Les travaux de la 3ème édition du forum panafricain des jeunes leaders se poursuivent à Nouakchott, en Mauritanie. Ce jeudi, 19 décembre 2019, plusieurs thématiques ont été débattues, notamment celle relative à « la place du leadership féminin dans la construction de l’Afrique que nous voulons ». Cette thématique a été animée par les entrepreneures guinéenne, sénégalaise et mauritanienne respectivement, Fatoumata Keita, Oumou Kann et Fatimatou Mint Abdel Malik.

Au cours de sa présentation, la guinéenne Fatoumata Keita, cheffe de la délégation de Guinée à ce forum, également chargée de communication du bureau Afrique du MPL, s’est appesantie sur les freins et les défis auxquels les femmes ‘’battantes’’ sont confrontées sur le terrain. Elle a conclu par des plaidoyers envers ses consœurs pour une prise de conscience en vue de leur autonomisation pour une implication réelle dans le développement socio-économique de l’Afrique.

Dès l’entame, elle a rappelé l’adage qui dit : « éduquer un homme, c’est éduquer une personne ! Et, éduquer une femme, c’est éduquer toute une nation, toute une société parce que c’est la femme qui s’occupe des enfants. Donc, c’est elle qui donne l’éducation de base aux enfants, chose qui est fondamentale ».

Fatou Keita ce 19 décembre 2019, à Nouakchott, à la 3ème édition du forum panafricain des jeunes leaders

Parlant des défis, Fatoumata Keita dira que les femmes sont confrontées à d’énormes difficultés dans l’exercice de leurs fonctions respectives, car celles-ci sont souvent classées au second plans : « d’abord la difficulté liée à l’accès à une éducation préscolaire des jeunes filles. Exemple, chez nous, en Guinée, le taux brut de scolarisation des jeunes filles est de 13,3% ; alors que les femmes représentent plus de 52% de la population. Donc, il devrait y avoir beaucoup plus de femmes éduquées, instruites pour participer activement au développement socio-économique d’une manière ou d’une autre de leur pays. Ensuite, il y a cette difficulté d’accéder à la terre en matière d’héritage où on dit que la femme n’a pas droit à la terre parce que c’est une femme ; il y a aussi l’absence de formation en management des femmes qui exercent dans le secteur informel ; à cela, s’ajoute la faible mobilisation des ressources financières à l’endroit des femmes qui ne sont pas accompagnées financièrement par les banques ; autre difficulté et non la moindre, c’est la conciliation du rôle de la femme à la maison et la vie professionnelle qui est très difficile. Parmi les difficultés que rencontrent les femmes, on peut également noter les difficultés d’accès aux soins de santé primaires, cette situation fait que de nombreuses meurent en donnant la vie » a-t-elle déplorée.

Malgré ces difficultés, Fatoumata Keita dira que de nombreuses femmes se battent pour leur autonomisation à travers l’entreprenariat : « je vais rendre hommage aux femmes du monde rural qui se battent nuit et jour pour nous donner à manger. Elles sont également nombreuses à se rendre au marché pour vendre et nourrir leurs familles. Il y a des grandes dames qui ont créé leurs entreprises, d’autres ont créé leurs partis politiques, qu’elles dirigent. Donc, j’invite toutes les femmes, partout où elles se trouveraient, à se battre pour occuper les têtes des différentes structures dont elles sont membres. Si vous êtes dans les partis politiques, battez-vous pour être présidentes, ne soyez pas là-bas seulement pour chanter et danser. Il faut que les femmes se réveillent maintenant, les hommes ne vont pas nous donner tout sur un plateau d’or, les places se méritent ; osons compétir avec les hommes. Mais, surtout chères sœurs, soyons solidaires et donnons-nous la main pour avancer vers le développement de notre Afrique, notre cher continent » a-t-elle lancé.

Oumar M’Böh depuis Nouakchott pour Guineematin.com

Contact : mbooumar@gmail.com

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