée à travers l’ouverture de routes, l’adduction d’eau potable et l’électrification. Un marché et un cimetière sont créés et des lieux de culte sont construits. Des citoyens sont autorisés à construire des écoles privées sur les lieux. A titre d’exemple, les noms de certains établissements scolaires et les numéros de leurs arrêtés d’ouverture.

Complexe scolaire Balouta Diallo

Arrêté Numéro 197/MEPU-FP/CAB/SSP/93 du 06 décembre 1993 signé par la Ministre Mme Diallo Hadja Aïcha Bah

Groupe scolaire Oumou Banouna SY

Arrêté Numéro 06/077/MEPU-EC/CAB/SNEP du 12 mai 2006 signé par le Ministre Denis Galéma GUILAVOGUI

Groupe scolaire privé La Référence

Arrêté numéro 07/0183/MEN et RS/CAB/SNEP du 24 août 2007 signé par le Ministre Elhadj Ousmane SOUARE

Groupe scolaire La Persévérance MOMOCA

Arrêté A/2018/3662/MEN-A/CAB du 09 mai 2018 signé par le Ministre Ibrahima Kalil KONATE

Kaporo-Rails, Kipé 2 et Dimesse est qualifié à tort de « Centre Directionnel de Koloma » par le pouvoir guinéen.

Contre toute attente, en février et mars 1998,  les autorités de la deuxième République engagent une opération de démolition des habitations. Les conséquences de cette opération qui s’est déroulée en violation des règles de procédures normales sont énormes : plusieurs  maisons, bâtiments et immeubles sont détruits. 21.300 personnes ont été affectées, au moins 13 cas de pertes en vie humaines sont signalés, des dizaines de blessés et au moins 63 personnes sont interpellées. Au nombre des personnes arrêtées figurent des députés de l’opposition : Bâ Mamadou président de l’UNR, Mamadou Barry (maire de Ratoma) et Thierno Ousmane Diallo (chef de quartier, député de Ratoma).

Face à l’indignation générale tant au niveau national qu’international, le président Lansana Conté ordonne l’arrêt des  démolitions.

Malgré tout, les victimes ne sont pas indemnisées.

Sur ces ruines, seront construits la Maison de la Radiodiffusion Télévision Guinéenne, l’Ambassade des Etats-Unis d’Amérique et le siège de l’ARPT (Autorité de Régulation des Postes et Télécommunications). Ce déguerpissement favorise ainsi le développement du banditisme et la grande criminalité dans la zone. Finalement, la nature ayant horreur du vide, les espaces vacants seront occupés par des garages, baraques et maquis en complicité avec les autorités locales.

Principal soutien des victimes de 1998, Alpha Condé un des ténors de l’opposition  à l’époque, devient chef de l’Etat en 2010. Six ans après, il se rend à Kaporo-Rails, demande pardon aux populations, annonce l’aménagement du site tout en promettant qu’il n’y aura plus de ‘’casse sauvage’’. Liens internet renvoyant au discours du Président Alpha Condé le 4 mai 2016 à Kaporo-Rails : (https://www.africaguinee.com/articles/2019/02/25/souvenirs-alpha-conde-kaporo-rails-pour-que-conakry-change-il-va-falloir-casser

https://soundcloud.com/africaguinee-sound/discours-du-president-alpha-conde-a-kaporo-rails-le-4-mai-2016

https://www.guineetime.com/2019/02/27/kaporo-rails-contraste-entre-la-promesse-de-mai-2016-et-le-deguerpissement-en-cours/

2-L’histoire se répète en 2019

Aussi surprenant que cela puisse paraitre, à la fin du mois de juillet 2018 soit 20 ans après les premiers événements douloureux, cette fois-ci sous Alpha Condé, les habitants du secteur 3 (Kipé 2) reçoivent une mise en demeure émanant d’un huissier de justice nommé Joseph Fakaba Oularé. Le document est accompagné par la lettre numéro 119/MVAT/DICLOCAV/2018. Les deux documents somment les occupants de libérer les lots : 14, 15, 16, 19 et 37 du centre directionnel de Koloma.

