La sortie d’Elhadj Sékhouna Soumah de Tanéné, l’un des Kountigui de la Basse Côte, continue d’enregistrer des réactions de désapprobation. Elhadj Mamoudou Soumah, l’autre Kountigui, recadre Elhadj Sékhouna en niant sa qualité de Kountigui et en condamnant ses propos incitant à l’exclusion. C’était à l’occasion d’une conférence qu’il a animée ce mercredi, 12 décembre 2018, à son domicile à Dixinn, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Lors de cette rencontre avec la presse, le Kountigui de Labésangni, entouré de quelques sages de la Basse Côte, a tenu à mettre les points sur les i. Elhadj Mamoudou Soumah a rappelé qu’il est le seul Kountigui de la Basse Guinée, légalement intronisé selon les coutumes et accepté par les 8 préfectures. Selon lui, « ce n’est pas l’administration qui installe un Kountigui. Ce sont les autorités morales de la région qui installe un Kountigui. Mais, contrairement à moi, l’autre Kountigui a été installé par l’administration, alors que nous, nous avons été sollicités par tous les sages des huit préfectures de Labésangni ».

D’ailleurs, le Kountigui affirme que l’attaque dont il a été victime le jour de son intronisation visait à empêcher la manifestation de la vérité. « Pour empêcher que la vérité éclate, certains ressortissants de la Basse Guinée sont allés, lors de notre investiture d’intronisation, pour caillasser là où se tenait la cérémonie à Kagbélen. Ce qui ne nous a pas empêchés de faire notre intronisation. Je suis musulman, mais je me suis souvenu de la parole de Jésus quand on l’a mit sur la croix. Il a regardé le ciel, il a dit, mon père pardonnez-leur, parce qu’ils ne savent pas ce qu’ils font…les jeunes qui ont vandalisé les lieux à Kagbélen, je leur ai pardonné, parce qu’ils ne savaient pas ce qu’ils faisaient et je reste le Kountigui de la Basse Guinée », souligne Elhadj Mamoudou Soumah

En outre, le sage a tenu à préciser que le Kountigui est normalement une autorité morale impartiale dont le rôle est de résoudre les problèmes entre les fils du pays. « Le Kountigui ne doit pas faire du porte-à-porte, de ministère à ministère. Je n’ai pas rencontré un ministre, un président de parti politique, ni un membre d’un gouvernement quelconque. Je suis apolitique et je n’appartiens à aucune administration. Mais, s’ils décident de venir me rendre visite, de poser leurs inquiétudes, mes portes sont grandement ouvertes. Mes conseils et moi, si c’est dans notre capacité de résoudre le problème, on le fait », martèle le sage.

Au cours d’une réunion des fils de la Basse Côte, l’autre chef coutumier de la région, Elhadj Sékhouna Soumah a interdit la vente de parcelles « aux étrangers ». Sur la question, Elhadj Mamoudou Soumah a rappelé que la Basse Guinée est constituée d’un ensemble d’ethnies. « Je tiens à rappeler que tous les citoyens vivant sur le territoire de la Basse Guinée, partie intégrante de la République de Guinée, sont égaux en droits et en devoirs. Dans nos coutumes et dans les lois guinéennes, le droit de propriété est un droit garanti et imperturbable. L’affaire d’étrangers doit être bannie de notre langage. L’étranger, c’est celui qui est de passage sur un territoire, qui n’est pas intégré au sein de la communauté », indique le chef coutumier de Labésangni.

S’agissant la crise qui perdure au sein de l’éducation guinéenne, le Kountigui estime qu’il est urgent que le gouvernement et les syndicalistes reprennent le dialogue afin de sortir de cette crise. « Aujourd’hui, la plus grande préoccupation de tout le pays est le blocage des négociations entre le gouvernement et le syndicat des enseignants. Compte-tenu de l’importance de l’éducation dans un pays, j’en appelle au gouvernement de rouvrir les négociations dans un bref délai avec les syndicats pour éviter une année blanche à l’école guinéenne », a-t-il lancé.

Salimatou Diallo pour Guineematin.com

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