Un groupe de femmes de Fanafanakö dans la préfecture de Doko a envahi la préfecture de Siguiri ce lundi, 17 décembre 2018. Elles étaient venues dénoncer le préfet Elhadj Ibrahim Kalil Keïta, accusé de partialité dans le conflit opposant Fanafanakö à Massala, rapporte le correspondant de Guineematin.com à Siguiri.

Au lendemain de l’affrontement ayant opposé des habitants des districts de Fanafanakö et Massala hier dimanche, 16 décembre 2018, la colère est grande dans le camp de Fanafanakö. En effet, ce village a enregistré 13 blessés par balles dans cet affrontement. Des machines de concassage et des motos appartenant à ses habitants ont été également saisis par le camp adverse.

Cette colère, les femmes du village ont tenu à l’exprimer de vive voix au préfet de Siguiri, accusé de soutenir les habitants de Massala dans le conflit qui les oppose à ceux de Fanafanakö autour du contrôle d’une mine d’or. Ces femmes, au nombre d’une cinquantaine, ont envahi les locaux de la préfecture de Siguiri ce lundi matin.

« Nous sommes venues voir le préfet parce que les citoyens de Massala disent sans gêne que c’est le préfet qui leur a donné l’autorisation de tuer nos enfants.

Ils ont dit publiquement que le préfet leur a dit de tuer toute personne qu’ils vont voir sur le site. L’année passée, ils avaient tiré sur 7 personnes qui ont été grièvement blessées sans qu’ils ne soient inquiétés, hier encore ils ont tiré sur 13 personnes à balles réelles.

C’est le préfet qui arme les citoyens de Massala contre nous, nos enfants sont tués chaque année. La justice a été rendue en notre faveur, mais le préfet prend de l’argent avec les citoyens de Massala et les autorise à nous tuer. C’est pourquoi, nous avons décidé de venir le rencontrer aujourd’hui », a expliqué Mariam Simagan, porte-parole des manifestantes.

Mais, ces femmes n’ont pas pu rencontrer le préfet. C’est le secrétaire général de la préfecture de Siguiri, Siné Magassouba, qui est venu s’entretenir avec elles. L’administrateur a convaincu les manifestantes à rentrer dans leur village, leur promettant que la justice fera son travail.

De Siguiri, Bérété Lancéï Condé pour Guinéematin.com

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