L’ordre de mission du ministère de la ville (No 362/MVAT/CAB/2018 déposé aux responsables de la commune de Ratoma et du quartier Kaporo-Rails est pourtant clair. La mission a pour objet: le bornage de l’ensemble des lots 14, 15, 16, 19 et 37 du centre directionnel de Koloma, l’expertise et l’évaluation des bâtis ainsi que l’assignations des occupants des parcelles contenues. Or,  le constat du collectif des victimes que nous sommes est  qu’il n’y a eu ni expertise, ni évaluation des bâtis par les agents déployés par le ministère de la Ville.

Par ailleurs,  nous collectif des victimes  avons constaté que les lots cités ne sont pas conforment à ceux figurant dans nos documents qui datent de la première République.  C’est ainsi que nous avons décidé de constituer un pool d’avocats composé de Maîtres : Salifou Béavogui, Paul Yomba Kourouma et Abdoul Gadirou Diallo pour défendre nos intérêts pour le cas spécifique de la zone de Kipé II. Les victimes assignent le ministère de la ville et de l’aménagement du territoire pour reconnaissance de droit de propriété. La plainte est déposée au tribunal de première instance de Dixinn en bonne et due forme. Le procès s’ouvre le vendredi 12 octobre 2018.  

 

Pendant que la procédure judiciaire était en cours au tribunal de Dixinn, des agents de l’habitat commencent des opérations de bornage dans le secteur ce qui conduit Madame Mbalou Keita, présidente du tribunal à ordonner le 26 septembre 2018 l’arrêt immédiat de tous travaux de démolitions sur les parcelles concernées. La décision rendue est contenue dans l’ordonnance numéro 753/CAB/TPI/CKRY2/2018.

Après plus de six mois de procédure marquée par l’absence répétée de l’agent judiciaire de l’État, le verdict tombe. Et contre toute attente, le 1er mars, la présidente du tribunal de première instance de Dixinn quitte la salle d’audience quelques minutes seulement avant la sentence. Finalement c’est le greffe qui notifiera à nos avocats la mauvaise nouvelle. Les victimes sont déboutées et sommées de payer à l’Etat 500 millions de francs à titre de dommage et intérêt.

Par ailleurs, sans avertissement,  les habitants de Kaporo-Rails  ont  vu arriver une équipe du département  de la ville et de l’aménagement du territoire. Cette dernière procédera au marquage d’abord des kiosques, conteneurs, baraques et garages le 20 février 2019.  A la surprise générale, le 25 février 2019, un bulldozer est envoyé sur les lieux et  détruit la première maison avec son contenu à Kaporo-Rails. Pourtant, aux dires du ministre Ibrahima Kourouma, il s’agissait juste de débarrasser la partie déguerpie en 1998 de ses encombrants physiques. La casse s’est étendue sur Kipé 2 le 12 mars avant de toucher Dimesse, un secteur situé derrière les deux tours jumelles (hôtel Kakimbo) et Kissia vers la cité Soloprimo.

Comme en 1998, les agents de l’État ont usé de la force et de la violence au mépris des droits de l’Homme lors de ces opérations de déguerpissements. C’est avec impuissance que les habitants de ces zones ont assisté à la démolition de leurs maisons, bâtiment, immeubles, commerce et affaires qu’ils ont construit au prix de plusieurs sacrifices consentis. Certains membres du collectif des victimes que nous sommes ont été frappés, blessés, humilié, arrêtés et détenus. C’est le cas par exemple d’un  jeune interpellé par des gendarmes et trainé dans la rue avant d’être déshabillé en face de la station Star à côté de Prima Center mais aussi de la jeune Aïssatou Bella Diallo âgée de 14 ans qui a reçu une bombe lacrymogène en pleine visage et qui a entrainé une perte d’une partie de son nez. Ces deux images ont fait le tour des réseaux sociaux. Finalement cette dernière a été évacuée en Tunisie grâce à l’implication du parti Union des forces démocratiques de Guinée. En 2020, elle continue de recevoir des soins à Tunis.

Aissatou Bella Diallo blessée au nez par des gendarmes

 

Création du collectif

Pour venir en aide aux victimes, un collectif est créé et obtient un agrément le 18 mars 2019. La structure coordonne les actions d’assistance humanitaires, le soutien moral et matériel des populations, le renforcement de la solidarité autour des victimes de la casse. L’objectif final est d’amener le gouvernement guinéen à reconnaitre son tort et à le corriger.

