Même si leurs auditions sont terminées, les opposants Ousmane Gaoual Diallo, Etienne Soropogui, Abdoulaye Bah et Mamadou Cellou Baldé, restent toujours en garde à vue dans les locaux de la direction centrale de la police judiciaire (DPJ). Et, sauf changement de dernière minute, ils devraient y rester jusqu’au lundi prochain, avant d’être déférés au tribunal de première instance de Dixinn.

C’est en tout cas l’annonce faite par maître Abdoulaye Keïta, membre du collectif des avocats qui défend ces responsables politiques, au cours d’un entretien qu’il a accordé à Guineematin.com, ce samedi 14 novembre 2020. Tout en déplorant cette situation, l’avocat s’est confié sur le moral des intéressés qui, selon lui, est complètement bas.

Décryptage !

Guineematin.com : plusieurs de vos clients sont détenus depuis trois jours à la DPJ. Vous qui avez accès à eux, dites-nous, comment se portent ces opposants ?

Me Abdoulaye Kéïta, membre du collectif des avocats de la défense

Me Abdoulaye Keïta : d’abord, je dirais que c’est vraiment regrettable de les retenir dans les locaux de la DPJ, tout comme la manière dont ils ont procédé pour leur arrestation. Ce n’est pas la procédure légale. La procédure voudrait tout simplement qu’on leur envoie des convocations ou à défaut des invitations. Mais, il n’y a eu ni l’un, ni l’autre. Vous avez vu comment le domicile de Sékou Koundouno a été complètement saccagé.

Donc, cela nous a poussé, nous les avocats de l’opposition, à inviter nos clients à venir se présenter eux-mêmes. C’est ce qui fut fait. Ils ont gardé leur sang-froid, le courage, et sont venus répondre à l’appel. Ils ont été interrogés et maintenus ici. Quant à Elhadj Chérif Bah, il a été déposé au TPI de Dixinn, puis un mandat de dépôt a été fait pour le conduire à la maison centrale. Ousmane Gaoual Diallo, Cellou Baldé, Abdoulaye Bah et Etienne Soropogui sont encore à la DPJ ici.

Guineematin.com : quel est le moral de ces quatre personnes aujourd’hui ?

Me Abdoulaye Keïta : vous savez que quand on met quelqu’un en détention, le moral est toujours bas. Leur moral n’est plus comme avant. Ils sont vraiment affectés. Le moral est complètement bas. Mais, en tant qu’avocats, nous leur disons qu’il y a encore un espoir. Mais puisqu’aujourd’hui c’est samedi, tout est fermé, on va attendre le lundi pour voir s’ils seront remis à notre disposition ou bien s’ils seront déférés au tribunal de Dixinn.

Guineematin.com : ça veut dire qu’ils resteront à la DPJ jusqu’au lundi prochain ?

Me Abdoulaye Keïta : absolument. A moins qu’il y ait une décision contraire au niveau du Directeur central de la police judiciaire. Mais je pense qu’ils vont attendre le lundi pour les déférer.

Guineematin.com : est-ce que ces opposants sont ensemble ou bien ils sont détenus séparément ?

Me Abdoulaye Keïta : la police n’accepte pas de les mettre ensemble pour ne pas peut-être qu’ils communiquent entre eux. Chacun est à part, dans un bureau. Ils sont en garde à vue, et non dans des cellules.

Guineematin.com : est-ce qu’ils reçoivent des visites de la part de leurs familles ?

Me Abdoulaye Keïta : pendant le week-end, c’est-à-dire aujourd’hui samedi et demain dimanche, ils ne vont pas accepter les visites des parents. Même nous les avocats, c’est très difficile parce que ce sont des jours fermés. Ce n’est pas admissible de faire les visites. Mais les autres jours, ils vont forcément accepter les visites des familles, amis et connaissances.

Guineematin.com : est-ce qu’ils détiennent leurs téléphones pour pouvoir communiquer avec l’extérieur ?

Me Abdoulaye Keïta : non, pas du tout. Mais nous les avocats, nous allons demander au directeur de la DPJ, Fabou Camara, d’accepter qu’on mette à leur disposition même si c’est des téléphones simples pour qu’ils puissent communiquer avec leurs parents et connaissances.

Guineematin.com : au niveau du collectif d’avocats, comment vous préparez-vous pour défendre vos clients ?

Me Abdoulaye Keïta : nous nous préparons conséquemment. La défense a été renforcée, et nous attendons qu’on les défère et le procès aura lieu le plus vite que possible. Nous les défendrons vaillamment. Ils sont accusés de menaces, voies de fait, destruction d’édifices publics et privés, fabrication et détention d’armes, etc. Mais à l’audition, ils n’ont pas pu présenter des preuves. Nous n’avons pas vu d’ armes et il n’y a eu que des simples déclarations. Tous les avocats qui sont là, personne n’a vu une arme brandie par les accusations.

Guineematin.com : votre message de la fin ?

Me Abdoulaye Keïta : je dirais à l’Etat que ce n’est pas le moment de procéder à des arrestations. Au contraire, il faut jouer à l’apaisement, car on vient de finir les élections, il y a la tension. Ce qui était mieux, c’est de confier ces personnes arrêtées à leurs avocats. N’importe quel jour où ils auront besoin d’eux, nous allons les présenter. C’est pourquoi je demande à l’Etat de confier ces personnes à leurs avocats jusqu’au jour de leur procès.

Entretien réalisé par Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

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