« Suspendre l’article 10 (NDLR : qui accorde la liberté de manifestation et de cortège aux citoyens guinéens), c’est suspendre une partie de la Constitution ; et, nous n’allons jamais nous soumettre à cette dictature. Nous allons continuer les manifestations comme la loi nous en donne l’autorisation et le droit », a notamment annoncé cet après-midi Elhadj Cellou Dalein Diallo, président de l’UFDG et chef de file de l’opposition guinéenne.

Comme annoncé dans nos précédentes publications, c’est par des tirs de gaz lacrymogène que la marche pacifique de l’opposition guinéenne a été empêchée par les forces de l’ordre ce jeudi, 13 décembre 2018, à Conakry, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui était dans le cortège des opposants.

Tout a commencé au niveau de la rentrée principale de l’université de Conakry où un pick-up de la CMIS (compagnie mobile d’intervention et de sécurité) est venu en sens inverse avant de se retourner pour poursuivre le cortège. Puis, au niveau du carrefour qui mène vers le bloc des professeurs à Donka, des policiers ont lancé les premières bombes lacrymogènes pour couper le cortège en deux. C’est au niveau de la rentrée des urgences du CHU (centre hospitalo-universitaire) de Donka que le cortège de Cellou Dalein Diallo, Elhadj Papa Koly Kourouma et Cie s’est heurté au premier cordon sécuritaire les obligeant à rebrousser chemin, en empruntant cette fois-ci, la corniche Nord.

De l’hôpital Donka, au domicile du chef de file de l’opposition, à Dixinn, les opposants ont été pourchassés (comme des malfaiteurs en fuite) par plusieurs véhicules de la police et de la gendarmerie, lâchés à leur trousse… Au moment de cette course-poursuite, les manifestants ont été aspergés de gaz jusque dans la cour du président de l’UFDG où plusieurs personnes- y compris des femmes- sont tombées en syncope sous l’effet du gaz lacrymogène particulièrement toxique.

Cellou Dalein dénonce une violation de domicile : « ce régime est cynique, méchant »

Peu après son retour à son domicile de Dixinn, le chef de file de l’opposition guinéenne s’est adressé à l’opinion publique, via les médias présents. « Nous avons été gazés ! Ce n’est pas nous seuls, les usagers de la route, les riverains, les malades de l’hôpital Donka… Ça nous montre à quel point ce régime est cynique, méchant. Même le personnel et les malades du CHU Donka n’ont pas été épargnés. Je ne parle pas des riverains et des usages du quartier Landréah où j’ai vu une bombe tomber dans un bus. Il s’était garé en attendant que le cortège qui est poursuivi par la police passe ; et, la bombe est venue tomber à l’intérieur de la cabine. Nous replions ici à domicile ; et, ils ont le culot de jeter des bombes lacrymogènes à l’intérieur de la concession », a dénoncé Cellou Dalein Diallo, qui ajoute que plusieurs personnes sont tombées en syncope, y compris sa belle-mère dont la maison avait été pillée à Kindia par les partisans du pouvoir. « C’est une violation de domicile ; sinon, lorsqu’on rentre à l’intérieur, ils devaient tout arrêter ; mais, au lieu de cela, ils se sont arrosés le droit de jeter les bombes lacrymogènes à l’intérieur de la concession », s’est encore plaint l’opposant, en rappelant que ce n’est pas la première fois que les forces de l’ordre agissent de la sorte contre lui.

« Nous n’allons jamais nous soumettre à cette dictature »

Selon Cellou Dalein Diallo, les personnes âgées et les enfants qui étaient à son domicile ce jeudi ont énormément souffert. « Nous condamnons cette agression, cette répression sauvage. Et, nous ne pourrons jamais être d’accord avec Kossory qui dit qu’il préfère l’ordre qu’à la loi », insiste l’opposant.

Enfin, le chef de file de l’opposition guinéenne trouve inacceptable que le Gouvernement suspende cette partie de la Constitution guinéenne qui accorde le droit de manifester aux citoyens. « Suspendre l’article 10 (NDLR : qui accorde la liberté de manifestation et de cortège aux citoyens guinéens), c’est suspendre une partie de la Constitution ; et, nous n’allons jamais nous soumettre à cette dictature. Nous allons continuer les manifestations comme la loi nous en donne l’autorisation et le droit », a-t-il ajouté.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

Facebook Comments

Commentaires

Guineematin