Depuis quelques semaines, la fourniture du courant électrique a connu un net recul dans la capitale guinéenne. L’Electricité de Guinée (EDG) procède quotidiennement à des délestages, et la quasi-totalité de la banlieue de Conakry n’est plus desservie en courant la journée. Ce qui impacte sérieusement de nombreuses activités économiques. Un reporter de Guineematin.com est allé à la rencontré de certains hommes de métiers qui sont profondément préoccupés par cette situation.

Mamadou Aliou Baldé est vitrier au quartier Kobaya

Mamadou Aliou Baldé est vitrier au quartier Kobaya, dans la commune de Ratoma. Il explique que son travail est ralenti actuellement en raison du manque de courant, la journée. « Le manque de courant électrique, qui a recommencé il y a maintenant un mois, a un impact sur notre activité ici. Parce que s’il n’y a pas de courant, on ne peut pas fonctionner, on ne peut pas travailler à moins que ceux qui ont les groupes les allument. Moi, j’ai un groupe mais qui est en panne, je suis obligé donc d’attendre la nuit quand le courant revient pour travailler un peu », a-t-il indiqué.

Michel Lamah, soudeur à Kaporo

Michel Lamah, soudeur à Kaporo, vit la même situation. Une situation qu’il déplore profondément. Parce que non seulement elle perturbe son activité et lui crée aussi des problèmes avec ses clients. « Actuellement, nous souffrons beaucoup ici à cause des délestages du courant électrique. Le problème a commencé il y a quatre semaines. Nous avons assez de choses à faire mais on ne peut pas travailler pendant toute la journée parce qu’il n’y a pas de courant. On est obligés d’attendre la nuit pour travailler. Chose qui est très compliquée. C’est ce qui fait qu’on a souvent des problèmes avec nos clients. Les gens viennent se plaindre du retard de leurs commandes, ils ne comprennent pas que c’est indépendant de notre volonté. Donc c’est très compliqué pour nous s’il n’y a pas de courant », souligne Michel.

Mamadou Barry, gérant de 2 ateliers de menuiserie et de soudure à Nongo

Les mêmes plaintes se font entendre chez Mamadou Barry, gérant de deux ateliers de menuiserie et de soudure à l’établissement Soiréba Diaby, sis au quartier Nongo. « Le courant électrique, c’est l’une des bases du développement parce que beaucoup d’activités se font avec le courant électrique. Nous, nous avons ici des machines de menuiserie et de soudure qui ne peuvent fonctionner qu’avec le courant. Donc on utilise forcément le courant. Mais, on a constaté ces derniers temps un délestage accru du courant électrique. Cela a des impacts négatifs sur nos activités parce qu’on a des commandes pour lesquelles il y a des délais d’exécution indiqués. Vous-mêmes vous avez constaté tout de suite qu’il y a un client qui vient de quitter, il tient à ce que son délai soit respecté. Donc il y a toujours ce problème de délai qui se pose à cause du manque de courant. Donc s’il n’y a pas de courant, on a des problèmes », a-t-il dit.

Pourtant, contrairement à ses prédécesseurs, Mamadou Barry, lui, a un groupe électrogène qu’il allume en l’absence du courant électrique. Mais, il trouve qu’il ne peut pas s’en sortir avec le groupe, en raison du coût élevé que cela implique. « Nous avons ici un groupe électrogène de 45 KVA avec lequel on fonctionne. Ça nous permet d’atténuer un peu l’impact. Mais en termes de coût, c’est très élevé parce que nous pouvons consommer ici jusqu’à 30 litres de carburant par jour. C’est pourquoi hier, j’avais décidé que si aujourd’hui il n’y a pas de courant, on ne va pas travailler avec le groupe électrogène parce que c’est coûteux », souligne monsieur Barry.

EDG explique ces délestages constatés dans la fourniture du courant électrique par la baisse du niveau des eaux dans les barrages hydroélectriques et l’indisponibilité de certains groupes des centrales thermiques.

Mamadou Bhoye Laafa Sow pour Guineematin.com

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