Législatives en Guinée : « les élections sans la transparence ne servent à rien », (NDI)

La 5ème réunion du Comité Inter-Parties (CIP) s’est tenue ce samedi, 28 décembre 2019, à Conakry. Organisée par la CENI en collaboration avec le NDI (National Democratic Institute), la rencontre visait à échanger avec les parties prenantes du processus électoral sur les préparatifs des élections législatives du 16 février 2020. Mais comme la précédente, cette autre session n’a pas connu la présence des principaux partis d’opposition, qui se sont retirés du processus électoral en cours, a constaté un reporter de Guineematin.com qui était sur place.

Paul AMEGAKPO, directeur résidant du NDI en Guinée

Selon Paul AMEGAKPO, directeur résidant du NDI en Guinée, cette rencontre vise justement à trouver des solutions aux divergences liées à la conduite du processus électoral. « La 5ème réunion qui se tient ici aujourd’hui, s’inscrit dans la logique de faciliter les échanges entre acteurs autour du processus de révision du fichier électoral qui vient de s’achever. Il y a eu des divergences autour de ce processus, et nous sommes tous informés qu’il y a des griefs qui sont portés au processus en termes d’enrôlement de mineurs, en termes de difficultés d’enrôlement ici et ailleurs.

Or, tout le monde sait que le fichier est un élément central pour la crédibilité des élections. Et, le CIP a pour vocation d’encourager la transparence et l’inclusion de tous les partenaires dans le processus. C’est pour cela que le NDI, nonobstant ces moments de fin d’année, soutient la tenue de cette réunion pour que la CENI puisse apporter des réponses fiables aux différents acteurs sur la manière dont le processus est conduit, sur les griefs qui sont portés au processus, les réponses que la CENI compte apporter à cela, surtout l’étape d’affichage et de correction du fichier. Puisqu’il est très important que les bons électeurs se retrouvent dans le fichier, parce que c’est justement eux qui iront aux urnes le 16 février 2020 », a-t-il dit.

Ce partenaire du processus électoral guinéen plaide pour des élections inclusives. Ce qui implique, selon lui, la transparence du processus d’organisation du scrutin. « Les élections sans la transparence ne servent à rien. La participation aux élections est libre. Mais ce qui est mieux, c’est que les élections soient inclusives. A quoi sert d’organiser des élections si les principaux partis politiques n’y prennent pas part ? Nous osons croire qu’à travers les exercices que nous tenons actuellement à travers ce CIP, les informations qui seront partagées ici et qui vont arriver à chaque acteur, aideraient à une bonne réflexion et à un changement d’attitude vis-à-vis du processus, à travers une confiance rétablie qui amènerait les acteurs qui ne sont impliqués aujourd’hui à s’y investir », a dit Paul AMEGAKPO.

Djénabou Touré, directrice du département fichier électoral à la CENI

Dans ses exposés devant les quelques partis politiques et organisations de la société civile présents à la rencontre, la CENI a tenté de rassurer les acteurs du processus électoral. Djénabou Touré, directrice du département fichier électoral à la CENI, a laissé entendre que toutes les dispositions sont prises pour avoir un fichier propre. C’est la raison pour laquelle, explique-t-elle, que l’affichage des listes électorales a été reporté. « Nous avons décidé de reporter l’affichage des listes électorales provisoires. C’est dû d’abord à l’engagement que la CENI elle-même s’est fixée, c’est-à-dire l’épuration du fichier électoral. Nous avons acquis un outil qui a été validé après l’enrôlement sur le terrain, qui était la détection des présumés mineurs.

Présumés mineurs, parce que dans la base de données, nous n’avons personne qui s’est enrôlé qui soit en deçà de 18 ans. Mais, l’outil part sur l’analyse faciale des électeurs et nous identifie les présumés mineurs, selon les intervalles des âges notamment de 6 à 12 ans, de 12 à 14 ans ou à 16 ans. Donc, ce travail va être finalisé. Donc, nous allons complètement invalider ces présumés mineurs, selon les visages. Donc, nous avons décidé de repousser la date d’affichage des listes électorales provisoires jusqu’au 4 janvier 2020, afin que le fichier qui va sortir soit un fichier débarrassé de tout soupçon lié à l’enrôlement de mineurs sur notre base de données », a-t-elle souligné.

A rappeler qu’après leur retrait du processus électoral, les principaux partis d’opposition du pays ont promis d’empêcher la tenue des élections législatives jusqu’à ce que les conditions de transparence et de crédibilité du scrutin soient réunies.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

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