Alors que la grève des enseignants perdure, les relations se compliquent davantage entre les responsables du SLECG et les autorités de N’zérékoré. Le coordinateur régional du syndicat des enseignants vient d’annoncer le dépôt prochain d’une plainte contre le préfet et le DPE de N’zérékoré entre autres. Il les accuse de harcèlement moral suite à l’empêchement des manifestations appelées par le SLECG pour protester contre le gel des salaires des enseignants grévistes, a appris le correspondant de Guineematin.com sur place.

Tout comme à Conakry et dans d’autres villes du pays, les manifestations du SELCG sont systématiquement interdites à N’zérékoré. Récemment, le préfet Elhadj Sory Sanoh a fait une sortie médiatique, appelant l’ensemble des maires de la préfecture à empêcher toute manifestation appelée par le syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée.

Elhadj Sory Sanoh

« Le SLECG de N’zérékoré a adopté une stratégie qui consiste à publier un communiqué chaque dimanche, pour pouvoir perturber les écoles le lundi. C’est une psychose qu’il veut créer dans la tête des parents d’élèves, des élèves et enseignants qui ne sont pas en grève pour perturber les cours dans les écoles. C’est pourquoi, j’ai décidé qu’il n’y aura plus de réunion, pas de sit-in et pas de marche du SLECG à N’zérékoré », s’est justifié le préfet.

Une sortie qui a irrité les responsables du syndicat des enseignants dans la préfecture. Fayala Doumbouya, le coordinateur régional du SLECG, dénonce une violation flagrante de la loi. « Le fait pour le préfet de chercher à interdire les réunions du SLECG, je pense que ça, c’est une violation grave des droits et libertés fondamentaux qui sont consacrés par la Constitution. Personne ne peut interdire cela. Nous allons faire des réunions et nous allons voir en vertu de quelle loi, il va donner des ordres aux forces de sécurité de nous arrêter », a réagi le syndicaliste.

Fayala Doumbouya

Ce dernier annonce d’ailleurs le dépôt d’une plainte, dans les prochaines semaines, contre le préfet, le directeur préfectoral de l’éducation et les responsables d’établissements scolaires de la préfecture de N’zérékoré : « Dans les semaines à venir, nous allons porter plainte contre le préfet, le DPE, les principaux, les proviseurs et directeurs d’écoles au tribunal de première instance de N’zérékoré, pour harcèlement moral. Faits prévus et punis par les dispositions de l’article 278 du code pénal guinéen.

Et puis, nous allons les maudire aussi. On a même demandé aux musulmans de réciter la Fatiha contre toutes ces autorités scolaires et administratives qui sont en train de torturer les enseignants aujourd’hui », a laissé entendre Fayala Doumbouya.

Le syndicaliste annonce l’organisation d’un sit-in la semaine prochaine dans les différents endroits stratégiques de la ville. Il a appelé les enseignants à ne pas céder à l’intimidation et aux menaces et à poursuivre le combat jusqu’à la satisfaction de leurs revendications.

De N’zérékoré, Foromo Gbouo Lamah pour Guineematin.com

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