Le procès de 17 personnes, poursuivies pour escroquerie dans le cadre de l’affaire QNET, s’est ouvert le jeudi, 05 décembre 2019, devant le tribunal de première instance de Dixinn. Les prévenus ont tous plaidé non coupables, se disant eux-mêmes victimes d’escroquerie, a constaté un reporter de Guineematin.com qui était sur place.

Ces jeunes ont été interpellés à Fria dans le cadre de la vaste opération d’arrestations de citoyens guinéens et d’étrangers liés à la société de vente en ligne QNET, effectuée il y a un peu plus d’un mois dans plusieurs villes de Guinée. Après leur arrestation, certains par la gendarmerie et d’autres par de simples citoyens, ils ont été conduits à Conakry, précisément à la gendarmerie de Kobaya. Ils ont été entendus et placés sous mandat de dépôt à la maison centrale de Conakry, le 1er novembre dernier.

En comparaissant devant le juge Alphonse Charles Wright, ces présumés escrocs ont tous rejeté les faits d’escroquerie mis à leur charge. Comme ils l’ont fait au cours de l’enquête préliminaire, les prévenus ont expliqué qu’ils se sont rendus à Fria après avoir été contactés par des membres de QNET, qui leur ont promis de l’emploi. Ils se disent eux-mêmes victimes d’escroquerie de la part de cette société de vente en ligne, qui leur aurait extorqué des sommes d’argent.

Après avoir écouté les explications des prévenus, le procureur, dans ses réquisitions, a estimé qu’ils ne sont pas coupables des faits qui leur sont reprochés. « Monsieur le président (du tribunal, ndlr), l’article 403 du code pénal a bien défini l’escroquerie. Mais pour qu’il y ait escroquerie, il faut qu’il y ait l’usage d’un faux nom, d’une fausse qualité et ou de manœuvres frauduleuses pour obtenir des biens au préjudice d’autrui. Monsieur le président, nous avons suivi les débats, aucun de ces prévenus n’a fait l’usage ni d’un faux nom, ni d’une fausse qualité.

Dans ce dossier, il n’y a pas eu aussi de manœuvres frauduleuses, et personne n’a pris de l’argent avec quelqu’un. Au contraire, la plus part d’entre eux ont donné de l’argent, certains 8 millions de francs guinéens, d’autres 7 millions 500 mille francs guinéens, 5 millions ou 4 millions. Ils ont déclaré ici qu’ils étaient, eux, allés à Fria dans l’espoir de trouver un emploi. Maintenant, ils n’ont ni emploi, ni argent », a déclaré Boubacar 1 Bah, demandant au tribunal de relaxer purement et simplement les 17 prévenus pour délit non constitué.

Des réquisitions saluées par les avocats de la défense, dont maître Mory Sanda Doré. Ce dernier a estimé que c’est parce que l’Etat guinéen ne joue pas bien son rôle que ces prévenus se sont retrouvés dans cette situation. « Monsieur le président, le ministère public a dit presque tout. Mais, je vais tout simplement dire que si vous voyez ces 17 jeunes devant votre tribunal pour ce genre de faits, c’est l’irresponsabilité de l’Etat, qui n’a pas pris les mesures qu’il faut pour l’emploi des jeunes dans notre pays.

Vous avez suivi leurs explications, presque tout le tout monde est allé se faire arrêter à Fria parce qu’il veut de l’emploi. Nous avons beaucoup de jeunes diplômés mais qui n’ont pas d’emploi. Voilà ce qui les a poussés à aller de tous les horizons à Fria. Et, ce n’était rien d’autre que pour avoir de l’emploi. Monsieur le président, nous plaidons non coupables et vous demandons de bien vouloir ordonner la libération de nos clients », a plaidé maître Me Doré.

Finalement, le tribunal a mis l’affaire en délibéré pour décision être rendue le 12 décembre 2019. En attendant, les 17 prévenus restent en détention à la maison centrale de Conakry.

Mamadou Bhoye Laafa Sow pour Guineematin.com

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