Un élan de solidarité s’est manifesté à l’égard des habitants déguerpis. Des organisations de la société civile, des partis politiques et des personnes de bonne volonté ont ainsi apporté des dons en vivres (riz, sucre, eau potable, oignons…) aux victimes qui ont été redistribués à des centaines de familles. Un compte bancaire a également été créé à cet effet.

3-Données sur la casse de Kaporo-Rails, Kipé2 et Dimesse

Nombre des familles victimes : 1.204

Personnes affectées : 19.219

Immeubles : 14

Villas : 1.299

Annexes : 456

Bâtiments : 1.769

Ecoles affectées : 13

Élève : 3.641 dont : 88 candidats au baccalauréat, 92 au BEPC et 86 candidats à l’entrée en 7eme année

Lieux de culte affectés : 12 mosquées et deux églises

Fours à pains : 10

Centres-culturels : 6

Chambre-froide : une capacité de 500 tonnes d’aliments

Unités de fabrique de glace : 13

L’Organisation guinéenne de défense des droits de l’Homme et du citoyen OGDH a dénoncé une atteinte grave aux droits des citoyens. Human Rights Watch de son côté a publié le 18 juin 2019 un rapport sur la tragédie de Kaporo-Rails intitulé « Guinée : des expulsions forcées et draconiennes ». Sur la base d’images satellites fournies par l’entreprise Planet Labs, il a été établi qu’au moins 2500 bâtiments ont été détruits à Kaporo-Rails.

Lien du rapport https://www.hrw.org/fr/news/2019/06/18/guinee-des-expulsions-forcees-draconiennes

 

4-Le dédommagement des victimes : un mensonge d’Etat

Après la démolition des maisons et pour divertir l’opinion, le gouvernement, Ibrahima Kourouma en tête soutient que les victimes de 1998 ont été dédommagées et sont revenues se réinstaller dans la zone sans en apporter la preuve. Dans une déclaration le 28 février, le ministre a affirmé même que le déguerpissement de 2019 porte sur les 169, 8 hectares entièrement libérés en 1997 et 1998 et qui font l’objet de nouvelles occupations illégales.

Il est à  rappeler que les occupations illégales dont il parle ne concernaient que des garages et des cabarets et non des habitations.

Ibrahima Kourouma ministre de la ville à droite, Général Ibrahima Baldé haut commandant de la gendarmerie à gauche lors d’une visite à Kaporo-Rails avant le début de la casse

Heureusement que l’ancien ministre de l’habitat Elhadj Mansour Kaba a fait des révélations sur ce sujet devant la presse à Conakry le jeudi 28 mars 2019.

http://mosaiqueguinee.com/2019/03/28/dedommagement-des-victimes-du-deguerpissement-de-1998-a-kaporo-rails-ou-est-passe-le-montant-de-plus-de-95-milliards-gnf-prevu-a-cet-effet-mansour-kaba/)

Il admet qu’un comité interministériel de pilotage du projet d’aménagement du centre directionnel de Koloma, fut mis en place, par arrêté ministériel sous le numéro 2882/ MUH/SGG/8 du 31 juillet 2008 et un tableau avait été créé en vue de calculer les montants à payer aux occupants du site de Koloma. Le président du parti Panafricain de Guinée (PAG) ajoute que « Ce montant à payer aux occupants du site de Koloma et d’autres soumis au même problème de déguerpissement, avait été actualisé en 2008. Pour Koloma, on devait payer 77.051.414.310 GNF aux déguerpis et 8.015.723.520 GNF à d’autres déguerpis.

Soit un total de 95.067.713.830 GNF en 2008. L’on se demande, où est-ce que se trouve ce montant aujourd’hui ? », s’est demandé l’ancien allié du président Alpha Condé.

