Viol ayant entraîné la mort à Conakry : la surprenante réaction de la mère de la victime

Jugé pour viol ayant entraîné la mort, Ahmadou Melly Conté et ses témoins ont été entendus hier mardi, 17 décembre 2019, au Tribunal de Première Instance de Mafanco. A la barre, l’accusé a nié les faits de viol pour lesquels il est poursuivi, soutenant que la victime était sa copine et qu’elle était d’accord pour l’acte sexuel, a appris Guineematin.com à travers un de ses reporters.

C’est une histoire d’amour qui a tourné au drame entre Ahmadou Melly Conté et sa copine OK. Devant le juge Amadou Kindy Baldé, l’accusé qui est placé sous mandat de dépôt depuis le 14 janvier 2018, a balayé d’un revers de main tout acte de viol.

Selon lui, « OK était ma copine et c’était ma nièce également. Nous avons tous grandis ensemble à Bonfi (commune de Matam, Conakry, ndlr). Je l’avais invité de venir chez moi un vendredi. Mais, elle m’avait dit qu’elle a mal au ventre. Donc, on avait fixé le rendez-vous pour le samedi. Lorsqu’elle est arrivée à Dubréka, je suis allé la chercher au KM 5 et nous sommes allés chez nous à la maison. Pendant qu’elle était assise avec mes frères en train d’échanger, je suis allé puiser l’eau pour qu’elle se lave. Vers 22 heures et quelques, nous sommes rentrés dans la chambre d’un grand qui loge chez nous. Aucun de mes frères ne savait où nous étions. Nous avons entretenu des rapports sexuels. Elle était d’accord. Nous avons fait deux fois le rapport sexuel : un à 23 heures et l’autre à 05 heures. Mais, c’est après celui de 23 heures que j’ai constaté qu’elle saignait. Lorsque je lui ai demandé pourquoi ce saignement, elle ne m’a rien dit de concret. Après avoir passé la nuit ensemble, je suis allé l’accompagner pour qu’elle s’embarque. En cours de route, elle m’a dit qu’elle a mal au ventre. Je n’ai pas commis de viol sur elle. On était tous consentant », a-t-il soutenu.

Dr Pépé Théoro, médecin au service des maladies infectieuses et tropicales à l’hôpital Donka, avait reçu la victime dans une clinique privée au quartier Enta, dans la commune de Matoto. A la barre, le médecin est revenu sur les circonstances dans lesquelles la victime Oumou Kaba a été reçue. « C’est le 23 décembre 2018 à 16 heures 30 que nous avons reçu la fille X. Elle n’était pas identifiée et elle se trouvait dans un coma profond. Elle n’urinait pas et son bas ventre était dur comme un caillou. Ce qui nous a surpris c’est qu’au niveau de la vulve, il y avait un peu de saignement. Nous avons pensé que c’était un problème de menstrues. Comme elle était dans le coma, nous avons pensé à une grande fièvre et nous avons accentué tout notre travail sur ça. Après tous les examens, elle s’est levée mais elle ne parlait pas. Nous étions tous contents. Mais, on n’a pu faire l’échographie parce qu’on n’avait pas le matériel. C’est à la mort de la victime que nous nous sommes rendu compte qu’elle avait des blessures au niveau de sa partie intime », a relaté à la barre Dr Pépé Théoro.

Présente à l’audience, Yalikhan Camara, mère de la victime, a demandé au tribunal de libérer Ahmadou Melly Conté amara tout en se remettant à la volonté de Dieu. « OK était ma deuxième fille, sur 11 enfants. Elle logeait à Bonfi, mais elle était apparentée à Ahmadou Melly Conté. Un jour, elle est venue chez moi pour me dire qu’elle a envie d’aller chez nous au village. Mais, je me suis opposée à sa demande. Après, elle m’a dit de l’aider à avoir un téléphone parce qu’elle ne veut plus échanger avec ses copains dans mon téléphone. Je lui ai dit d’attendre jusqu’à ce que je prenne ma tontine. Maintenant un jour, j’ai une voisine qui m’a appelé pour me dire qu’elle a vu la photo de ma fille sur Facebook et que c’est un policier qui a publié l’image. Nous avons cherché à rencontrer le policier en question, mais il se trouve que ma fille était déjà décédée. Cela fait maintenant un an que j’ai perdu ma fille. C’est Dieu qui me l’a donnée et c’est lui qui a repris. Monsieur le président, je vous prie de libérer Ahmadou Melly Conté parce que lui aussi, il va mourir un jour. C’est tout ce que je demande au tribunal », a déclaré la mère de la victime.

Les trois autres frères qui partagent la même chambre que l’accusé, à savoir Ibrahima Sory Conté, Mohamed Cissé et Aboubacar Sylla, ont été entendus à titre de témoin. Ils n’ont pas apporté rien de consistant dans le dossier.

Le juge Amadou Kindy Baldé a donc renvoyé l’affaire au 31 décembre 2019 pour plaidoiries et réquisitions.

Siba Guilavogui pour Guineematin.com

Tel : 620 21 39 77/ 662 73 05 31

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