La relance de la filière arachidière au Sénégal est l’un des sujets au menu de la 5ème édition de la Foire Internationale de Kaolack (FIKA). Une journée d’échange et de diagnostic sur la filière a été organisée hier, jeudi 06 février 2020. C’était en présence de nombreux pays qui prennent part à cette foire internationale, rapporte l’envoyé spécial de Guineematin.com sur place.

C’est sous le thème : « L’arachide, autrement source d’intégration sous régionale » que ce forum a été organisé. Il s’inscrit dans le cadre de la relance de la filière arachidière, autrefois très développé mais qui est en chute depuis quelques années au Sénégal. Selon Habib Thiam, président du COPEGA (Collectif des Producteurs et Exportateurs des Graines d’Arachide) et coordinateur général de ce forum, la rencontre vise à prôner la diversification des recettes de l’arachide pour lui donner une plus grande importance.

Habib Thiam, président du COPEGA et coordinateur général de ce forum

« Il faut qu’on montre qu’il y a d’autres facettes qu’on peut faire avec la recette. D’où l’organisation de ce forum. Comme c’est un forum qui se tient à l’occasion d’une foire internationale et régionale, je pense qu’on a voulu interroger les autres pays pour pouvoir faire un mélange et créer quelque chose. Il faut quand même qu’on recherche d’autres nouvelles recettes sur l’arachide pour mieux valoriser la réussite. C’est vrai qu’on exporte mais on a toujours dit que l’exportation est un mal nécessaire. C’est dans ce cadre-là qu’on organise ce forum pour mieux sensibiliser les gens, les éduquer sur les différentes recettes », a-t-il dit.

Alioune Badara M’Bengue, gouverneur de la région de Kaolack

Présent à la rencontre, le gouverneur de la région de Kaolack, Alioune Badara M’Bengue, a énuméré quelques défis à relever pour bien relancer la filière arachidière au Sénégal. « L’arachide est une culture internationale, de par le rôle qu’il joue à travers l’alimentation de l’homme, des animaux mais de manière générale à travers les économies. Malgré la perturbation de cette production par la sécheresse, l’Etat a mis en place un dispositif pour la reconstruction du capital semencier. C’est raison pour laquelle j’ai dit aux producteurs, de respecter les contrats qui les lient avec les opérateurs qui ont été choisis pour la reconstitution du capital semencier. La première bataille à gagner, c’est à ce niveau. L’autre bataille à remporter aussi, c’est au niveau de l’équipement. L’Etat fait de son mieux. Chaque année, c’est des dizaines et des dizaines de milliers d’équipements légers mais aussi des centaines et des centaines de tracteurs qui sont envoyés à nos producteurs pour vraiment les accompagner dans la production arachidière de manière particulière. En ce qui concerne la vente aussi, l’Etat a mis en place des dispositifs réglementaires. C’est pourquoi je dis pour qu’on puisse voir l’arachide autrement, il faudrait qu’il y ait d’autres innovations aussi. Au-delà des industries plus ou moins lourdes, il faudra qu’il y ait également des équipements légers pour permettre aux paysans au moins de procéder à la transformation jusqu’à l’étape semi-finie », a dit le gouverneur.

Me Elhadj Mamadou Thiane, conseiller et représentant du ministre sénégalais de l’agriculture à ce forum

De son côté, maître Mamadou Thiane, conseiller et représentant du ministre sénégalais de l’agriculture à ce forum, a rappelé d’abord les efforts fournis par les autorités du pays et leurs partenaires dans le cadre de la relance de la filière arachidière. Il a souhaité que cette rencontre permette de trouver des voies et moyens plus efficaces pour permettre l’atteinte de cet objectif. « Dans le cadre de la relance de la filière arachidière, l’Etat du Sénégal avec ses différents partenaires, n’a cessé de mettre en place des politiques et des réformes. Cependant, force est de constater que ces différentes politiques n’ont pas enrayé les contraintes qui pèsent sur le secteur agricole et notamment sur la filière arachidière. C’est pourquoi, cette journée qui nous réunit aujourd’hui devra édifier tous les acteurs et partenaires sur la stratégie d’intervention, les rôles et responsabilités des uns et des autres dans la gestion de la filière. J’ose espérer qu’au sortir de cette journée, les différents acteurs de la filière feront siennes les conclusions et œuvreront ensemble pour qu’enfin notre pays puisse retrouver son niveau de production des années 60, où l’arachide représentait plus de 80% des exportations », a sollicité ce conseiller du ministre de l’agriculture.

A rappeler que c’est la Guinée qui est le parrain de cette 5ème édition de la Foire Internationale de Kaolack (FIKA).

De Kaolack, Amadou Baïlo Batouala Diallo, envoyé spécial de Guineematin.com

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