« Des zones de recasement furent identifiées. Ce sont : Gomboya rails /Kakoulima rails : 2500 parcelle sur 150ha, Gomboya-Sud ou Fassian : 750 parcelles sur 50ha; Sanoyah village : 2500 parcelles sur 150ha ; Km 36 ou Souguéta : 750 parcelle sur 50ha soit au totale 400ha pour 6.500 ménages. Est-ce que ces sites de recasement sont-ils encore libres ? », s’est interrogé le président du PAG.

5-Un drame humain : La destruction de ces localités s’est déroulée sans état d’âme et a provoqué la dislocation des populations, l’accentuation de la pauvreté, la perte de plusieurs emplois surtout par les jeunes, l’abandon des cours par des milliers d’élèves et étudiants mais aussi des décès liés au choc subi lors des événements.

Les péripéties de cette situation ont été résumées dans un documentaire intitulé « Kaporo-Rails, histoire d’une cité ruinée » d’une durée de 30 minutes 42 secondes. L’élément est consultable sur internet à travers le lien suivant https://www.youtube.com/watch?v=buJebtzn0C4

6-Aspect juridique (dispositions légales garantissant et protégeant la propriété)

Pour conclure, notons que le déguerpissement intervenu à Kaporo-Rails, Kipé2 et Dimesse viole toutes les lois guinéennes. A titre illustratif, voici des preuves :

1-La constitution

Article 13 : le droit de propriété est garanti. Nul ne peut être exproprié si ce n’est dans l’intérêt légalement constaté de tous et sous réserve d’une juste et préalable indemnité.

2-Code foncier et domanial

Article 1er : l’Etat, ainsi que les autres personnes physiques et morales privées, peuvent être titulaires du droit de propriété sur le sol et les immeubles qu’il porte, et l’exercer selon les règles du code civil et celles du présent code.  

Article 54 : Il ne peut être porté atteinte au droit de propriété que lorsque l’intérêt général l’exige. Cette atteinte peut consister en une expropriation pour cause d’utilité publique, à une règlementation du droit de propriété dans un but d’urbanisme, d’aménagement rural, de recherche ou d’exploitation minière, de sauvegarde de l’environnement.

Article 55 : L’expropriation d’immeubles, en tout ou partie, ou de droits réels immobiliers pour cause d’utilité publique au sens de l’article 534 du code civil s’opère, à défaut d’accord amiable, par décision de justice et moyennant le paiement d’une juste et préalable indemnité.

Article 56 : L’expropriation ne peut être prononcée qu’autant que l’utilité publique a été déclarée dans les formes prescrites ci-après :

A défaut d’accord amiable, le transfert de propriété et la fixation du montant de l’indemnité qui le conditionne relèvent de la compétence du juge.

Article 57 : L’utilité publique est déclarée après enquête publique :

-Soit par décret,

-Soit expressément, dans l’acte déclaratif d’utilité publique qui autorise les travaux d’intérêt public projetés, tels que notamment : construction de routes, de chemins de fer, opération d’aménagement et d’urbanisme, aménagement de forces hydrauliques et de distribution d’énergie, travaux de protection de l’environnement.

Article 233 : Les baux emphytéotiques ou à construction conclus, les titres fonciers, les livrets fonciers et les permis d’occuper ou d’habiter délivrés avant la date d’entrée en vigueur du présent code demeurent valables et continuent à produire leurs effets.

Article 234 : Les titulaires de permis d’occuper ou d’habiter, de livrets fonciers visés à l’article précédent peuvent demander la transformation du permis en titre foncier.

3-Code civil

Article 534 : On ne peut contraindre personne à céder sa propriété, si ce n’est pour cause d’utilité publique et moyennant une juste indemnité.

De tout ce qui précède, le collectif des victimes exige de l’État Guinéen le rétablissement des citoyens de Kaporo-Rails, Kipé 2 et Dimesse dans leurs droits.

Il met également en garde tout investisseur guinéen ou étranger contre toute occupation de la zone.

7-Saisine de la Cour de justice de la CEDEAO 

Le collectif des victimes avec l’ONG Pottal Fii Bhantal Fouta Djallon ont porté plainte contre l’Etat guinéen à la Cour de justice de la CEDEAO. Déjà, une première audience s’est déroulée en 2019 et l’avocat des plaignants sollicite un transport judiciaire.

Document fourni par le collectif des victimes de Kaporo-Rails

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