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Le procès du Capitaine Kaly Diallo, accusé d’être le policier assassin de feu Thierno Hamidou Diallo lors d’une manifestation de l’opposition républicaine, se poursuit au tribunal criminel de Dixinn. L’audience de ce mardi, 18 décembre 2018, a essentiellement été consacrée à l’audition des parties civiles et des témoins, a constaté un reporter que Guineematin.com a dépêché sur place.

Dans un premier temps, ce sont les parents de Thierno Hamidou qui ont été entendus. Fatoumata Binta Diallo, qui est la représentante de la famille du défunt, a expliqué les circonstances du décès de Thierno, le 16 août 2016 à Bambéto, dans la commune de Ratoma.

« On était ensemble dans la maison. Je prenais mes ablutions dans la toilette pour la prière de 17 heures. J’ai entendu des coups de feu. Je suis sortie pour dire à Thierno de rentrer. Arrivée au niveau du balcon, j’ai vu Thierno tomber. J’ai vu le trou de la balle sur son cou, j’ai mis un foulard pour arrêter l’hémorragie. Je l’ai appelé, il n’a pas répondu. J’ai appelé au secours. Les voisins sont venus nous aider à le faire descendre de l’étage », a-t-elle narré.

Seulement, la dame a expliqué qu’elle ne peut pas connaitre la position du tireur. « Ce que je sais, Hamidou a été touché par une balle et il a rendu l’âme par l’effet de la balle à la clinique Mère et enfant », a-t-il dit, encore émue de revenir sur les circonstances de cet assassinat cruel.

Par la suite, ce fut autour des témoins de défiler à la barre. Il s’agit de trois officiers de police : les commandants Ibrahima Sory Dioubaté, Soriba Soumah et le capitaine Mohamed Lamine Sylla.

Selon le Commandant d’Unité, Ibrahima Sory Diabaté, le capitaine Kaly Diallo a été interpellé pour non respect des consignes. « Ce jour, aux environs de 17 heures, la hiérarchie m’a fait appel. Ils m’ont dit d’aller disperser les loubards qui sont à Bambéto. Il fallait donc réaménager le plan opérationnel. J’ai dit à Kaly qui était déployé à Taouyah d’aller gérer au niveau de la Galerie Mari-Fala. Moi, je suis resté au rond point de Bambéto. Mouctar Diallo (leader des NFD et actuel ministre de la Jeunesse, ndlr) est venu nous trouver là. Quelques temps après, un organisateur de la marche est venu informer Mouctar Diallo qu’il y a eu mort d’homme. Entre-temps, la hiérarchie m’a appelé en me disant qu’il y a eu des coups de feu et mort d’homme au niveau de Magasin. Je suis allé vers le Capitaine Kaly. Je lui ai posé la question de savoir s’il est armé. Il m’a dit qu’il est armé. Je lui ai demandé de me donner son arme. Il a pris l’arme dans son véhicule et il me l’a remise. J’ai examiné l’arme. Mais, selon mes constats, j’ai trouvé que l’arme n’a pas été utilisée. Je lui ai dit qu’il n’a pas respecté les consignes données dans le maintien d’ordre en portant une arme PMAK non conventionnelle. C’est ainsi que la hiérarchie nous a appelés à la base et il a été interpellé pour non respect des consignes », a-t-il expliqué.

L’officier a souligné par ailleurs que l’arme et les munitions que le Capitaine Kaly Diallo portait ne sont pas répertoriées dans leurs magasins d’armes. Donc, « seul Kaly Diallo peut justifier l’origine de son arme et de ses munitions ».

Au cours des débats, l’avocat de la partie civile, maître Alsény Aissata Diallo, a rappelé au commandant que lors des audiences précédentes, le Capitaine Kaly avait soutenu mordicus que tous les officiers étaient armés ce jour-là. En guise de réponse, le condamnant Ibrahima Sory Diabaté dira que « si tous les officiers étaient armés, tout le monde allait être interpellé. Il n’a qu’à prouver que tous les officiers étaient armés ce jour ».

Pour sa part, le commandant Soriba Soumah, accusé par le Capitaine Kaly d’avoir demandé aux officiers de porter des armes ce jour, est revenu sur ce qu’il en sait. « Moi, j’étais positionné au marché de Koloma. C’est lorsqu’on a été à la base, à 19 heures, que j’ai appris qu’il y a eu mort d’homme au niveau du Magasin. Je ne savais pas que Kaly avait une arme. Il a l’habitude de sortir pour le maintien d’ordre ; mais, on n’a jamais pu constater une arme avec lui », a dit l’officier, tout en niant avoir donné ordre aux officiers de porter une arme.

Le troisième témoin, le Capitaine Mohamed Lamine Sylla, dit ne rien savoir de cette affaire, jurant qu’il n’était pas sur les lieux. « Ce jour, j’étais posté au niveau de Château (à mi-chemin entre Bambéto et Aéroport, sur la Transversale numéro 1, ndlr). Je ne connais rien dans cette affaire. C’est à la base que j’ai appris qu’il y a eu un cas de mort ce jour », a laconiquement le policier.

Finalement, le tribunal a décidé, après ces témoignages, de renvoyer cette affaire à une date ultérieure pour plaidoiries et réquisitions.

Saidou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tel: 664 413 227/654 416 922

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